• Benaston....

    Benaston…

     

    Nous livrons ici une petite notice sur Benaston, village de Chavagnes-en-Paillers, situé au Sud-Ouest de celui-ci. Dans la deuxième partie de l’article, on trouvera le compte-rendu d’une messe dite dans l’actuelle chapelle du lieu en 1937.

     

    RL

    Avril 2016

     

     

    BENASTON

     

    Ce village, situé à 2 kilomètres au sud-est du bourg et dont le véritable nom est PERTUIS-DE-BENASTON, a été cité comme ayant été autrefois un endroit important. Tous les vieux titres le qualifient d'ancien bourg. Les vieillards disent eux-mêmes que ce fut une ville à laquelle on donnait le nom de Doué ou de Bouesse. Cette prétention peut paraître un peu exagérée ; mais il est évident, du moins, que Benaston fut fortifié à une époque plus ou moins reculée. On reconnaît facilement la ligne que suivaient l'enceinte et le fossé extérieur qui en défendait l'approche. Cette enceinte forme un pentagone à peu près régulier, en dehors duquel le village se trouve aujourd'hui. A chaque angle, une élévation plus considérable semble indiquer l'emplacement d'une tour. Cependant nulle part on n'aperçoit de pierres, et de grands arbres fruitiers croissent sur ces éminences. Des personnes âgées prétendent avoir vu des restes de pont-levis.

    Dans l'enceinte, et près de l'angle sud-est, existait une chapelle dont les murs épais et élevés se sont écroulés vers 1792, faute d'entretien. Elle renfermait trois autels : la cloche, placée dans un campanile, au-dessus de la porte, avait été transportée dans l'église de Chavagnes peu avant la révolution. Une petite porte conduisait vers un cimetière, dont on a retrouvé des traces à quelque distance. Un four banal était près de cette chapelle.

     

    Non loin de là, une chaussée de 24 mètres de longueur, bordée de fossés et ayant assez de rapport avec ce qu'on appelle en termes de fortification une caponnière, conduit à un espace ovale de 60 mètres sur 45, également entouré d'un fossé, et qu'on nomme le château. L'absence de murailles se fait encore remarquer en cet endroit. Néanmoins, en creusant, l'on y rencontre des débris de tuiles et de poteries, ainsi que des pierrailles qui semblent avoir subi l'action du feu. On affirme même avoir trouvé une porte cintrée à une certaine profondeur, il y a une trentaine d'années.

    Benaston est assis sur un sol très-plat et en même temps très-boisé ; il est traversé par l'ancien chemin qui conduisait de Montaigu aux Essarts. Peut-être est-ce de cette position que lui vient le nom de Pertuis de Benaston. Du reste, toutes les routes qui aboutissent à Benaston présentent une particularité remarquable : elles sont d'une largeur considérable aux abords du village, et tout à fait disproportionnée avec la largeur habituelle des chemins de traverse, dans cette partie de la Vendée.

    Une maison située près du fossé, hors de l'enceinte, portait autrefois le nom de maison de la ligence ; là se payaient plusieurs droits seigneuriaux. Cette maison était bâtie, dit-on, sur la limite même des seigneuries de Montaigu et de l'Étang. Cette assertion est curieuse à rapprocher du dicton populaire dans la commune, et suivant lequel :

     

    « Sans Benaston

    Montaigu ne serait pas baron. »

     

    On ajoute que Benaston ne devait à Montaigu qu'une rente de trente ou quarante sous.

    Il s'ensuivait de là que Benaston était une châtellenie, puisque l'article 2 de la Coutume de Poitou dit : "Et à ce que aucun se puisse dire comte, vicomte ou baron, convient qu'il ayt sous luy aucuns vassaux, un ou plusieurs qui ayent droit de châtellenie". On trouverait donc probablement quelque indication relative à Benaston dans la charte d'érection de Montaigu en baronnie. Malheureusement cette pièce n'a pu jusqu'ici être retrouvée.

     

    Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest - Années 1841-43 - p. 290

     

    On notera la probable présence des anciennes douves sur le cadastre de 1838. Qui saura les retrouver sur la vue aérienne Géoportail ?

     

    Benaston....

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    LA MESSE JUBILAIRE A BENASTON

     

    Dans notre vie, Dieu se plaît à transformer parfois les plus petites circonstances, en sources de bénédictions.

    C'est ainsi qu'au matin du 15 mars 1912, la voiture qui m'amenait à Chavagnes, aux Brouzils prit la route de Benaston et non l'autre voie, parce qu'elle était en chargement. En soi, cette circonstance paraît toute banale, mais au point de vue surnaturel de ma vie de curé, elle prend une réelle importance.

     

    Par l'autre route, jamais je n'aurais été inspiré de venir, le 15 mars de chaque année, célébrer le Saint-Sacrifice au sanctuaire de Notre-Dame du Sacré-Coeur, pour mettre sous la protection de la Sainte-Vierge la nouvelle année pastorale et y recueillir une bénédiction d'encouragement et d'espérance ; et le 15 mars 1937, je n'aurais pas été le témoin d'une manifestation religieuse, qui m'a profondément ému.

     

    Je comptais, en ce vingt-cinquième anniversaire de mon arrivée, ne trouver à Benaston qu'une chapelle ornée de simplicité et une cinquantaine de bonnes âmes et d'enfants en prière devant l'autel de Notre-Dame.

    Ma surprise fut donc très grande, lorsque j'aperçus une allée d'arbustes verts, depuis l'entrée du village jusqu'au sanctuaire dont la façade était enguirlandée, ainsi que l'intérieur de la chapelle. Et pour donner à la messe qui allait être célébrée une solennité extérieure plus importante : les chanteuses de l'église paroissiale s'étaient, elles aussi, rendues en pèlerinage près de Notre-Dame du Sacré-Coeur, pour Lui offrir le cantique de leur filiale affection et recueillir la bénédiction de la Céleste Trésorière de Jésus.

     

    Je ne cache pas que devant tous ces apprêts, mon souvenir s'est porté sur celle dont Dieu s'était servi pour y faire aimer en ce coin de paroisse la Vierge Marie dans une mesure bien consolante. Très grande aurait été la joie de Marie Debien, en voyant la foule entassée dans sa chapelle, en entendant les chanteuses de la grande église glorifier leur Mère du ciel, et en voyant s'approcher de la Sainte Table un si grand nombre de personnes.

     

    En ce lundi de la Passion, l'Évangile de la messe rappelait la parole du Divin Maître : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive". Qu'il était bon de réfléchir sur ces paroles de Jésus, auprès de l'autel de Celle qui est appelée l'Aqueduc des bénédictions de son Coeur et à cette heure, la Vierge Marie n'avait devant Elle que des âmes qui soupiraient vers un amour plus grand envers son divin Fils.

     

    Quand la messe fut terminée et Notre-Dame du Sacré-Coeur spécialement invoquée, un petit garçon du village, au nom de tous ceux qui demeurent dans ce milieu de paroisse dont Notre-Dame est la Reine particulièrement aimée, exprima dans un langage aussi respectueux que délicat, les sentiments que leurs âmes chrétiennes professaient à l'égard de leur Curé. Et au nom de tous encore, le Conseiller Municipal du quartier présenta comme souvenir de ce jour de fête un beau service de lingerie de messe à l'usage du Célébrant.

     

    En présence de cette scène touchante de simplicité et d'affection respectueuse, qui se passait devant l'autel de Marie : le Pasteur de Chavagnes pouvait-il faire autre chose que de remercier Notre-Seigneur qui lui avait confié de si bonnes âmes et que de prier sa Mère de répandre sur elles ses plus chères bénédictions.

     

     

    AD85 - Bulletin paroissial de Chavagnes-en-Paillers - 1937

     

    L’actuelle chapelle de Benaston (vue Google Maps) :

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