• Bivouac de Touvois, le 30 ventôse an II....

     

     

     Bivouac de Touvois, le 30 ventôse an 2.

     

     

    Bivouac de Touvois, le 30 ventôse an II....Opération de ''routine'' en Vendée, le 30 ventôse an 2 (Jeudi 20 mars 1794).

     L'adjudant-général Dominique, Joseph Aubertin, est né à Lunéville le 28 avril 1751. Il s'engage au régiment de Beauce en 1767. Par sa conduite et son mérite exemplaire il devient officier sans fortune avant la Révolution. Sans autre protection que son mérite, en 1791 il est fait Chevalier dans l'Ordre Royal et Militaire de Saint Louis.

    En 1792-93 il est aux combats de Jemmapes, Quievrain, Mons, Bruxelles, Namur. En 1793 il est en Vendée sous les ordres de Westermann ; il est présent aux deux combats au Bois-du-Moulin-aux-Chèvres.

    En janvier 1794 il est Adjudant-Général, chef de brigade et il commande l'une des 12 colonnes infernales pour rechercher Charette et reste très silencieux et muet sur les exactions des Colonnes Infernales …. juste un courrier nous indiquant qu'il fait incendier le village de ''Rivière'' près de Touvois en Loire-Inférieure..... et qu'il a l'intention de tout incendier sans rien excepter.

    En 1795-96, il fait campagne à l'armée de Moselle et prend sa retraite en 1797 suite à plusieurs blessures et une infirmité grave après trente années de services. Il décède à Lunéville le 21 avril 1825 à l'âge de 74 ans.

    Voici une lettre écrite à son camarade Jean Prudhon ce 30 ventôse alors qu'il se trouve au bivouac à Touvois en Loire-Inférieure.

    Jean Prudhon est né à Montcenis en Saône-et-Loire, en 1775 il est soldat au régiment de Beauvoisis, sergent en 1779. En 1787, il est caporal aux Gardes-Françaises et congédié en 1788. En 1789 il est sous-lieutenant dans la Garde Nationale Parisienne, puis lieutenant en 1790, capitaine au 3e bataillon des Volontaires de Paris (un ramassis de pouilleux), la lie du ''Peuple'. La Révolution ? c'est ''l'ascenseur social'' de ces gens qui ne feront même pas une carrière militaire correcte sous l'Empire, en effet on le retrouve lieutenant-colonel en second le 31 décembre 1791 et chef de brigade le 4 août 1794. En 1797 il est chef de brigade, commandant la 7e demi-brigade de ligne...... puis.... licencié en 1799, réformé en 1800 et admis à la retraite définitive en 1811. Une carrière militaire qui, en fait s'est résumée à la guerre de Vendée avec son cortège d'horreurs, d'assassinats, de viols, de vols, d'incendies... la ''Lumière'' quoi !  Ces idées nouvelles, les Vendéens les ont reçues à la lueur des torches des incendiaires !

     

     «  Au bivouac de Touvois le 30 ventôse l'an 2 de la République Française, Une et Indivisible.

    Aubertin à son camarade Prud'hon ».

     

    «  En conséquence de l'ordre que j'ai reçu hier matin du général Haxo datté du 28 du Pont-James. Je suis parti trois heures après avec sept cent hommes tirés de Machecoul pour me porter à mon choix au Val de Morière ou à Touvois.

    J'ai préféré d'après les renseignements qui me sont revenus me porter à Touvois pour couper la marche des Brigands dans leur fuitte ; arrivés à environ deux heures dans ce dernier lieu, nous avons trouvés à peu près de trois à quatre cent de ces foutu-gueux, une quinzaine de cavaliers et quelques femmes en bataille sur un terrein difficile à aborder de suitte. Aussitôt qu'ils ont apperçu notre résolution à courir dessus, ils ont abandonné fusils, fourches, bâtons, picques et générallement tous leurs sabots pour se sauver dans la forêt de Touvois, mais mes tirailleurs avec ma petite cavalerie avaient pris le devant pour leur couper le chemin de la forêt, ce qui a parfaitement réussi. Cent sont restés sur le carreau, on y compte des prêtres, le reste a échappé par les faux-fuyants. Bon nombre de montres et de porte-feuilles ont été la récompense. Je me suis porté de suitte au village de la Rivière où avait dit-on couché Charet ; je l'ai fait brûler, tandis que je faisais fouiller cette forêt dans toutes ces parties. Je suis en grande mesure. Je vais m'occuper encore à la fouille de cette forêt en attendant que je recoive des ordres du Général ; je ne sais où le trouver pour communiquer avec lui.

    Tu connais le lieu où il est, transmets lui ma lettre,

    J'attends sa dépêche jusqu'à deux heures à Touvois.

    J'irai prendre position ce soir entre la forêt de ce nom et celle de grande Lande à Riche-Bonne, je ferai incendier tout, je n'excepterai rien, tous les lieux de ce canton sont des repaires.

    J'attends impatiemment de tes nouvelles je te salue mon camarade bien fraternellement ».

    signé : Aubertin.

     

    Bivouac de Touvois, le 30 ventôse an II....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Sources : Touvois- Adjudant-Général Aubertin SHD.B 5/8-89- 20 mars Archives Départementales de la Vendée, cadastre de Touvois 1839 , tous droits réservés. Archives militaires de la Guerre de Vendée conservées au service Historique de la Défense (Vincennes) – Mémoires sur la Guerre de la Vendée du général Hugo- Photo de l'auteur.

    Sur Aubertin, voir également ici.

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets

     


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