• Gendarmerie à Fontenay....

                        

    Le général Chalbos, n'est pas content de la gendarmerie... 

    Bataille de Fontenay du 25 mai 1793...

     

     

                                      

    Gendarmerie à Fontenay....L'ambition du cavalier vendéen est de tuer un gendarme pour avoir son cheval et son équipement ; les gendarmes le savent bien et se tiennent en garde contre des ennemis si acharnés à leur ruine. Tuer un gendarme au combat et s'approprier ses armes de qualité est donc une prouesse assez difficile à réaliser ; car le gendarme se dérobe pratiquement à chaque rencontre. En effet, les combats de Perpignan et de Fontenay n'apparaissent pas sur les drapeaux et étendards de la gendarmerie, et pour cause...

    Comme nous allons le voir, en ce 25 mai 1793 à Fontenay, le général Chalbos* ordonne à la gendarmerie de charger les royalistes victorieux et les gendarmes, se rendant compte de l'extrême danger qu'ils courent, prennent la fuite... Ils sèment la déroute, le découragement et le désordre dans l'armée républicaine. « Ces lâches, en fuyant, foulèrent aux pieds des chevaux l'infanterie de notre armée. »  Ils sont donc responsables de la défaite.......

     

    *Alexis-François Chalbos est né le 6 mars 1736 à Cubières dans le Gévaudan, il est le fils d'un avocat, s'engage dans les armées du Roi, est fait Chevalier de Saint-Louis en 1788. En 1793, il est général de division et commandant de l'armée de Fontenay. Il décède à Mayence le 17 mars 1803.

       

    Gendarmerie à Fontenay....

     

    « Lettre du général Chazot (Chalbos) au Ministère de la Guerre. Je m'étois porté avec un corps de six mille hommes à la Châtaigneraie, mais des détachements pour les Sables ont réduit ma petite armée à trois mille hommes. Le 24 j'appris qu'une colonne de brigands s'avançoit ; nous évacuames la Châtaigneraie, ne pouvant tenir, pour nous rendre à Fontenai, nous y arrivâmes à cinq heures du matin.

    A une heure les brigands parurent sur trois colonnes, se répandirent dans la plaine qu'ils couvrirent en un instant ; je couvris Fontenai. Au premier coup de canon ils plièrent ; les hussards de la Gironde les firent reculer, et tout alloit bien ; le bataillon du Loiret chargea la bayonnette au bout du fusil.

    J'ordonnais à la gendarmerie de charger pour les soutenir ; vingt seulement obéirent, le reste prit la fuite, et jetta le découragement et le désordre dans l'armée. Ces lâches en fuyant, foulèrent aux pieds des chevaux l'infanterie de notre armée. L'infanterie se voyant abandonnée se mit en déroute ; je rassemblai une trentaine d'hommes, nous chargeâmes la cavalerie des brigands et la fîmes plier. Quelques uns des nôtres ont été pris pendant que l'on opéroit la retraite, et notre défense facilita la conservation de l'artillerie ; l'armée revint à Niort. Il n'est rentré que huit cents hommes. Les grenadiers de la Convention arrivent et marchent.

     

      Le conseil vient d'arrêter que l'on périra à Niort avant de l'évacuer. Quelques officiers se sont montrés intrépides, mais je ne dois pas oublier que ceux qui sont ici, y sont à regret, il faut absolument des troupes de ligne pour détruire les rebelles... »

     

    L'abbé Deniau nous informe que : « Chalbos, pistolet au poing commande aux gendarmes qui forment sa seconde ligne de cavalerie, de donner à leur tour. Cinq seulement obéissent à son ordre. Les autres effrayés par ceux qui viennent de lâcher pied, s'enfuient bride abattue, renversent les fantassins qui se trouvent sur leur passage et écrasent sous les pieds de leur chevaux plus de trente braves qui ne veulent pas céder. En vain les Représentants du peuple et les généraux font les plus grands efforts pour rallier leurs troupes... la déroute est complète. »

    Cette défection a un tel retentissement que le Comité de Salut Public est alerté. Le 29 mai 1793, la Convention Nationale transmet un décret aux Représentants du peuple en mission contre les gendarmes qui ont pris la fuite à Fontenay et à Perpignan.

     

    « Lettre du Comité de Salut Public aux Représentants du peuple en mission à Niort en leur envoyant le décret de la Convention contre les gendarmes qui ont pris la fuite dans le combat du 25 mai 1793. (29 mai 1793)

     

    Paris, le 29 mai 1793, l'an 2 de la République française.

    Les Représentants du peuple, membres du Comité de Salut Public,

    Aux Représentants du peuple députés près l'armée des Côtes de la Rochelle à Niort.

    La Convention Nationale vient de rendre un décret qui ordonne d'enlever les chevaux à ceux des gendarmes qui ont lâchement fui en présence de l'ennemi, et de dépouiller de leurs armes et de leur uniforme, les citoyens qui ont refusé de se rendre à la voix du général et du représentant du peuple, qui s'efforçaient en vain de les rallier.

