• Du gibier ?

     

     

    Du gibier ?

     

     

    Dans l'histoire il est souvent fait état de la part de certains d'une animalisation de leurs adversaires. Un des plus célèbres exemples étant le film de Fritz Hippler "Le Juif éternel", lequel compare les juifs à des rats.

    Les inconditionnels de la pureté et de l'innocence de la gueuse, hurlent bien sûr à l'infamie, lorsque nous évoquons la responsabilité de ce régime dans les crimes qui sont arrivés suite à son avènement. Pourtant en furetant dans les archives du SHD, cherchant tout autre chose, j'ai eu la surprise de découvrir une lettre écrite par un certain Prieur commissaire aux écritures de l'hôpital militaire de Thouars et accessoirement ingénieur géographe pour le cadastre des Deux Sèvres, en date du 27 août 1794 et destinée au président de la convention.

    Porté par un lyrisme des plus profond, cet individu démarre sa lettre en évoquant les braves défenseurs et autres respectables cultivateurs dont le patriotisme est connu, comme hachés et mutilés horriblement, laissant tout derrière eux pour éviter tant que faire se peut, "supplice, rage, fureur et désespoir des brigands". Outre le fait qu'il opère une inversion de culpabilité (chose typique de ceux qui n'ont rien à se reprocher), ce triste sire propose plusieurs points à travailler pour assurer le salut de la nation, points qui seront traités dans un autre article. Le seul point qui sera évoqué ici est sa proposition d'une méthode pour combattre les brigands, méthode qui montre bien les considérations humanistes que la raie publique avait pour les insurgés.

    Il propose tout simplement d'appliquer aux enfants, femmes et hommes , "Les moyens qu'employaient les ci devant princes et seigneurs dans la chasse aux cerfs, que l'on se rappelle avec quelle économie, ils ménageaient leurs chiens pour ne point laisser de repos à la bête qui faisait le sujet de la chasse et pour ne pas fatiguer toute la meute à la fois. Employons donc par la même comparaison, la même marche pour combattre les brigands".

    Ce très courageux homme dans ce courrier, se signale par ses éloges  de Robespierre qualifié de tête orgueilleuse et de ses partisans, qui ont ignoré ses propositions. Comme indiqué cette lettre a été écrite le 27 août, Prieur est donc dans ses propos d'un incroyable courage, pour vomir sur un aussi triste sire que lui, mais trépassé depuis déjà un mois.... On se croirait en pleine déstalinisation avec les gentils anti-Robespierre d'un coté, et les sanguinaires de l'autre. A savoir que les "déstalinisateurs" en 1956 en même temps qu'ils officialisaient la fin du culte du petit père des peuples, lançaient leurs hordes de chars sur Budapest.

    Je vous invite à vous rendre sur le site des archives départementales de la Vendée ou vous pourrez consulter ce document qui montre bien que les Robespierre et Turreau sont les arbres qui cachent la forêt, du crime républicain.

    L'animalisation des adversaires est-elle une arme de propagande qui sera encore utilisée à de nombreuses reprises dans l'histoire, pour alléger la conscience de certains ?

    La réponse leur appartient.

     

    La cote d'archive de ce document est le SHD B5/10-37 ( sur la visionneuse pages 6, 7 et 8)

     

    Pierre Périeau, pour Chemins secrets

    Mai 2020

     

     

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