• Deux gentilshommes tués à Gesté....

     

    Deux gentilshommes tués à Gesté le 1er février 1794.

     

    Tués au combat ou fusillés ?

     

     

     

    Nous sommes le samedi 1er février 1794 (le 13 pluviôse de l'an II).

     

    « Le chef de la Colonne Infernale Crouzat et sa division se présentent à Gesté à huit heures du matin. Stofflet et ses hommes, qui les attendent, attaquent la troupe de Crouzat qui se replie sur le Fief-Sauvin. Celui-ci ordonne à sa colonne de gauche d'attaquer à l'Ouest de Gesté, mais les Vendéens lui offrent une très forte résistance, si bien qu'au bout de trois à quatre heures de combat, ils forcent leur ennemi à retraiter sur le Doré.

     

    Pendant ce temps Cordellier campe dans les landes qui avoisines le forêt de Leppo, et dispose sa troupe en bataille afin de pouvoir aider Crouzat. Après « avoir entendu des feux de file et de peloton très suivis » sur sa gauche, Cordellier décide de marcher sur Gesté, « afin d'inquiéter l'ennemi, même de le prendre à revers en cas qu'il fut poursuivi par Crouzat ».

    Il envoie son avant garde qui entre dans Gesté et poursuit, sur la route de Nantes, environ deux cents Vendéens, Assuré d'une traversée sans risque de Gesté, Cordellier pénètre dans le bourg. Mais à sa sortie, Stofflet, renforcé par six cents hommes de la division de Maisdon, commandée par les frères de Bruc, l'attaque en venant des directions de Beaupréau et de Saint-Philbert-en-Mauges, S'apercevant que les Vendéens cherchent à le cerner, le général républicain ordonne la retraite sur le Doré, d'autant plus que ses bataillons de première ligne sont enfoncés. Son avant-garde, devenue arrière-garde, et sa cavalerie protègent sa retraite. A huit heures du soir, au Doré, il ignore ce qu'est devenue une partie de sa colonne écrasée et apeurée car « les hurlements affreux de l'ennemi ont porté l'épouvante dans l'âme des soldats ».

    La brigade de la division de Cordellier, commandée par l'adjudant-général Flavigny, fuit jusqu'à Nantes.

    A Cholet, le général Moulin, le jeune, annonce à Turreau, arrivé à Montaigu, la défaite de la colonne de gauche du général Crouzat, commandée par le chef de brigade Robriquet, à Gesté. Celui-ci a retraité sur Saint-Philbert-en-Mauges où il n'a pas retrouvé son chef et il a aussi essayé de protéger un convoi qui le suivait. Les fuyards ont regagné Cholet ».

     

    C'était la troisième grande victoire que Stofflet remportait dans cette journée. Il avait battu neuf mille Républicains, avec deux mille hommes. Cette affaire de Gesté fut assez « chaude » Monsieur de la Bouère ayant donné son cheval pour sauver un blessé se trouva aux prises avec un hussard qui lui fendit l'oreille et une partie de la joue, mais prenant son fusil par le canon il abattit d'un coup de crosse son adversaire qui fut laissé pour mort.

     

    Mais le 5 février 1794, Cordellier ne pouvant vaincre des soldats, se venge sur la population civile. Dans l'après-midi, il surgit à l'improviste dans le Bourg de Gesté. Il amène des prisonniers récoltés en cours de route depuis Montrevault. Il arrête les quelques personnes trouvées sur place à réparer leurs demeures. Dans la soirée, Cordellier ordonne de conduire les trois cents prisonniers au château du Plessis où le feu est mis. A la lueur de ce brasier, les prisonniers sont massacrés dans une allée du parc....

     

    A cette date du 5 février 1794, les registres d'état civil de Gesté nous livrent le nom d'un gentilhomme que l'on croyait mort et que l'on croit toujours comme ayant été tué au débarquement de Quiberon, le 23 juin 1795, il s'agit de : « Armand-Louis-Théophile Beziades d'Avaray, célibataire, Chevalier de Malte, âgé de 28 ans, né à Paris et mort en cette commune de Gesté par effet de la guerre, fils de Béziades d'Avaray et Mailly de Nesle ». Témoins : François Lecomte et Jean Sichet cultivateurs de cette commune ». 

     

    En réalité, il s'agit de : Armand-Louis-Théophile de Béziade d'Avaray, né le 11 septembre 1766 à Paris, Vicomte d'Avaray. Il est le fils de Claude-Antoine, de Béziade, né le 16 juillet 1740, marquis d'Avaray, marié le 5 avril 1758 à Paris avec Angélique-Adélaïde-Sophie de Mailly.

