• Défaite de Commaire....

            

    Une colonne républicaine disparaît au combat,

    le général s'en explique sur une demi-feuille de papier.

             

     

     

      Défaite de Commaire....La « Gueuse » n'est pas économe du sang du peuple. En effet, le général Carpentier écrit à un destinataire inconnu au sujet de la défaite de la colonne du général Commaire au Coudray-Montbault près de Vihiers, le 17 pluviôse an 2. La défaite est tellement considérable que seuls ''vingt soldats ont échappé à la faveur des bois'' et sont allés rejoindre à toutes jambes l'armée à Doué-la-Fontaine.... en gros une course sur une distance de  21 kilomètres avec la peur au ventre. A ce rythme il est certain qu'ils sont arrivés à Doué sans fusil et sans giberne, avec des chaussures fumantes, sans semelles et avec des ampoules... et c'est très essoufflés et sans chapeaux qu'ils ont rendu compte au général...

     

    Voici la lettre :.....

     

               Commaire Général de Division -   Affaire :    Vihiers.

     

      « L'ennemi a été instruit que le reste de la brigade du général Commaire qui devait rentrer le 17 à Vihiers, détachée à Mortagne et qui n'a rentré que le 18, marchait de Chollet pour faire sa jonction avec le général Commaire, a repiqué barre et remarché sur cette demi-colonne qu'elle a trouvé entre le Coudray Montbault et Vihiers.

      Contrainte de céder à la force après une longue résistance, elle a été forcée de se replier. Vingt soldats ont échappé à la faveur des bois et à la fureur de ces brigands et sont allés rejoindre l'Armée à Doué où ils ont rendu compte au général ».

     

    Défaite de Commaire....

     

      Quelle déculottée ! Voici le contexte :

     

       Le 3 février, Stofflet ne séjourna pas à Beaupréau, il quitta cette ville pour aller à Chemillé, le 6 février il est à Vézins puis se dirige vers le Coudray-Montbault en direction de  Coron et de Vihiers. Il se heurte aux Bleus, les Vendéens restent maîtres du champ de bataille. Bertrand Poirier de Beauvais nous dit qu'après avoir défait le Général Carpentier dans un premier combat il se heurte à une colonne venant de Mortagne.

      «  Je ne me sentais pas assez fort pour charger Carpentier ; outre son escorte, il y avait encore plus loin d'autres cavaliers qui semblaient l'attendre. J'allais m'en retourner, lorsque le marquis de Carabas et Meunier, de Cholet, s'avancent comme des étourdis ; ils étaient plus que compromis s'ils fussent restés seuls, j'avance alors avec ceux qui étaient avec moi pour les soutenir,

      Carpentier, en voyant notre mouvement, se mit très près de la voiture et tira dedans à brûle-pourpoint quelques coups de pistolet, ce qui nous parut singulier ; il se retira ensuite sans qu'il se passa rien entre lui et nous.

      Parmi différentes choses qui se trouvaient dans la voiture, nous trouvâmes une ou deux petites tonnes de cartouches, Il paraît que Carpentier croyait, en tirant, y mettre le feu. Nous revînmes à Vihiers, emportant précieusement nos cartouches, et l'armée se mit en marche pour retourner à Vézins, d'où nous étions partis le matin.

      Le commandant de Mortagne avait été averti de nos desseins ; il avait sur-le-champ dépêché à notre poursuite  le plus de troupes qu'il avait pu, afin de nous prendre en queue, pendant que nous attaquerions le Coudray-Montbeau. Mais notre marche ayant été plus rapide, notre succès également, ils ne purent nous atteindre.

      Au soir en revenant, nous les rencontrâmes entre Vihiers et le Coudray. Nos soldats se battirent merveilleusement bien, de façon que nous obtînmes une nouvelle victoire aussi complète que celle du Coudray-Montbeau . Nos cavaliers poursuivirent les républicains assez loin, malgré la nuit et les fatigues de cette journée du 6 février ».......

     

    Par ailleurs, on connait par Savary (Tome III, p. 158 & 159), la missive officielle de Carpentier à Commaire depuis Doué-la-Fontaine :

     "Il paraît que l'ennemi, qui m'a attaqué hier, a été instruit que le reste de ma brigade, détaché à Mortagne et qui devait rentrer à Vihiers, marchait de Chollet pour faire sa jonction avec moi. Il est retourner sur ses pas et a attaqué cette demi-colonne qu'il a rencontrée entre le Coudray-Montbault et Vihiers. Contrainte de céder à la force, après une longue résistance, elle a été forcée de se replier. Vingt de ces braves militaires sont venus, à travers les bois, me rejoindre à Doué où ils m'ont rendu compte.

    Dans ce moment, j'apprends que les brigands se sont portés sur Chollet, que l'affaire même s'engage. Je fais partir la majeure partie de ma cavalerie pour aller à la découverte."

     

    Défaite de Commaire....

     

    Sources : Archives Départementales de la Vendée - SHD B5/8 .3.5 – 5 février. Mémoires inédits de Bertrand Poirier de BEAUVAIS, commandant Général de l'Artillerie des Armées de la Vendée – publiés par le Comtesse de la Bouëre – les Editions du Choletais 1983- Savary « Guerres des Vendéens et des Chouans… »,1825-1827, reprint Pays & Terroirs. Photo de l'auteur.

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

                                                      


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