• Corpe - L'arbre de la liberté....

                    

    Leur déchéance sera telle, qu’ils adoreront des arbres...

     

     

    Corpe - L'arbre de la liberté....Le 3 Frimaire de l’an 10 (mardi 24 novembre 1801), dans la commune de Corpe, près de Luçon, en Vendée ; un réactionnaire, ou bien un citoyen, frappé par un éclair de lucidité dans sa dipsomanie (in vino veritas), s’en prend à l’arbre sacré et le Préfet n’est pas content.

    Gros soulagement du Préfet Jean-François-Honoré Merlet, dans son deuxième courrier : il s’agit d’un agriculteur violent, complètement bombardé, qui s’en est pris à l’arbre… Ouf !  « Mon copain le chêne... »

    Parent avec Caffin et Grignon, généraux des Colonnes Infernales, Merlet n’est pas un révolutionnaire sanguinaire, mais un fin diplomate, partisan d’une monarchie constitutionnelle, il mettra son intelligence au service de son département et ramènera, pendant l’Empire, un calme relatif entre les partis.

     

    N°312 – Cabinet du Préfet  - Premier courrier.

     

    « A Fontenay, ce 9 Frimaire de l’an 10. 

    Le Préfet du Département de la Vendée - 

    Au Citoyen Linard, adjoint de la commune de Corpe. 

     

    J’ai bien reçu, Citoyen, la dénonciation du délit commis contre l’arbre de la Liberté de votre commune que vous m’avez adressé le 3 de ce mois ; mais vous ne m’en avez point nommé l’auteur, quoiqu’il vous soit connu : une acte de cette nature étant très condamnable et devant être puni de quatre années de détention aux termes de la loi du 24 nivôse an 6 ; je vous invite à me désigner le coupable, et à m’instruire des motifs qui ont pu porter à ce délit. 

    Quelle est sa moralité, quelle a été sa conduite pendant la révolution, a-t-il pris part à l’insurrection de la Vendée, était-il ivre quand il a abattu l’arbre de la Liberté, était-il seul, avait-il des instruments qui annonceraient un dessein prémédité, l’a t-il fait de jour, ou de nuit ? 

    Enfin je vous demande les détails les plus circonstanciés et je les attends pour prendre ma détermination. 

    Je vous salue sincèrement. » 

     

     

    N°320 – Cabinet du Préfet -  Deuxième courrier.

     

    « A Fontenay, ce 17 Frimaire de l’an 10.   

    Le Préfet du Département de la Vendée - 

    Au Ministre de la Police Générale 

     

    C.M, 

     

    « J’ai l’honneur de vous instruire que je fus informé le 3 de ce mois par le maire de la commune de Corpe, près Luçon que l’arbre de la liberté venait d’être coupé.

    D’après les renseignements que j’ai pris sur ce fait, j’ai su que l’individu auteur de ce délit était un cultivateur du lieu connu pour être très violent, sans que jamais cependant il ait pris part à l’insurrection de la Vendée et ait donné sujet d’inquiétude aux patriotes : le maire en me donnant de nouveaux détails, présume qu’il était ivre. 

    Quoique ce fait isolé et n’est le résultat d’aucun complot dans la commune de Corpe qui a toujours été paisible et s’est constamment bien conduite pendant les troubles civils ; je viens par un arrêté de ce jour de renvoyer le dénoncé par devant le magistrat de sureté de cet arrondissement, pour qu’il aie à le traduire devant les tribunaux. 

    J’aurai soin de vous informer des poursuites qui auront été faites et de leur résultat.  

    Salut et respect. »

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 399 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/17 – vues 386/511.- 3 Frimaire de l’an 10  - 24 novembre 1801. 

    .Gravure : Jean-François-Honoré Merlet – préfet de Vendée. De Wikipédia.

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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