• Des vendéens fusillés dans la Sarthe....

                                                            

    Le vingt quatre pluviôse de l'an 2, à Saint-Christophe-en-Champagne, 

    département de la Sarthe... 

     

     

     

     Des vendéens fusillés dans la Sarthe.... Les Républicains sont d'une discrétion de ''violette'' lorsqu'il s'agit de la ''liquidation'' de leurs opposants politiques...

      «René Landreau et Véronique Pasquiet* ont contracté mariage à la Vérie le six février mil sept cent quatre vingt dix ; ainsi que l'on attesté : Jean Maudin voiturier – René Retailleau tisserand – Jacques Douillard maçon et François Brégeon témoin ayant l'âge requis – demeurant tous aux Herbiers lesquels ont déclaré ne savoir signer ; de ce enquis par le Juge de Paix», le 4 mars 1822 aux Herbiers – reconstitution d'actes -.

    Des vendéens fusillés dans la Sarthe....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ce couple disparaît purement et simplement, pas de décès en Vendée, pas d'enfants, RIEN ! Plus aucune trace depuis 1790 ! Sauf que... Ils ont été massacrés Outre-Loire.

      Après la déroute de l'Armée Catholique et Royale au Mans et la dispersion de celle-ci en petits groupes armés, Véronique Pasquier-Pasquiet va perdre son mari, sans doute tué au combat, et elle va se retrouver dans le ''Triangle de la Mort'' avec d'autres fugitifs...

     

      Laissons parler Monsieur l'Abbé Deniau, pour vous donner une idée de ''l'ambiance générale'' :

     

      « Ce fut entre les routes de Mayenne et de Laval, dans le triangle formé par le Mans, Sillé-le-Guillaume et Chassilé, à Bernay, à la Quinte, à la Bazoge, à Rouillon, à Crannes, à la Fontaine-Saint-Martin, à Saint-Denis-d'Orques, à Loué, à Lavardin qu'eurent lieu les actes de la plus cruelle inhumanité. A Loué, il y eut cinq cent victimes et à Lavardin deux cent. Pendant plusieurs jours, aux environs d'Evron, on fusilla aussi de nombreux fugitifs, la plupart malades ou blessés. Quarante à soixante prisonniers de tout sexe, à moitié mort de faim et de misère, tombèrent sous un feu de peloton, sur la route de Laval à Mayenne, et furent enterrés dans un fossé, morts et vifs. Deux religieuses furent fouettées. C'est à Saint-Denis-d'Orques, après le Mans, que les Vendéens perdirent le plus de monde.

      Les hussards, qui avaient devancé un grand nombre de fugitifs, les attendirent à l'affût, aux carrefours des chemins, aux gués des rivières, et les égorgèrent après les avoir pillés. Les Patriotes du pays se joignirent aux soldats pour les surprendre dans leurs retraites. A la voix des Conventionnels ils s'étaient armés de fusils, de faux, de fourches et de bâtons ; ils livrent aux tribunaux révolutionnaires ceux que les soldats ont épargnés dans leur première fureur. Les chemins, les champs sont sillonnés de bandes qui fuient et de détachements qui les traquent en poussant les plus horribles cris. Ce fut une chasse à l'espèce humaine et sur la plus grande échelle ».

     

      Un groupe de combattants de Saint-Lambert-du-Lattay réfugiés dans une grange est vendu par le propriétaire du lieu aux hussards, et sont tous massacrés.

      « A Sablé, cent vingt fugitifs furent arrêtés et fusillés immédiatement. A Saint-Aubin-lès-le-Mans, des fermiers découvrent dans une haie un Brigand et cinq Brigandes. Ils les conduisent au Mans. Près de Bellevue, ils rencontrent un soldat qui, de deux coups de feu tue le Brigand pour avoir son gilet de couleur marron. » etc......

     

      Mais il reste les écrits enregistrés lors des délibérations municipales de certaines communes de la Sarthe...

