• Cinquante vendéens à Bourgueil....

     

                                                            

    - Juin 1793 - 

    Cinquante cavaliers vendéens s'invitent à Bourgueil en Indre et Loire.

     

     

                            

     

    Cinquante vendéens à Bourgueil.... Le Dimanche 9 juin 1793, c'est la prise de Saumur par les Vendéens. Ils trouvent aux abords du château soixante pièces de canons et dans le château vingt mille fusils, cinquante mille livres de poudre, cent cinquante barriques de salpêtre, des caisses d'assignats etc...

     

      « L'enthousiasme des paysans était si grand que rien désormais ne leur paraissait impossible. Ils se flattaient que, sous peu de jours, ils allaient être maîtres de la France entière ; les chefs partageaient  la confiance de leurs soldats. Les plus enthousiastes, pour faire parade de leur audace, exécutèrent plusieurs entreprises hardies, pendant que leur armée resta à Saumur.

      Cinquante cavaliers, ayant appris qu'une foire avait lieu à Bourgueil, parièrent avec quelques camarades qu'ils iraient se promener impunément, toute la journée, au milieu de la foule. Ils y arrivèrent, en effet au grand galop en criant : Vive le Roi ! Se rendirent à la mairie et enjoignirent aux autorités de préparer cent mille billets de logement pour cent mille Brigands qui devaient, affirmaient-ils avec la plus grande assurance, venir faire étape le soir, dans la ville, en marchand sur Paris. Cette injonction faite, ils mirent leurs chevaux dans les auberges, s'acheminèrent joyeusement vers la foire, la sillonnèrent dans tous les sens, et, pour en imposer encore davantage à la multitude effrayée, ils traînèrent bruyamment leurs sabres sur le pavé. Au soir, ils remontèrent sur leurs chevaux et regagnèrent la ville de Saumur, sans qu'aucun d'eux n’eût été inquiété. Ils furent très fiers de la réussite complète de leur équipée ». (Témoignage de Louis Brard).

     

      On peut situer cette scène le mardi 11 juin 1793, car les Vendéens ne restèrent que quelques jours à Saumur : « Le marché se tenait aux halles tous les mardis et il y avait trois foires par an : le 18 janvier, le 29 juin et le 1er août ». (Bourgueil – Trois Siècles d'Histoire - de Jean Goupil de Bouillé – Editions Jeanne Laffitte, 1981 - Bourgueil au XVIIIe, page 70).

     

      Cet événement a du causer une certaine émotion à un certain notable de Bourgueil : un personnage peu reluisant, traître à son Roi, le Conventionnel et régicide Albert Ruelle.

     

      « Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et jusqu'en 1791 Bourgueil a abrité dans ses murs quelqu'un qui en France joua un très grand rôle en des temps difficiles.

      Albert Ruelle, dont nous voulons parler, naquit à la Chapelle Blanche le 25 juin 1754. Il était fils d'Albert Ruelle, Notaire Royal et de demoiselle Françoise Avril, et avait épousé à Bourgueil, demoiselle Marie-Jeanne Lejouteux ; cette dernière vivait encore en 1845. Notaire Royal à Bourgueil, sénéchal de Brain-sur-Allonnes, juge au Tribunal de Bourgueil, et ensuite président de ce même tribunal, il fut élu député suppléant à l'Assemblée Législative en 1791 mais ne siégea pas. Réélu le 6 septembre 1792, membre de la Convention, il vécut les mauvais jours de la Terreur et comme beaucoup d'autres eut peur pour sa vie. Quoique faisant partie du groupe des Jacobins, hommes exaltés et violents qui reconnaissaient pour chefs les indignes et misérables hommes qu'étaient Robespierre, Danton et Marat, ordonnateurs des Massacres de Septembre, à l'Abbaye, aux Carmes où périrent 1.400 personnes, hommes, femmes et enfants, massacres qui durèrent cinq jours, il ne les approuvait pas ». (Peut-être, mais par sa lâcheté devenait complice de ces massacres).

     

      « Comme membre de la Convention Albert Ruelle prit part au Régicide. En 1794 après avoir constaté que les choses allaient vraiment trop vite lorsqu'il s'agissait de la vie de citoyens français, il fut le premier à faire entendre la voix de la raison et ne craignit pas de protester ouvertement contre les abus du Tribunal révolutionnaire et les agissements de Fouquier-Tinville. De tout son pouvoir il contribua et de façon directe en qualité de secrétaire de la Convention à assurer le succès du 9 thermidor (27 juillet 1794), date mémorable qui rendait au peuple de France une liberté inconnue depuis 4 ans et conduisait à la guillotine Robespierre le Tyran, l'être exécrable qui n'avait règne que par elle.

