• Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

                                                            

    Une Messe clandestine qui tourne mal, 

    Chéméré-le-Roi, le Dimanche 7 floréal de l'an 3

     

                       

    Le Dimanche 26 avril 1795 (7 floréal an3), Monsieur l'abbé Bachelier, prêtre réfractaire, va célébrer la Messe à la Grande-Guyonnière, chez la famille Leduc à Chéméré-le-Roi. Dès le début de l'office, les Républicains envahissent le domaine et prennent en otages, l'abbé Pierre Bachelier, le fermier, Pierre-Jean-Joseph Leduc et son fils aîné Jean-René Leduc. Ils ont été dénoncés par un bon voisin...

     

    Pierre-Jean-Joseph Leduc est né le 17 novembre 1730 à Chéméré-le-Roi. Il est le fils d'Honorable Homme Pierre III Leduc, Sieur de la Grande maison, négociant et de Demoiselle Marie-Perrine Thuillier, originaire de Saulges.

    Il exerce la profession de marchand itinérant et de fermier à la Grande-Guyonnière. 

    Il a épousé à Préaux, Louise Chantelou, née vers 1745, fille de Nicolas Chantelou et de Louise Robin, décédée le 26 août 1796 à Chéméré-le-Roi. De cette union sont issus :

     

    1° Louise-Jeanne Leduc, née le 20 septembre 1768 à Chéméré.

    2° Marie-Nicole Leduc, née le 1erseptembre 1771 à Chéméré.

    3° Jeanne-Mathurine Leduc, née le 2 août 1773 à Chéméré.

    4° Jean-René Leduc, né le 7 janvier 1775 + 30 mai 1778 à Chéméré.

    Jean-René Leduc, né le 9 janvier 1777 à Chéméré et † le 18.3.1852 ) à Chéméré, propriétaire.

    6° Pierre-René Leduc, né le 21 juillet 1778 à Chéméré.

    7° Guillaume-François-Jean Leduc, né le 6 janvier 1780 à Chéméré.

     

    Voici donc la composition de cette famille au moment des faits.

    La Grande Guyonnière sur le cadastre de 1834...

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

          Sur l'IGN moderne :

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

         Et en vue aérienne Géoportail :

    Chéméré-le-Roi, messe clandestine....

     

    Suite à cette dénonciation, les soldats décident de transférer à Laval les trois prisonniers afin qu'ils soient jugés......

     

    « On montre encore à la Grange-Coyère l'endroit où un prêtre réfractaire, l'abbé Bachelier, se cacha à plusieurs reprises. Avant 1791, il était titulaire d'un bénéfice dans la paroisse de Chéméré-le-Roi. Pour se soustraire aux recherches dont il était l'objet, il se réfugiait tantôt sur une commune, tantôt sur une autre, ne quittant chaque cachette que lorsqu'il ne s'y croyait plus en sûreté.

    Il sut ainsi, pendant plusieurs années, échapper à toutes les poursuites. Mais le Dimanche 26 avril 1795, au moment où il allait célébrer la messe à la ferme de la Grande Guyonnière en Chéméré-le-Roi, il fut arrêté par un détachement de soldats et de gardes nationaux de Ballée. Qu'une dénonciation avait mis sur ses traces. En même temps furent arrêtés le fermier nommé Leduc et son fils aîné âgé de 16 ans. Les soldats résolurent de conduire leurs prisonniers à Laval et se mirent avec eux en route pour cette ville.

      Arrivés au bourg de la Cropte, le détachement s'arrêta pour dîner et enferma l'abbé Bachelier et ses deux compagnons dans un toit à porcs. Après leur repas arrosé, paraît-il, de copieuses libations, les soldats retirèrent leurs captifs du toit à porcs et reprirent le chemin de Laval. Mais ils n'avaient pas quitté le territoire de la commune qu'ils s'arrêtèrent à nouveau. Craignant que leurs prisonniers ne fussent graciés par le tribunal de Laval, ils se jetèrent sur eux, les percèrent à coups de baïonnettes, les dépouillèrent complètement, puis, les laissant sur le terrain, retournèrent à Ballée.

    L'abbé Bachelier et Leduc père étaient morts ; mais le jeune Leduc* respirait encore. Revenu à lui après le départ de ses meurtriers, il se traîna péniblement jusqu'à la ferme la plus proche dont les habitants, émus de pitié, le recueillirent, lui donnèrent généreusement les soins que réclamait son état et le tinrent caché jusqu'à sa complète guérison. Mais la commotion morale éprouvée par le jeune homme avait été telle, que pendant de longs mois, il resta dans un état complet de prostration et que sa raison, en fut profondément altérée pendant plusieurs années.

    Quant aux cadavres de l'abbé Bachelier et de Leduc père, ils furent inhumés la nuit suivante dans le cimetière de Saint-Denis-du-Maine. On dit que plus de cinq cents chouans assistèrent à cette sépulture. »

     

      Les auteurs de ce massacre d'une sauvagerie inouïe : La garde nationale et les républicains de Ballée, les Chasseurs de la 6ème demi-brigade d'infanterie légère.

     

    * Jean-René Leduc a survécu à ses blessures, il est décédé à Chéméré-le-Roi le 18 mars 1852 où il était propriétaire. 

     

    Sources:Archives Départementales du département de la Mayenne tous droits réservés; bases monographiques communales de la Cropte, vues 15,16/19. Les registres paroissiaux et d'état civil de Chéméré-le-Roi et de Préaux. Cadastre de 1834 Chéméré-le-Roi, la Grande Guyonnière, tableau assemblage vue 1/1 – Géoportail, la Grande Guyonnière aujourd'hui – Article de la Maraîchine Normande du 20 août 2015 - Photo de l'auteur.                                                                     

                                                             

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 

     

     

     

     

     

     

     


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