    Son acte de décès enregistré le mercredi 5 février, pourrait nous faire penser qu'il n'est pas mort au combat, mais que peut-être blessé et fait prisonnier, il faisait partie des trois cents fusillés du château du Plessis. Il a été enregistré le « seize pluviôse-5 février », erreur du scribe sur la date ? Le 16 pluviôse correspond au 4 février ????

     

     

    Un mot sur la famille de Béziade d'Avaray : « Fin 1791, les trois fils de Claude-Antoine de Béziade émigrèrent, L'aîné, François, suivit le comte de Provence dont il fut le fidèle serviteur et l'un des favoris. Le cadet, Théophile*, fit partie de l'expédition de Quiberon, tout comme le marquis de Grave, qui avait épousé l'aînée des filles du marquis d'Avaray, et tous deux furent fusillés en 1795 à la suite de cette entreprise malheureuse. Une maladie longue et douloureuse ne permit pas au marquis d'Avaray de suivre ses fils et ses gendres sous les drapeaux de l'armée des princes. Incarcéré avec sa femme, née Mailly-Nesle que vers la fin de la terreur (17 frimaire an II), il subit avec sa femme neuf mois de captivité, attendant chaque jour la mort dont ils étaient menacés. Sauvés par le 9 thermidor, il émigra, mais ne put sauver une partie de sa fortune qu'en obtenant sa radiation de la liste des émigrés ». Extrait de Wikipédia.

     

    * Théophile fut tué à Gesté et non à Quiberon et son décès enregistré le seize pluviôse de l'an II. (Cf acte de décès de la commune de Gesté dans le Maine et Loire).

     

     

     

    Le décès du deuxième gentilhomme a été enregistré « le treize pluviôse de l'an II – 2 février » , en réalité le Samedi 1er février, jour de la bataille de Gesté :

    «  Le treize pluviôse -2 février - Henry Brouilhet la Carrière Leville, âgé de 21 ans, mort par effet de la guerre, né à Chartres département de l'Eure et Loire – de : Etienne,Noël,Gérard Brouilhet la Carrière et de Marie Gabrielle Gueau – Témoins : Jacques Couillau et Jean Samson, cultivateurs demeurant en cette commune ».

     

    En réalité, il s'agit de Henri Brouilhet de la Carrière de Léville, fils d' Etienne, Noël, Charles, Gérard Brouilhet de la Carrière de Leville et de Marie, Henriette, Gabrielle Guéau de Reverseaux de Rouvray.

     

    La famille Brouilhet de la Carrière appartenait à la noblesse du pays chartrain.

     

    Elie Brouilhet de la carrière, bourgeois de la ville de Chartres eut ses armes enregistrées à l'armorial général de 1696. Elie, Mille Brouilhet, sieur de la Carrière, conseiller au Bailliage et siège présidial de Chartes, décédé en 1755, fut pourvu en décembre 1752 d'un office anoblissant de secrétaire du Roi près la cour des aides de Clermont-Ferrand. Il fut père d'Elie, Mille, Robert Brouilhet de la Carrière, Chevalier de Saint-Louis, Seigneur de la Haye, qui prit part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues à Chartres tant en son nom que comme représentant de ses neveux mineurs Henri* et Elie,Charles Bouilhet de la Carrière, seigneurs de Léville Le second de ceux-ci avait fait en 1782 des preuves de noblesse pour être admis dans les Chevaux-Légers. Il mourut à Versailles en 1851, laissant une fille unique, dernière représentante de sa famille, qui épousa en 1825 le comte de Faverney et qui mourut en 1876.

     

     

    * Il semblerait que Henri Brouilhet de la Carrière de Léville ne soit pas mort au combat, mais plutôt fusillé par les Républicains.

     

     

    Pourquoi ? Parce que les personnes tuées au combat portent la mention : « tué à la bataille de Gesté le 1er février ». Les personnes tuées au massacre du Plessis, ou dans les autres lieux de la commune portent la mention : « mort par effet de la guerre ». Mais allez savoir. ???? Ces deux gentilshommes étaient certainement des officiers Vendéens opérant chez Stofflet ou chez les frères de Bruc et ils ont laissé leur vie pour la défense de leur Dieu et de leur Roi à la bataille de Gesté dans le Maine et Loire.

     

    Sources : Archives Départementales du Maine et Loire – Actes de décès des deux gentilshommes – commune de Gesté . Wikipédia - crédit photo : Claude, Antoine de Béziade, (1740 1829) duc d'Avaray, père d'Armand,Louis,Théophile (archives numériques de la Révolution Française).

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

     

     

     

    Claude Antoine de Béziade, duc d'Avaray (1840-1829)

     

    Deux gentilshommes tués à Gesté....

     

    Deux gentilshommes tués à Gesté....

     

    Deux gentilshommes tués à Gesté....


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :