• Compléments sur Saint-Clémentin....

     

    Compléments sur  l'histoire de Saint-Clémentin…

     

    Compléments sur Saint-Clémentin....

     

     

     

    « SAINT-CLÉMENTIN

    Lettre de M. Moifgas, Avocat & Feudiste, à Mortagne, bas Poitou, à M. Jouyneau Defloges.

     

    J'ai lu avec plaisir dans vos Feuilles, M., l'Histoire particulière de quelques lieux de cette Province ; & j'ai fait réflexion plusieurs fois depuis que ce seroit le moyen le plus sûr d'en donner un jour une exacte & complète de la Province entière, en en donnant une de chaque lieu, avec les anecdotes les plus intéressantes ; c'est ce qui me détermine à vous adresser une Notice sur le bourg de St-Clémentin, situé sur la petite Rivière d'Argentone, Sénéchaussée de Poitiers & Diocèse de la Rochelle. Cette Terre a le titre de Châtellenie & relève à hommage lige d'Argenton-Château, qui en est à une lieue & demie. La Baronie d'Argenton-Château relève de celle de Mortagne qui en est à 8 lieues. Cette dernière relève de la Duché-Pairie de Thouars, & cette Duché-Pairie reporte au Roi, comme, je crois, toutes les Duchés-Pairies.

    Le plus ancien Seigneur connu de St-Clémentin, qu'on trouve dans les titres de cette Terre, est Messire Jean de Montours, Chevalier, en 1402. Montours est dans la paroisse de St-Hilaire-d'Echaubrogne, Sénéchaussée d'Angers, & Diocèse de la Rochelle, dont Jean de Montours étoit Seigneur. La Terre de St-Clémentin fut saisie réellement sur les enfans de feu Joachim de Montours, à la Requête de Messire François de Champelain, Chevalier, Seigneur de Cerveau, en 1579, & à lui adjugée en 1582 en partie, & il acquit le surplus par échange la même année. Cette Terre fut encore mise en saisie réele vers la fin du 17e siècle & adjugée sur Messire Charles de Champelain, Marquis de Courcelle & Dame Marie de Neuville sa mère, à Dame Marie Mauras, épouse non commune en biens de Messire Guy-René de la Ville de Ferrolles, Chevalier, Seigneur des Dorides. Elle est possédée aujourd'hui par Messire Marie-François-Charles-Antoine de la Ville de Ferrolles, Chevalier, Seigneur des Dorides, Chevalier de l'Ordre Royal & Militaire de St-Louis, Lieutenant au Régiment des Gardes Françoises. Il porte, d'argent, à la bande de gueule, deux Lions pour supports.

    Il y a à St-Clémentin un Prieuré en Commande, de l'ordre de St Benoît, possédé aujourd'hui par Messire Avice de Mougon, Prêtre, Doyen de St-Laud d'Angers. Il est Curé primitif. Ce Prieuré étoit autrefois chargé de donner tous les ans aux Pauvres de la paroisse 30 charges de blé. Il fut ordonné par l'Evêque de la Rochelle en 1662, qu'il auroit douze Prêtres qu'il dénomme, pour acquitter les Services de ce Prieuré, auxquels le Prieur étoit tenu de donner à chacun 150 # par an. Cette somme ne suffiroit pas aujourd'hui ; aussi n'y a-t-il plus pour ce Service que deux Prêtres, le Curé & le Vicaire. Le Prieur devoit en outre, à cause de l'Aumônerie de St-Jacques, réunie à son Prieuré, avoir cinq lits & de la paille pour les Pauvres, & fournir un Clerc pour l'instruction & prédicament desdits Pauvres.

    Il y a dans la paroisse de St-Clémentin, outre ce Prieuré, deux autres Prieurés simples, celui de Primard, à la présentation de M. l'Evêque de Nantes, & celui de Pouillet, à la présentation d'un particulier du pays ; plusieurs Chapelles, savoir, celle de N.D. de grâces, où on va dire la première Messe de deux Dimanches un ;  cette Chapelle est éloignée de l'Eglise de quelques 100 pas ; celle de St Ouin, à 40 ou 50 pas au-dessus, où on va en dévotion le jour du Patron ; celle de St-Jean de Cerveau, qui est dans l'Eglise, & dont le Service a été transféré en 1771 ou 1772, au Château des Dorides, paroisse des Aubiers ; celles de Bretette & des Sigonneaux : Les Confrairies du St Sacrement, du Rosaire & de St MIchel. Il y a sous le grand Autel un Caveau, dans lequel est un Tombeau de pierre où reposoit, dit-on, le Corps de St Clémentin, qui fut enlevé dans le temps des guerres civiles ; on ignore ce qu'on en fit.

    Il y a dans ce bourg plusieurs foires & marchés, comme vous l'avez annoncé dans votre Feuille du 11 Décembre 1777. Il paroît qu'il a été beaucoup plus considérable qu'il n'est aujourd'hui, si on en veut croire ce que disent les anciens du pays, & si on s'en rapporte aux vestiges des maisons, qui subsistent encore aux environs de ce bourg, que l'on qualifioit dans les anciens titres de Ville ; mais je crois que c'étoit l'usage des 13e & 14e siècles de qualifier ainsi presque tous les bourgs ; ou peut-être a-t-on traduit ainsi le mot Latin Villa, dont les Notaires se servoient indifféremment pour exprimer Ville ou Bourg, lorsqu'ils rédigeoient tous les actes en Latin, quoiqu'ils ignorassent entièrement cette Langue ; ce qui se prouve par les mots suivans, dont ils se servoient ordinairement, par exemple, una pieca terrae, une pièce de terre ; unum arpentum, una boessella mésona, quelquefois maisona, une maison ; unus jardinus, un jardin, &c. Villa, chez les premiers Romains, signifioit une métairie, une maison de campagne qui avoit du revenu. Quoiqu'il en soit, il est certain qu'on donnoit, il y a quelque siècles, le nom de Ville, à presque tous les Bourgs. »

     

     

     

    Affiches de Poitou - du Jeudi 7 janvier 1779, BNF Gallica.


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