• Encore un moulin de Chasserat !

    Encore un moulin de Chasserat...

     

    Nous extrayons cette petite notice du bulletin de la Société d'Emulation de la Vendée qui nous a paru aussi intéressante qu'amusante.

     RL

    Mai 2015

     

    CHAVAGNES-EN-PAILLERS

     

    L'ULIÈRE

     

     

    Cette propriété, située près le bourg de Chavagnes, était, d'après les notes de M. Dugast-Matifeux prises sur les titres du chartrier de Thouars, un fief relevant du château de Montaigu à foy et hommage lige et à rachat.

    Le nom primitif était Eolière, d'où l'on a fait Eoulère, Houlière, Huilière, Eulière et enfin Ulière, nom actuel. Dans l'acte de vente de la maison de la confrérie de l'Assomption de la paroisse de Chavagnes, en date du 25 janvier 1470, tiré des archives de la Rabatelière, on nomme Jules Eol, l'aîné, seigneur de l'Eoulère. J'ai une très-vieille copie d'un acte du 6 novembre 1564, par lequel Jehan Eoul, escuyer, seigneur de l'Huilière, la Prilliaire et la Bleure, demeurant à l'Huilière, paroisse de Chavagnes vendit à réméré la métairie de la Prilliaire. Ce réméré fut exercé le 25 août 1567. Aux archives de la Rabatelière, on trouve dame Jeanne Eole, dame de la Daudinière, femme, puis veuve de Nicolas Prévost, seigneur du Retail, qui, en 1458, puis en 1506, rend à la Martellière aveu pour le fief des Châtaigners près la Prévoisière, en la paroisse de Chavagnes. Au chartrier de Thouars, on trouve un aveu de la Babinière en Saint-Georges, rendu par Etienne Eoul, le 1er août 1435. Je ne trouve aucun autre nom de la famille Eoul passé le 25 août 1567 ; elle s'éteignit sans doute vers cette époque.

     

    L'Ulière passa ensuite à la famille DARROT, soit par héritage, soit par acquêt ; en 1603, elle appartenait à Gilbert Darrot, escuyer, époux de Céleste Bruneau, fils puîné de Gabriel Darrot, seigneur de la Fromentinière. Il fut tué, le 15 mai 1605 ou 1607, par Marboeuf, seigneur de la Saminière. Il se trouvait à la Fromentinière, chez son neveu, Gabriel Darrot ; la Saminière est à environ deux kilomètres de la Fromentinière, toutes deux en la commune de la Flocellière.

     

    La famille Darrot a possédé l'Ulière jusqu'à son extinction, à la mort de Charles-Séraphin Darrot, arrivée après 1760. Celui-ci avait épousé en premier mariage Françoise-Brigitte Charbonneau, et en second Marie-Catherine-Agathe de Hillerin, par contrat de Graffard et Allard, notaires aux Herbiers, le 31 juin 1660. On cite encore des traits d'ivrognerie du dernier, ou d'un des derniers Darrot ; souvent il allait boire et s'enivrer dans les cabarets du bourg de Chavagnes. Or, un certain soir qu'il était attardé dans le bourg, sa femme, craignant qu'au retour il ne tombât dans l'étang sur la chaussée duquel il lui fallait passer pour retourner à l'Ulière, envoya au-devant de lui un domestique, avec une grande recommandation de lui donner le bras en passant sur la chaussée, et de se mettre à sa gauche pour l'empêcher de tomber dans l'eau ; mais Darrot fit tellement boire le domestique qu'il le rendit aussi ivre que lui, et ce dernier, ayant toujours à l'esprit la recommandation de sa maîtresse, ne cessait de répéter à M. Darrot : "Mon bon maître, ne tombez pas dans l'étang !" et le poussant toujours du côté opposé à l'eau, il fit si bien que tous deux dégringolèrent dans la prairie qui était au-dessous de la chaussée de l'étang.

     

    Autrefois, le moulin de Chasserat, près l'Ulière, et le petit pré y joignant dépendaient de l'Ulière ; voici, dit-on, comment ils en ont été détachés. Un soir que M. Darrot avait bu, à l'Ulière, avec plusieurs de ses amis, il allait les reconduire jusque par delà le bourg quand, passant au pignon de la maison qui fait face à l'entrée actuelle du couvent, il appela celui qui demeurait en cette maison. Ce dernier ayant ouvert sa fenêtre reçut, les uns disent de M. Darrot, d'autres d'un de ses compagnons de ribotte, un coup de pistolet qui lui cassa un bras, et ce fut pour étouffer cette affaire que M. Darrot fut obligé de céder au blessé le moulin de Chasserat, avec son petit pré et le chemin qui conduit de ce moulin au bourg ; c'est par suite de cette transaction que les arbres qui sont sur le bord de la rivière, le long de ce passage, appartiennent aux propriétaires du moulin et du pré, et ne dépendent pas du bois.

     

    Après l'extinction de la famille Darrot, l'Ulière et ses dépendances (la Prilliaire, la Maison-Neuve, le Chiron et les deux métairies de la Bleure) passèrent, en vertu d'un jugement, à la famille Guerry de Beauregard ...

     

    C. GOURRAUD, notaire honoraire

    Extrait : Société d'émulation de la Vendée - 1876 - AD85

     

    M. Charles-Isaïe-Constant Gourraud, né à Chavagnes le 3 novembre 1797, est décédé à Nantes le 3 mai 1876

     

    Le moulin de Chasserat sur le cadastre de 1838...

    Encore un moulin de Chasserat !

     

    ... Et sur une carte postale ancienne :

    Encore un moulin de Chasserat !

     

    Le château de l'Ulière :

    Encore un moulin de Chasserat !

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :