• Chouteau, guide bleu....

    Le 29 Messidor de l'an II,  

    Un guide Patriote abattu d'une balle à Montilliers.

     

     

     

    Chouteau, guide bleu....En juillet 1794 un camp républicain est établit à Concourson. De cet endroit, les ''bleus'' « formèrent des patrouilles et sortirent de leur camp soit par détachements divers avec officiers en tête, soit en simples maraudeurs ».

     « Les paroisses voisines eurent beaucoup à souffrir de leurs incursions ; les Patriotes des villes voisines leur servaient principalement de guides. Ces Patriotes, ennemis acharnés des Vendéens se livraient quelquefois contre eux aux actes de la plus grande férocité. Aujourd'hui nous allons à la rencontre de l'un d'eux : Pierre-Charles Chouteau de Trémont dont nous avons découvert l'acte de décès daté du 29 messidor de l'an II (17 juillet 1794) et qui a été abattu d'une balle, sans autre forme de procès, par les Vendéens.

     

    «  Le 29 messidor de l'an second de la République Françoise s'est présenté à notre municipalité de Trémont René Mancel assisté de Louis Colonier, Victor Coquin et Charles Nombalais domiciliés de cette commune lequel nous a déclaré que Pierre Chouteau mary de Cécile, Marie Cebron avait été tué d'une balle dans la commune de Montilliers, allant en guide pour y conduire une patrouille de hussards, à l'âge de trente ans. D'après cette déclaration que les susdits dénommés ont attesté véritable nous avons dressé le présent acte. Le déclarant ainsi que les témoins ont signé avec nous fors ceux qui ne savent ».

     

    Signé Coquin Maire

     

    Chouteau, guide bleu....

     

     

    Quatre témoins, fichtre ! Dont deux Coquin, un témoin et le maire, en poussant la plaisanterie plus avant; nous pourrions parler d'une ''bande de coquins''... On ressent quand même... comme une certaine ''émotion'' parmi les amis de Chouteau..... à qui le tour ? Qui sera le prochain sur la liste ?...

     

    Nous en serions resté là si Monsieur l'Abbé Deniau n'avait pas évoqué cette affaire, mais il semblerait qu'il n'ait pas été au courant de la mort de Chouteau...

    «  En messidor de l'an deux, une patrouille républicaine envahit le bourg de Montilliers, y égorge plusieurs blessés royalistes sur les bords du Lys où elle trouve Moron du Grand-Senil, le fils Devy de la Répétellière et trois jeunes garçons, occupés à la pêche ; elle les massacre tous les cinq et regagne Trémont. Quinze jours après, une autre patrouille, ou la même peut-être, se disposait à revenir encore sur les mêmes lieux pour y renouveler ses cruautés. Cette nouvelle arrive aux oreilles de Rottier, habitant de Tigné, qui faisait nuitamment le commerce de la petite mercerie ; il se hâte d'en avertir ses amis ; et trente hommes du Voide et de Montilliers, qui veulent faire payer aux Républicains le sang qu'ils ont versé, vont aussitôt se blottir dans les jardins du prieuré, situés à l'extrémité orientale de ce dernier bourg, sur la route de Cernusson. Jean Grangereau, Gelineau, de Montilliers, et Silard, de la Salle de Vihiers, sont de ce nombre. Ils barricadent l'extrémité de la rue que les Républicains doivent parcourir, et établissent, à l'entrée, une forte chaîne faite de branches entrelacées qu'ils laissent traîner à terre, mais que l'un d'eux est chargé de relever aussitôt après le passage de la patrouille ennemie pour lui couper la retraite. Les Républicains au nombre de quinze cavaliers guidés par Chouteau, de Trémont, arrivent au galop, donnent dans le piège et voient aussitôt se dresser contre eux une trentaine d'armes à feu. Hommes et chevaux, tous tombent frappés à mort, à l'exception de Chouteau qui réussit à s'échapper, et d'un jeune hussard qui se trouve engagé sous son cheval. Les Royalistes qui auraient voulu faire payer à Chouteau la peine de son indigne fonction, courent après lui pour le saisir ; mais ils ne peuvent prendre que le jeune hussard qui, à la vue des baïonnettes dirigées sur sa poitrine, demande grâce. «  C'est bien à toi, gredin, reprennent les vainqueurs, qu'on accorde la vie, à toi qui venait pour nous la ravir ainsi qu'à nos femmes et à nos enfants ». On sursoit cependant à son exécution et on l'emmène sur le Voide, chez Guilbault, cultivateur au Boisménier. Il croit un instant qu'on va le renvoyer, et, pour exciter la pitié à son égard, il représente qu'il est un conscrit, qu'on l'a enrôlé malgré lui. «  Mais répond Silard, qui t'a donc forcé à venir à la maraude ? C'est peut-être toi qui as sabré Moron, Devy et trois enfants ? Si on te relâchait, demain peut-être tu ramènerais ici tous tes complices ; et tu leur ferais connaître notre retraite ! - Vois-tu reprit Gelineau, cette maison au trois quart brûlée, c'est peut-être toi misérable, qui y a mis le feu ! N'est-il pas juste que tu subisses la peine de tes crimes »? La fille du métayer touchée de compassion à cause de la jeunesse du prisonnier, intercède pour lui ; elle n'est pas écoutée. Puisqu'il faut mourir, dit alors le Bleu, qu'on m'amène un prêtre ! » Tous, excepté Silard et Gelineau, accueillent sa demande, Mais où trouver M.Robineau ? Se disent-ils ; M Robineau était le seul prêtre qui était alors caché dans la contrée. » Pas tant de sollicitude pour un gueux semblable ; tiens, voilà qui va te confesser , » repartit Silard en frappant la terre avec la crosse de son fusil. Le métayer Guilbault élève la voix à son tour, et voyant que ses observations sont inutiles, il leur défend de l'exécuter à sa porte. Silard et Gelineau le conduisent dans la lande voisine et le fusillent à bout portant. »

     

    C'en est terminé du récit de Monsieur l'abbé Deniau. On a cru que Chouteau s'était tiré d'affaire, mais il avait bien reçu une balle dans le corps à Montilliers et il en est mort. Qui a tiré ? Nul ne le sait, en définitive tout le détachement ''bleu'' a été neutralisé, il n'y eut aucun survivant.

     

    Chouteau, guide bleu....

     

     

    En conclusion, un mot sur Pierre-Charles Chouteau, journalier. Il est né le 7 mai 1763 à Saint-Hillaire-du-Bois, s'est marié le 24 novembre 1789 à Trémont avec Cécile, Marie Cebron-Cesbron, née le 8 novembre 1759 à Trémont et y est décédée le 13 novembre 1808.

     

    Sources : Archives Départementales du Maine et Loire commune de Trémont , tous droits réservés – Histoire de la Guerre de la Vendée, Abbé Deniau . Tome IV page 555.556 - Photos de l'auteur. Gravure : Hussard de Bercheny en 1789, gouache du Colonel Barbier.

     

     

     Xavier Paquereau pour Chemins secrets.

     

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