• Denant....

     

    Denant...

     

     

     Après un mois sans article sur "Chemins secrets", pour des raisons indépendantes de notre volonté, voici ce soir quelques petites notes sur la paroisse disparue de Denant dans le Sud-Vendée.

     

     Mon épouse ayant déjà traité du célèbre personnage lié à ce village (cliquer ici), nous n'allons pas y revenir, mais juste rappeler que ce qui n'est aujourd'hui qu'un gros hameau fut jadis une paroisse et même une commune. C'est par ordonnance royale du 3 octobre 1827 que la commune de Denant sera supprimée pour être réunie à celle de Nieul-sur-l'Autise. La commune portera ainsi le nom de Nieul-Denant jusqu'en 1840 avant de revenir au nom de Nieul-sur-l'Autise.

     

     De l'église qui a vu baptiser le Baron Duchesne de Denant célèbre dans les Guerres de Vendée, il nous est parvenu d'assez beaux restes que nous présentons ci-dessous. Nous avons assorti ce petit article d'un extrait du Bulletin Paroissial de Nieul-sur-l'Autise pour l'année 1937 trouvé aux AD85...

     

     RL

     Juillet 2014

     

     

     

    Denant....

     

           Les restes de l'église en vue aérienne.

    Denant....

     

           L'église et son cimetière sur le cadastre de 1810.

    Denant....

     

            Aujourd'hui.

    Denant....

     

           Côté Sud.

    Denant....

     

            Côté Nord, sur l'ancien cimetière.

    Denant....

     

     

     

    PAROISSE DE NIEUL-SUR-L'AUTIZE

     

     LA FIN D'UNE PAROISSE

     

    ET LES PÉRÉGRINATIONS D'UNE CLOCHE

     

     

     

    M. l'abbé Augustin Claveau, vicaire à Notre-Dame de Fontenay, prit possession de la cure de Denant ou prieuré, sous le vocable de Saint-Maixent, en l'année 1782. il succédait à son cousin M. l'abbé Jean-Alexis Martineau.

     

     Quand la révolution éclata, la paroisse de Denant avait à sa tête un prêtre exemplaire et ferme dans sa foi qui donna l'exemple d'une courageuse résistance aux lois iniques de la Convention. Ayant refusé le serment de la Constitution civile du clergé, il dut prendre le chemin de l'exil, et, comme les MM. Sabouraud, il fut déporté en Espagne. Rentré en France en 1802, il retourna dans son ancienne paroisse qu'il administra encore quelque temps, puis il fut nommé aumônier de l'hospice de Fontenay, où il mourut vers 1820.

     

     La paroisse de Denant a été depuis lors réunie à celle de Nieul-sur-l'Autize ; la commune n'a été détruite que le 31 décembre 1827. C'est à cette occasion que la commune de Nieul prit le nom de Nieul-Denant.

     

     Vingt-huit ans après commencèrent les démêlés de la Fabrique de Nieul avec celle de Saint-Hilaire-des-Loges, touchant la possession de la cloche de l'ancienne paroisse de Denant.

     

     Par arrêté préfectoral du 16 ventôse, an XII (7 mars 1804, NDLR), cette cloche avait été transportée dans l'église de Saint-Hilaire. Nieul protesta et pour appuyer sa revendication, fit valoir qu'elle avait été mise en possession de tous les meubles de l'ex-église de Denant et que, vu la clause de l'arrêté préfectoral "où (église de Saint-hilaire) elle (la cloche), restera jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné", la translation n'a été qu'une mesure provisoire, que Saint-Hilaire en a joui non à titre de propriétaire, mais à titre de dépositaire. Le Conseil de Nieul songea un instant à porter la cause devant les tribunaux, il en fut détourné par l'autorité diocésaine qui recommanda la conciliation. Pour atteindre ce but en 1857, le préfet de la Vendée offrit à la Fabrique de Nieul une somme de 500 francs, afin de lui venir en aide dans la réparation de son église ; il y mit pour condition que les habitants de Nieul renonceraient à toute revendication sur l'ancienne cloche de Denant. Cette offre fut acceptée.

     

     Dans la même année (29 juillet), le Conseil de Fabrique décida l'acquisition d'une nouvelle cloche pour remplacer l'ancienne qui était brisée. La nouvelle cloche est sortie des ateliers de Bollée, fondeur de renom, de Sainte-Croix-du-Mans. Elle pèse 743 kilogrammes, et attend toujours deux ou trois compagnes ...

     

     Bulletin paroissial de Nieul-sur-l'Autise - 1937

     Archives Départementales de Vendée.

     

    EXTRAIT DES REGISTRES DES ARRETÉS

    DE LA PRÉFECTURE DE FONTENAY, DU 16 VENTOSE AN 12

    DE LA RÉPUBLIQUE FRANCAISE UNE ET INDIVISIBLE.

     

     

     

    Le préfet du département de la Vendée,

     

    Vu la demande du Maire de la commune de Saint-Hilaire sur l'Autize tendant à obtenir la cloche qui existe dans l'église de Denant, considérant que l'église de Denant est supprimée et même vendue, et que cette commune est réunie à celle de Nieuil pour l'exercice du culte, considérant qu'il y a déjà à Nieuil une cloche pour annoncer les cérémonies religieuses et qu'une seconde cloche n'y est point utile, considérant que la paroisse de Saint-Hilaire sur l'Autize est très étendue et que le rétablissement de l'exercice du culte catholique dans cette commune exige au moins une cloche.

     

    Arrête ce qui suit :

     

    Art. 1er

     

    Les marguilliers de la paroisse de Saint-Hilaire sur l'Autize sont autorisés à faire enlever, aux frais de la Fabrique, la cloche qui reste dans l'église de Denant pour faire placer dans celle de Saint-Hilaire sur l'Autize où elle restera jusqu'à ce qu'il ait été autrement ordonné.

     

    Les maires de Saint-Hilaire sur l'Autize et de Denant sont chargés de surveiller à l'exécution du présent arrêté.

     

    Expédition du dit arrêté sera transmise aux marguilliers de la succursale de Nieul, pour qu'ils aient à s'y conformer.

     

    A Fontenay, à l'hôtel de la Préfecture, les jours, mois et an que dessus. Signé au registre, Merlet ; pour expédition, le secrétaire général, Cavoleau ; pour expédition conforme au dit arrêté, ce 20 ventôse an 12 de la république.

     

    MANGOU aîné,

     

    Adjoint, en l'absence du maire.

     

    Bulletin paroissial de Saint-Hilaire-des-Loges, année 1909.

    Archives départementales de Vendée.

     

    On notera que les communes de Saint-Etienne-des-Loges et de Saint-Hilaire-sur-l'Autize fusionneront par ordonnance royale du 20 février 1828.

     

     

     

     

     

     


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