• Branche d'Or chez son ami Rousseau....

                                

                             Sur les chemins de Galerne…                            

         Branche d’Or chez son ami Rousseau de Touvois.

     

     

      Branche d'Or chez son ami Rousseau....L’audace des brigands royaux s’accroît.

     

      La commune de Benais, qui englobe une partie du hameau de Touvois, va recevoir la visite des chouans et deux notaires sont pris en otages par Branche d’Or. A cette époque, Rousseau est tenancier d’une auberge dans le bourg de Benais...

     

      Jean-Denis-Philbert Micault, originaire de Franche-Comté, notaire, agent municipal de Benais et Vice Président du District de Langeais, est séquestré dans l’auberge de Rousseau. On menace de lui « faire sauter la cervelle » et forcément il adopte un profil bas.

      Philippe Phelippes, son adjoint, ex-notaire royal, sous la menace d’être fusillé avec sa femme et ses enfants, rejoint Micault dans l’auberge de Rousseau…

     

      « Le 8 fructidor (25 août 1799) les brigands de Branche d’Or font une incursion dans la commune de Benais. Ils se rendent chez Rousseau sur les 2 à 3 heures du matin et demandent une bouteille de vin à Rousseau qui leur a ouvert la « croisée ».

      Plusieurs individus entrèrent par la fenêtre quand Rousseau se mit en devoir de leur ouvrir la porte. Ils burent et allèrent coucher dans le grenier.

     

      Branche d’Or connaissait particulièrement Rousseau et l’aurait interpellé : « comment mon ami, Rousseau, ne me connais-tu pas ? c’est moi qui me suis trouvé chez toi à Touvois, où je suis resté pendant trois ans ». Il avait même embrassé Rousseau.

      Micault, agent municipal de la commune de Benais, se disposait à se rendre à Bourgueil pour avertir la municipalité de l’invasion des brigands, quand deux individus « habillés de rouge, ayant chacun un fusil à deux coups lui crièrent : « Halte-là, si tu fais un pas de plus, je te fais sauter la cervelle… il faut nous suivre à l’auberge de Rousseau ».

     

      Sur le refus de Micault, ces deux individus rentrèrent chez l’agent pour y déjeuner et envoyèrent chercher l’adjoint Philippe (Phelippes). Celui-ci avait appris de la femme Rousseau, qui allait chercher de la viande pour les brigands, que ceux-ci avaient envahi l’auberge de son mari.

      Sous menace d’être fusillé avec sa femme et ses enfants, il fut obligé d’aller chez Micault. Celui-ci dut répondre sur sa tête et celle de sa famille du plus petit mouvement. Branche d’Or, reconnu par bon nombre de citoyens de Benais, menaça d’incendier la commune, déclara d’ailleurs qu’il était suivi à peu de distance par trois compagnons.

      Branche d’Or déjeuna son fusil entre les jambes, fit beaucoup de démonstrations, tira son poignard, proféra de nombreuses menaces et finit par quitter Benais en défendant à Micault de sortir de son logis avant midi. Comme dernières paroles, il s’écria : « Vous direz à l’administration municipale de Bourgueil que les chouans à Benais sont un détachement de la compagnie de Branche d’Or ».

     

      A la nouvelle des incursions des chouans et du coup de main de Benais, l’administration départementale d’Indre-et-Loire avait envoyé l’un de ses membres Bastard-Desmée en qualité de commissaire civil dans le canton de Bourgueil. »

     

      On constate qu’à Bourgueil...

     

      « A Bourgueil, l’administration municipale montre une certaine mauvaise volonté dans la lutte contre les brigands. Houel, ancien bénédictin de l’abbaye de Bourgueil, commissaire du Directoire auprès de l’administration municipale du canton, a déclaré que la France ne pouvait se passer d’un roi.

    Tallonneau, président de l’administration, n’est pas partisan de la République. Les administrateurs pactisent avec les contre-révolutionnaires, protègent les prêtres réfractaires, les émigrés. Tallonneau a déjà été « destitué pour incivisme de sa place de receveur d’enregistrement ». Il a fallu les sollicitations des patriotes pour que des mesures soient prises contre les rebelles. Houel n’exécute la loi de conscription qu’à son corps défendant. La majeure partie des habitants du canton a peu d’enthousiasme pour les idées républicaines.

     

      Ce tableau, peut-être un peu poussé au noir, est cependant repris par les citoyens de Tours, qui s’indignent de l’enlèvement des acquéreurs de biens nationaux et de l’audace des brigands. Les paysans déclarent « n’avoir jamais vu les chouans, ce sont les auxiliaires des chouans ».

     

      « Un tableau poussé au noir » ?

     

      Non, pas tellement, vous avez vu dans l’un de mes derniers billets, comment la bande de Branche d’Or a fait une descente chez Louis Rideau, le 30 fructidor… et comment les Bleus se sont vengés en prenant le Sieur de Laval de la Morellerie comme otage.

     

      Les deux notaires ont survécus à la prise d’otages, puisque Jean-Denis-Philbert Micault, né à Villeneuve d’Amont dans le Doubs, est décédé à Bourgueil le 18 mars 1837 à l’âge de 84 ans, et Philippe Phelippes est décédé à Benais le 30 mars 1821.

     

    Branche d'Or chez son ami Rousseau....

    Branche d'Or chez son ami Rousseau....

    Branche d'Or chez son ami Rousseau....

    Branche d'Or chez son ami Rousseau....

    Sources :

     

    . Archives Départementales d’Indre et Loire, tous droits réservés – Registres d’état civil de Benais et Bourgueil.

     

    . Chouans et Brigands de Touraine de R. Vivier avec la collaboration de H. Picard – illustrations de Georges Troussard de 1927. - Pages 58, 59 et 60.

     

    . Photos de l’auteur : Les lieux sympas de Benais

      1° Châtelet d’entrée du château de Benais.

      2° Vieilles maisons près de Chavannes.

    Crédit photo du site de la Mairie de Benais-Patrimoine.   

      3° Le manoir de l’Argenterie à Benais.   

      Affiche du film les Chouans.                                                    

                                                              

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets


  • Commentaires

    1
    Christelle
    Dimanche 14 Février à 09:20
    Merci pour cette article j ai vécu 15 ans dans le château que de souvenirs
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