    La nouvelle de ce décret parviendrait à l'Armée et préviendrait les mesures d'exécution, si nous attendions des expéditions des bureaux de la Convention Nationale ; nous prenons le parti de vous adresser une copie de ce décret sur nos signatures.

    Il importe d'empêcher que les gendarmes n'enlèvent leurs chevaux, et ne passent du côté des rebelles

    Il faut vous assurer des chevaux ; des armes, et des uniformes. Il faut prévenir le désordre, et il est nécessaire de prendre des mesures assez bien concertées pour faire rentrer ces citoyens désarmés dans l'intérieur. Nous avons craint d'augmenter le nombre des révoltés ; mais la nécessité d'un exemple utile l'a emporté sur toute autre considération, et nous avons surtout été rassurés par notre confiance dans les mesures d'exécution, que vous saurez concerter avec le général.

    Nous comptons sur votre prudence pour remplir le double objet que nous avons en vue, qui consiste à renvoyer dans leurs municipalités des hommes qui ne sont pas propres à défendre la cause de la liberté ; et conserver les chevaux, les armes et les uniformes. (On voit bien là l'importance de l'équipement du gendarme et de l'envie du cavalier vendéen de s'en approprier.)

    L'arrivée du général Biron, nous présage que nous allons avoir un plan général de campagne ; qu'il y aura ensemble dans toutes les parties de l'Armée ; et qu'enfin nous allons avoir une armée active dans toutes ses parties.

      Les dangers, les fatigues diminueront, et nous n'aurons plus qu'à nous féliciter des preuves de dévouement et de courage que vous avez données dans des circonstances les plus difficiles. »

     

     Les Membres du Comité de Salut Public chargés de la correspondance.

                                                       Signatures des membres.

     

    Maintenant voici le Décret de la Convention Nationale...

     

    Gendarmerie à Fontenay....

     

                              Décret de la Convention Nationale

         Contre les gendarmes qui ont pris la fuite à Perpignan et à Fontenay.

                                                    (29 mai 1793)

    _______________________________

     

                                  Décret de La Convention Nationale

                                                du 29 mai 1793

           Relatif aux gendarmes qui ont fui à Perpignan et à Fontenay.

    ________________________________

     

     

    « La Convention Nationale après avoir entendu le rapport du Comité de Salut Public, et la lecture des lettres écrites par les Commissaires de la Convention envoyés à Perpignan et à Niort ; décrète ce qui suit :

     

    ART:1er

     

    Ceux des gendarmes nationaux qui ont lâchement fui dans la journée du 19 à Perpignan et du 25 à Fontenay-le-Peuple seront dépouillés de leurs armes et uniformes, renvoyés dans leurs municipalités, et déclarés incapables de servir la République, sans préjudice des poursuites qui devront être faites ; conformément au Code Pénal, contre ceux des dits gendarmes ; qui auront donné le signal de la fuite ou qui l'auraient provoquée.

    Le Ministre de la guerre est chargé de faire arrêter sur le champ   ; les gendarmes et officiers prévenus de cette trahison, et de les faire juger conformément aux loix militaires.

    ART: 2e

     

    Les représentants du peuple envoyés près les armées sont autorisés à nommer de concert avec les administrateurs des départements, des gendarmes nationaux pour remplacer ceux qui sont destitués ; et de leur faire délivrer les armes, équipements et chevaux des gendarmes destitués, en en faisant estimer la valeur pour être statué sur le remboursement.

                                                

     

    ART: 3

    Le licenciement des dits gendarmes, sera prononcé à la suite du rapport et des informations faites par un conseil de guerre, composé de dix citoyens pris dans divers grades de l'Armée.

     

    ART: 4

     

    Il sera fait mention dans le procès-verbal, de la conduite courageuse tenue par les seize citoyens gendarmes qui se sont joint au général Beaufranchet-Dayat et le chef de brigade Mouvion ; pour charger les rebelles et sauver une partie de l' armée.

    Visé par l'inspecteur des procès-verbaux signé Joseph Becker- collationnés à l'original par nous présidents et secrétaires de la Convention Nationale.

    A Paris le 3 juin 1793, l'an second de la République.

    Signé Mallarmé, président; Meaulle et Durand-Maillane, secrétaire.

    Au nom de la République. » etc........

    Gendarmerie à Fontenay....

     

     

    Sources : Archives Départementales de la Loire-Atlantique, tous droits réservés- Les Affiches de Nantes n°67 du mercredi 5 juin 1793 – l'an 2 de la République, vue n°1 et 2/4. Archives Départementales de la Vendée, extrait des archives du Tribunal Révolutionnaire class E dépôt 92.1 II 7 – vues n°2 et n°5,6/7 -

    (Abbé Deniau Tome n°2, page 83 - Histoire de la Guerre de la Vendée.) - Gravure: officier de gendarmerie sous la Révolution de wikipédia. 

                                                               

    A suivre ici

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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