• François Rotureau....

                              

    François Rotureau, cavalier du pays de Monts, 

    reçoit six coups de sabre au combat de Fréligné, le 14 septembre 1794.

     

                     

                         

    François Rotureau....« Le 14 septembre (2 fructidor an 2) Charette fait un  rassemblement général et, le 15, il est en vue de Fréligné*. Ce camp était de forme carrée, et, sur toutes les faces, il était entouré de palissades et de fossés. Le 11e bataillon d'Orléans, une partie du 39e de ligne (ci-devant Ile-de-France), soixante cavaliers, en tout deux mille hommes y étaient retranchés. Prat, ex-chevalier de Saint-Louis, et Mermet, ex-tailleur, y exerçaient le commandement, le premier comme chef de brigade et le second comme lieutenant-colonel. La discipline la plus sévère y avait été soigneusement maintenue, et les soldats étaient solides et aguerris. Une lutte sérieuse allait donc s'engager. Il ne s'agissait plus de, en effet, d'emporter le camp par surprise, mais de l'attaquer de vive force. Dans le moment, il est vrai, les Républicains ne se tenaient pas sur leurs gardes ; beaucoup étaient répandus dans la campagne ; Prat et Mermet logeaient hors du camp, près le ruisseau de la Cochaire  ; mais, au premier signal d'alarme, ils se jetèrent tous dans le camp. De part et d'autre on n'avait pas de canons, on avait cessé de s'en servir ; les fusils et la baïonnette étaient alors les seules armes en usage. Les Royalistes sont excités par le souvenir de leur récent triomphe, on leur distribua de l'eau-de-vie, comme à la Roullière pour fortifier leur courage, et on donne le signal de l'assaut. Pour empêcher la colonne républicaine qui est à Saint-Christophe-du-Ligneron de venir au secours du camp, Charette envoie Savin faire une fausse attaque contre ce poste, puis il tourne le camp de Fréligné par le bois de l'Epiardière, et le fait attaquer de trois côtés. Mais trompé par de faux renseignements, il dirige la principale attaque sur l'endroit le plus solidement défendu. A ce moment, Couëtus lui amène deux mille hommes, ce renfort arrivait à point. Dès les premiers coups de feu, les Royalistes s'avancent jusqu'à quarante pas des retranchements. Là, pendant près d'une heure, se fit entendre une vigoureuse et terrible fusillade. Les Bleus, blottis derrière leurs palissades, foudroyaient les Blancs sans éprouver de pertes sensibles et semblaient se rire de tous leurs efforts.

     

    Déjà plusieurs officiers vendéens avaient succombé. Delaunay, traversé par une balle, était mis hors de combat ; Saint-Sauveur, chef de la division du Poiré, mourait à ses côtés, et beaucoup d'autres braves gisaient à terre. L'aile gauche semblait plier. Hyacinthe de la Robrie, qui, dans le moment, remarque le côté faible du camp, en averti Charette, et, sans hésitation, se porte de ce côté à la tête de sa division de Saint-Philbert......

    Guérin le jeune et le brave Colin, tous deux chefs de la cavalerie du pays de Retz, sautent dans la brèche et pénètrent dans le camp. Les paysans les suivent et repoussent l'ennemi à coups de baïonnette......

    Les Bleus sont écrasés par les paysans qui ne leur font aucun quartier. Le massacre fut général, car aucun Bleu n'obtînt grâce. De deux mille qu'ils étaient dans le camp, il y en eut douze cents à périr parmi lesquels on trouva quinze femmes.

    Ceux qui, pour se dérober au premier carnage, s'étaient mis sous la conduite du chirurgien Demouch, et avaient fui vers Saint-Christophe, tombèrent dans la troupe de Savin qui avait fait une fausse attaque de ce côté et furent immolés en partie comme leurs camarades. Un certain nombre cependant réussirent à s'échapper à travers la campagne. »

     

    * Après étude du cadastre et de la vue aérienne de Google-map, le camp de Fréligné se trouverait non loin de l'étang du château de l'Epiardière...  

     

    C'est donc au cours de l'attaque du camp de Fréligné avec la cavalerie Royaliste que François Rotureau est grièvement blessé de six coups de sabre.

     

    François Rotureau est répertorié dans le dossier des demandes de pensions du 16 mai 1816 sous le numéro 459 :

    François Rotureau....

    François Rotureau....

     

    Rotureau François – 44 ans- domicilié à la Garnache – journalier – Cavalier – Blessé à Fréligné - '' Trois coups de sabre, un au pli de l'aine gauche avec fistule – un sous le tendon d'Achille gauche – un au coup de pied gauche – Trois coups de sabre sur l'épaule droite, est estropié''.

      Il est aussi répertorié sous le n°42, comme cavalier et ayant fait les campagnes de 1799-1800-1815 dans la compagnie de Saint-Jean-de-Monts appartenant à la Division de Palluau, domicilié à Saint-Christophe en Vendée.

     

    François Rotureau....

    François Rotureau....

    Il est proposé pour  une pension de soixante dix francs, il recevra cette pension du Roi puisqu'en 1841, il est ''pensionnaire de l'Etat''. La généalogie de ce combattant royaliste a été assez difficile à reconstituer étant donné sa mobilité. Il dépose sa demande de pension à la Garnache mais est originaire du pays de Monts.

     

    En parcourant la liste nominative des recensements de 1816 pour la Garnache (vue n°21/34) Nous découvrons la famille Retureau qui est signalée comme ''famille très pauvre''

    1° Retureau François-45 ans - meunier et retraité-

    2° Coutouis Rose, sa femme, 48 ans.

    3° Retureau Charles, 15 ans, né le 9 mai 1804 Saint-Hilaire-de-Riez.

    4° Retureau François, 10 ans (qui est marin en 1834), marié le 18 juin1834 à l'Ile d'Yeu avec Marie-Rosalie Dugas.

    5° Retureau Marie, 7ans.

     

      Rotureau-Retureau François est né le 18 juin 1773 à Saint-Jean-de-Monts. Il est le fils de Pierre Rotureau, meunier et de Jeanne Dupont, mariés le 25 novembre 1748 à Notre-Dame-de-Monts, et : (Acte de mariage vue n°159/309  année 1834 Ile d'Yeu). Il se marie vers 1800 avec Rose Couthouy-Coutouis-Coutois, née le 25 mars 1769 à Saint-Jean-de-Monts, fille de François Couthouis et de Louise Britton (décédée le 3 février 1831 à l'Ile d'Yeu, au port). Il se remarie le 19 août 1834 à l'Ile d'Yeu avec Catherine Venereau, née le 29 juin 1791 à Notre-Dame-de-Monts, fille de François Venereau et de Marie Cercleron. (vue n°159/309 année 1834 mariages -Ile d'Yeu).

     

    L'acte de décès de François Rotureau, en date du 2 août 1841 (décès de la veille), au port, nous informe qu'il est âgé de 68 ans, et est ''pensionnaire de l'état''.

    François Rotureau....

     

    Sources :   Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés. Dossiers de pensions vue n°48/59 SHD XU 33-2, 16 mai 1816 – vue n°42 - 29 mai 1816 -SHD XU 39-4 -  Etat civil de Saint-Jean-de-Monts, l'Ile d'Yeu, le Perrier (vue 173/580 1835) Notre-Dame-de-Monts - Abbé Deniau, Histoire de la Guerre de la Vendée Tome IV pages- 575,576,577. - Photo de l'auteur. 

                                                                      

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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