    Le 24 pluviôse de l'an 2 dans l'après midi (mercredi 12 février 1794), nous aurons la dernière trace de Véronique Pasquier, veuve, prisonnière à Saint-Christophe-en-Champagne et de ses compagnons d'infortune...

      La municipalité de Saint-Christophe-en-Champagne porte l'entière responsabilité de la mort de ces quatre personnes : Les officiers municipaux n'ont fait preuve d'aucune pitié ni mansuétude à l'égard de leurs compatriotes sans défense (trois femmes et un homme).

     

      «L'an deuxième de la République française une et indivisible le vingt quatre pluviôse de l'an 2.

      Vu l'arrêté des citoyens administrateurs du directoire du district de Sablé en date du 17 présent  mois, en conséquence de la lettre adressée par le comité d'Angers à celui de Sablé et communiqué par arrêté du comité de Sablé ; aux citoyens administrateurs du directoire du district de la même commune.

      Considérant que les quatre individus échappés de l' Armée des Rebelles de la Vendée détenus dans cette commune n'ont été accordés que provisoirement par le conseil général permanent du district de Sablé suivant la lettre d'avis observée aux officiers municipaux de cette commune en date du 26 frimaire dernier, et à la charge de les représenter à la première réquisition.

      Ouï le rapport et l'agent nationnal, il a été délibéré que les citoyens Dezallay, Dupont, Ferron et Jean Bellanger l'aîné domiciliés dans cette commune invités et autorisés par les dits officiers municipaux à se charger et donner l'hospice a chacuns de Jeanne Poirier, Véronique Pasquier femme et veuve René Landreau, Marie Hérault et Louis Châteigner, seront dans ce jour requis de représenter dans les vingt quatre heures, à la maison commune, les dénommés ci-dessus, sçavoir : Le citoyen Dezallay Jeanne Poirier, le citoyen Dupont, la femme et veuve Landreau, le citoyen Ferron ladite Marie Hérault et le citoyen Bellanger le dit Louis Châteigner ; et d'après la représentation des susnommés, décharge signée des dits officiers municipaux sera donnée à chacun des dits citoyens Dezallay,Dupont, Ferron et Bellanger.

     

      Délibéré à la maison commune de St Christophe les jour et an par nous officiers municipaux avec notre secrétaire greffier soussignés (sept mots rayés nuls). »

     

     signé : Jean Métivier, Maire et P Harouard.

    Des vendéens fusillés dans la Sarthe....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

      Nous pouvons raisonnablement penser que nos quatre Vendéens furent dirigés vers Sablé, jugés et fusillés dans cette ville eu égard au courrier échangé entre les autorités de Sablé et les officiers municipaux de Saint-Christophe-en-Champagne.

      Un petit nombre de Vendéens furent sauvés par des gens charitables d'Outre-Loire et purent regagner la Vendée à la pacification. Mais la population du département de la Sarthe s'est particulièrement distinguée par son républicanisme intransigeant et par ses cruautés exercées à l'égard des royalistes.

     

      * Véronique Pasquiet, née au Herbiers le 14 février 1763, est la fille de Jean Pasquiet et de Jeanne You. René Landreau est peut-être le fils de Mathurin Landreau et de Marie You, né le 28 décembre 1763 à la Verrie.

     

     

    Sources: Archives Départementales du département de la Sarthe tous droits réservés - Délibérations Municipales de Saint-Christophe-en-Champagne, 1792-1842 - (1M1 1347 5R163) vue N° 47 - Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés, commune des Herbiers - années 1763, vue 15/91-1790, vue N° 4/52 acte n°15.- Histoire de la Guerre de la Vendée - Abbé Deniau - Tome III pages 382-383. Siraudeau éditeur.- Photo : les charniers du Mans. 

                                                                        

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


  • Commentaires

    1
    L.baron
    Mercredi 22 Février à 13:16

    Donc deux mois après la bataille du Mans, les Républicains du secteur ''nettoyaient'' le paysage des rescapés royalistes... sans bruit... bande de salopards!

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