      Seul, l'instinct de la conservation avait réussi à grouper contre Robespierre, alors à son apogée de terroriste, tous ses amis, en particulier Billaud-Varennes, Tallien l'ami de Ruelle, représentant du peuple en Touraine, qui fut remplacé à Tours par le fameux Guimberteau, à cause de son modérantisme, Barrère, Fouché, Barras etc... Ruelle en contrecarrant les dessins de Robespierre se montra opposé aux Hébertistes qui eux trouvaient la Révolution trop douce et auraient voulu  faire de la Terreur un système continuel de gouvernement. Son but était de modérer les ardeurs révolutionnaires de certains, de faire la paix avec les puissances étrangères et de rendre la tranquillité à la France.

      Envoyé dès 1793 en mission dans l'Ouest de la France il assista au conseil de guerre tenu à Saumur où fut traitée la question d'attaquer les Vendéens par Nantes ou Saumur, annonça les premiers succès de l'armée des côtes de Brest et la défaite des Vendéens sous Nantes, où il avait fixé le lieu de sa résidence. Dans cette ville il ordonna, nous ne savons pour quelle cause, l'arrestation et la traduction à Paris du représentant Coustard, député de la Loire-Inférieure qui fut mis hors la loi. Coustard fut arrêté dans la Vendée, conduit à la Conciergerie, accusé avec la Gironde et supplicié avec d'Orléans, Philippe-Egalité. Les Nantais qui l'aimaient avaient pourtant tout mis en œuvre pour sa justification, mais rien n'avait pu adoucir le cœur de ses juges (accusateurs). Dans ce même temps la ville de Nantes vit les horreurs du spectacle que lui offrait le monstre de Carrier, spectacle connu sous le nom de ''Baignades de Nantes'' où, à l'aide de bateaux à soupapes, il faisait noyer lentement hommes, femmes et enfants, au nombre dit-on de 32.000.

      Carrier avait débuté par diverses missions en Normandie et en Bretagne, il ne vint d'abord à Nantes qu'en passant ; il y revint le 19 octobre 1793 et y fut maintenu jusqu'au 14 février 1794. Le représentant Ruelle essaya de le calmer, disant que les mesures prises par lui étaient injustes et barbares, Carrier s'emporta et le traita de '' b...... de Révolutionnaire à l'eau douce''.

      Ruelle fit publier en Vendée le décret d'amnistie voté par la Convention, qui fut reçu avec joie dans cette province, rendit la liberté à la famille de Charette et chose qui eut une grande influence sur la pacification de l'Ouest, fit annuler tous les jugements non exécutés rendus contre les Vendéens. Retourné à Paris, il rendit compte de sa mission et en fut félicité. »

      « Le 12 Floréal an VIII, le Premier Consul nomma Albert Ruelle, sous-préfet de Chinon, et il prit possession de son poste le 9 prairial, charge qu'il occupa jusqu'à sa mort subite, le 30 janvier 1805, à l'âge de 52 ans. »

      « A Bourgueil, l'acheteur de biens nationaux, Ruelle reçut chez lui divers représentants du peuple, notamment son ami Tallien, puis Choudieu, Richard, Bourbotte, Louis, Nicolas Turreau de Linières également Conventionnel et Régicide, cousin de Louis, Marie Turreau des ''Colonnes Infernales'', le bourreau de la Vendée. Ce Louis, Nicolas Turreau se signale par les massacres de Noirmoutier du 3 janviers 1794 et l'incendie des faubourgs de Saumur...

     

      Pour terminer, une vue actuelle de la place des halles, ''la place des Vendéens traîneurs de sabres'', ancienne mairie et Justice de Paix de Bourgueil datée de 1828. Cet édifice dresse ses trois colonnes et son triangle maçonnique face à l'église Saint-Germain, comme un défi à Dieu. La conception de cet édifice étant l'oeuvre d'un certain Tallonneau, maire de Bourgueil, encore toute une histoire...

      La symbolique de cet édifice est criante de vérité, la République étant vraiment la fille de la Franc-Maçonnerie. A l'époque, pour l'initié, lorsque vous entriez dans la mairie de Bourgueil, vous franchissiez le seuil du temple maçonnique... mais combien de ''citoyens'' en sont-il conscients, même aujourd'hui ? Tout un symbole jeté à la face de Dieu !

     

    Cinquante vendéens à Bourgueil....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Sources: Histoire de la Guerre de la Vendée par l'Abbé Deniau, curé de Saint-Macaire-en-Mauges sous la direction de Dom Chamard Prieur de l'Abbaye de Saint-Martin de Ligugé TOME II - Siraudeau Editeur à ANGERS, page 213. Monographies des villes et villages de France. Les Fastes de Bourgueil ses Gloires par Georges Coupard – le livre d'Histoire – Paris 2008 – pages 103 à 111.. - Photos de l'auteur. 

                                                                

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets. 


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