• Breuil-Chaussée, une singulière anecdote....

     

    Breuil-Chaussée, une singulière anecdote...

     

     

    Voici une petite histoire bien méconnue dans le Bocage, concernant Breuil-Chaussée, village sur lequel nous n'avons que peu d'informations.

     

    C'était au plus fort de la Terreur, au mois de Janvier 1794.

    Un officier républicain, qui commandait le camp de Chiché, apprenant qu'une messe doit se célébrer dans le prieuré de Breuil-Chaussée, envoie 40 hussards pour dissiper cette assemblée antipatriotique.

     

    MM. de Richeteau et de Feu, les chefs de l'affaire des Moulins-Cornet, s'étaient placés en sentinelles au haut du clocher, pendant la célébration du saint sacrifice.

    Au milieu de l'office, apercevant les hussards qui s'avançaient sur la route de Bressuire, ils poussent le cri d'alarme. La panique s'empare aussitôt des femmes et des enfants, qui s'enfuient de tous côtés. Le prêtre reste seul à l'autel, s'abandonnant au sort que la Providence lui réserve.

    MM. de Richeteau et de Feu descendent précipitamment du clocher pour saisir leurs fusils à deux coups, qu'ils avaient laissés au bas de l'escalier, et s'élancer à la rencontre de l'ennemi. Mais déjà les deux enfants de choeur, dont l'un, Alexis des Nouhes, n'avait que 11 ans, s'étaient emparés de ces armes, et revêtus encore de leurs surplis, ils s'étaient embusqués derrière le mur de clôture du cimetière, en face de la route suivie par le détachement républicain.

     

    A l'arrivée des hussards, les deux enfants déchargent en même temps les quatre coups de leurs fusils. Les hussards épouvantés, se croyant tombés dans une embuscade, tournent bride et s'enfuient, au grand galop de leurs chevaux.

    Les deux petits choristes, soldats improvisés, sont acclamés par toute l'assemblée, dont ils sont proclamés les sauveurs. (1)

     

    (1) Notes manuscrites d'Alexis des Nouhes, de Saint-Fulgent.

     

     

    Extrait

    Le Martyre de la Vendée

    pendant la révolution

    L.-P. Prunier, Chanoine

    1902

     

     

     

    On notera qu'il est peu probable que le monsieur de Richeteau dont il est question ait été celui de l'affaire des Moulins de Cornet, celui-ci ayant été fusillé à Thouars le 28 août 1792 si l'on en croit les mémoires de la Marquise de la Rochejaquelein. D'autre part, qui était le curé qui officiait à cette messe ? Le curé Dubin de Grandmaison, desservant de Breuil-Chaussée était-il revenu de la Virée de Galerne en janvier 1794 ? C'est peu probable même si l'on sait qu'à son retour, il desservira pendant quelque temps la paroisse de Saint-Jouin-sous-Châtillon.

     

    Il y aurait un petit article à faire sur Breuil-Chaussée dont l'histoire nous a livré quelques noms, comme ceux de René Turpin et René Ligonière, exécutés à Nantes, les 4 et 6 janvier 1794, René Robin, capitaine, ou François Merceron, qui participa au soulèvement de 1815 et qui fut portraituré par Louise de la Rochejaquelein.

     

     

    RL

    Janvier 2014

     

    L'église de Breuil-Chaussée sur le cadastre de 1811 avec son cimetière.

    Breuil-Chaussée, une singulière anecdote....

     

    L'église de nos jours.

     

     

    Breuil-Chaussée, une singulière anecdote....

     

     

     

     


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