• Gesté dans l'Apocalypse....

    Gesté dans l’Apocalyspse…

     

    Le 1er février 1794, à huit heures du matin, la colonne infernale de Crouzat se présente à Gesté où l’attend Stofflet et ses hommes. Obligée dans un premier temps de se replier sur le Fief-Sauvin, la colonne infernale tente à nouveau d’attaquer Gesté par l’Ouest. C’est un nouvel échec et au bout de trois quarts d’heure, Crouzat se replie sur le Doré. Cordelier qui campe non loin de la forêt de Leppo, lui vient en aide et parvient à faire fuir 200 vendéens de Gesté. Cordelier qui traverse le bourg, se heurte à sa sortie, à Stofflet, renforcé de 600 hommes de la division de Maisdon-sur-Sèvre, commandés par les frères de Bruc qui l’attaquent depuis les routes de Beaupréau et de Saint-Philbert-en-Mauges. Cordelier, vaincu, se retire sur le Doré à son tour. Il se plaindra dans sa correspondance, de ne pas avoir eu de nouvelles de son bataillon de la Marne, de son 74° régiment et des troupes de l’adjudant-général Flavigny. Les « hurlements affreux de l’ennemi » ayant « porté l’épouvante dans l’âme des soldats » (on se doute qu’ils sont sûrement moins « épouvantés » quand il s’agit de violer des femmes et de les découper en rondelles, NDLR.).

    En effet, Cordelier est de retour le 5 février à Gesté et l’horreur commence. 300 prisonniers ramassés sur la route sont massacrés dans une allée du château du Plessis qui est incendié. Une croix, que nous n’avons pas photographiée et qui porte une plaque du Souvenir Vendéen apposée en 1969, marque l’emplacement de cette boucherie.

    Laissons-ici la parole à Louis Monnier, chef de la division de Montfaucon, qui nous raconte Gesté après le passage de Cordelier :

    «  Il fallait passer le bourg de Gesté qui était en feu. Il faisait noir ; nous nous arrêtâmes un instant à l’entrée du bourg pour voir s’il n’était point resté de bleus (les républicains). Comment passer ? Les maisons en feu tombaient dans les rues. Heureusement que nos chevaux n’étaient pas peureux. Nous passions sur ces chevrons qui brûlaient. Nous voyions dans les portes des femmes égorgées que le feu brûlait et des enfants massacrés que l’on avait jetés dans les rues. Tel fut le spectacle que nous eûmes en traversant le bourg à dix heures du soir. Ce qui m’effraya le plus, fut une maison qui était tout en feu. Nous aperçûmes dans les chambres du bas une quantité  de victimes qui brûlaient, et dont l’odeur, qui sortait par les croisées, nous infectait. A peine étions-nous passés de quinze pas, que la maison s’écroula. La charpente tomba dans la rue, ce qui fit un feu épouvantable. »

    Croix rappelant la bataille de Gesté, assortie d’une petite vidéo. La météo était orageuse cet après-midi et les grondements du tonnerre se feront entendre un peu plus tard à la Chapelle-du-Genêt.

     

    Gesté dans l'Apocalypse....

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    Gesté dans l'Apocalypse....

    Une partie du bourg et de l’église de Gesté, que la municipalité avait vouée à la destruction avant que la justice ne donne un coup d’arrêt à ce sinistre projet. L’église de Gesté fut brûlée par la colonne infernale de Cordelier. Réparée sommairement en 1800, elle sera reconstruite sur les bases de l’ancienne en 1865. Malheureusement, et comme c’est la triste mode en ce moment dans les Mauges, la municipalité voudrait la voir démolie pour y substituer l’un des ces bâtiments sans âme, que personne ne remarque, ni n’a envie de regarder. Il est bon de rappeler que depuis 1905, les municipalités ont la charge de l’entretien des églises antérieures à la loi de séparation de l’église et de l’état (1). Comme pour toute chose, lorsqu’un entretien suffisant et régulier est mis en œuvre, on évite d’avoir à jeter son bien aux ordures. On pourra objecter tant qu’on voudra le coût d’entretien d’une église, au demeurant laissée en perdition pendant des années ; mais dans ce cas, que dire de tous ces millions jetés par les fenêtres par les différentes municipalités (et là je n’accuse pas spécialement celle de Gesté), dans des cascades de ralentisseurs, des ronds-points qui ne débouchent nulle part, et l’omniprésence de pelleteuses dans tous les villages de France, agaçant le passant, creusant invariablement le sol autant que les budgets, pour finir de transformer nos campagnes en amas de trous mal rebouchés, faisant ainsi que le nom de rue le plus usité de France est celui de « Rue Barrée ».

    Gesté ne mérite sûrement pas de perdre une seconde fois son église et nous espérons que de saines décisions seront prises rapidement et que l’attente qui règne autour de ce monument ne soit pas une « attente calculée », afin de forcer une destruction plus tardive.

    RL

    Mars 2013

     

     

    Note :

    (1) On connaît le  foutoir des « inventaires » de 1906, et dans quel ridicule la république s’était encore une fois plongée.

     


  • Commentaires

    1
    herbreteau
    Samedi 16 Mars 2013 à 19:29

    Gesté Château du plessis magnifique propriété de nôtre ami Monsieur de Béjarry

     

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