• Attaque de dilligence par "Tranquille"....

     

                                                            

    Le 11 thermidor de l'an 7, au village de Suette, Maine et Loire, 

    les gendarmes sont attaqués par quatre vingt royalistes. 

                

      

     

    Attaque de dilligence par "Tranquille"....Les Affiches d'Angers du mois de Thermidor de l'an 7 nous informent que la diligence et dix gendarmes escortant des conscrits déserteurs sont attaqués simultanément par quatre vingt royalistes au village de Suette près de Seiches-sur-le-Loir et à la sortie de Bourgneuf à la Chapelle-Saint-Laud, pour la diligence qui venait de quitter le relais de poste. Le relais de poste de Bourgneuf est situé à une lieue de celui de Suette. 

      Quatre gendarmes sont tués en ce lundi 11 thermidor de l'an 7 (29 juillet 1799).

     

      Ce genre d'attaque correspond tout à fait aux méthodes de Jean Châtelain dit le général Tranquille qui, après le désastre des armées Vendéennes au Mans en 1794, a rejoint les chouans du pays de la Flèche sous les ordres de Bourmont et combattra les républicains de 1794 à 1815 dans cette région. Il fut nommé Maréchal de Camp à la Restauration.

      Les Affiches d'Angers relatent les faits à la date du 12 thermidor, c'est une erreur, car les actes de décès sont rédigés à Seiches-sur-le-Loir le 11 thermidor.

     

      « Le 12 de ce mois, entre midi et une heure, dix gendarmes des brigades d'Angers et Durtal étaient réunis à Suet, et ayant sous leur garde quatre conscrits déserteurs ; qu'ils conduisaient à Angers, ont été investis par environ 80 chouans qui les ont sommés de se rendre. Les gendarmes ont répondu qu'ils ne se rendaient point à des brigands ; et retranchés dans la maison où ils se trouvaient, ils ont soutenu avec un courage héroïque, un combat de plus de 3 heures. Les cris de fureur, les menaces faites par les chouans d'incendier la maison, la paille et le bois préparés à cet effet, rien n'a pu ébranler leur courage ; malheureusement trois d'entre-eux n'ayant pu se réunir à leurs camarades, ont été surpris et massacrés à coups de bayonnettes. Un autre a été tué d'un coup de feu dans le grenier d'où il combattait. Les brigands ont enlevé neuf chevaux tous équipés. Le dixième a été tué. Une colonne républicaine de deux cents hommes de la 4e demi-brigade, que le général de brigade Siscé avait fait partir fort heureusement d'Angers, dans la nuit du 11 au 12, et à laquelle il avait ordonné de se porter sur Suet, en passant par Mazé, arriva dans l'entrefaite, et dispersa, dès son apparition, la horde de brigands  qui, dans ce moment fouillaient la diligence du Mans*, qu'ils venaient d'arrêter, et rendit à la république six braves qui ont ramené à Angers les prisonniers confiés à leur garde**.

      La troupe ayant poursuivi les brigands avec les gendarmes délivrés, a fait mordre la poussière à douze d'entre-eux, en a blessé un égal nombre, et fait un prisonnier emmené à Angers : nous avons à regretter un brave militaire de la 40e.

      Vingt-cinq dragons se portèrent sur Suet, dès qu'on apprit à Angers que les gendarmes étaient assiégés. »

      Curieusement, le maire de Seiches-sur-le-Loir s'étant déplacé sur les lieux, ne découvre que les cadavres des gendarmes et celui d'un domestique, peut être étranger à l'affaire, victime d'une erreur de tir ?.... ou un chouan ??? (cf. actes de décès)

     

     « *La diligence fut arrêtée à une lieue au-dessus de Suet, par un nombre considérable de gens armés qui l'ont enveloppée, et qui l'on escortée jusqu'à une portée de fusil de ce village ; ils ont volé au conducteur une somme de 400 frs, un paquet appartenant à un militaire, et l'ont contraint de décharger sa voiture pour y prendre une caisse de 200 livres de poudre dont ils dirent avoir eu avis. 

      ** Les noms des quatre malheureux gendarmes que nous avons à regretter, sont les cit. Meslet, l'aîné, de la brigade d'Angers, Cosson, brigadier à Suet ; Guyon de la même brigade ; et Valet de la brigade de Durtal. »

     

     

     Voici les actes de décès : Actes regroupés sous les numéros 20.21.22.23.24.

     

      «  Aujourd'hui onze thermidor an sept de la république française une et indivisible. Moi, Louis Duchesne agent municipal de la commune de Seiches, sur la clameur publique annonçant qu'il avait été tué plusieurs particuliers en cette commune dans le combat fait entre les chouans et la gendarmerie et une colonne mobile composée de quelques compagnies de la quarantième demi-brigade de ligne ; ce jour sur les trois à quatre heures du soir. Je me suis transporté au village de Suet en cette commune où j'ai trouvé plusieurs gendarmes des brigades de Durtal et Angers qui m'ont déclaré que par le résultat du combat malheureux qu'ils avaient eu avec les chouans, les citoyens ci-après nommés avaient été tués :

     

    1° François Dion, gendarme à la brigade de Durtal, natif de la commune de Lézigné,,,  âgé de cinquante un ans, époux de ….... Quélon, fils de Jean Dion et de …... Boisard son épouse.

    2° André Valet aussi gendarme de la brigade de Durtal, natif de Saumur, âgé d'environ quarante cinq ans, époux de Marie-Victoire Morant, fils de André Valet et de Marguerite Mauxion son épouse.

    3° Jean-Baptiste Meslet, gendarme de la brigade d'Angers, natif de la commune d'Angers, âgé d'environ quarante quatre ans, fils de Mathurin Meslet et de Renée Cocu son épouse.

    4° Jean-Jacques Cosson, brigadier de gendarmerie à la résidence de Seiches, ….... réunie alors à celle d'Angers, âgé d'environ quarante trois ans, natif de la commune de Vallé (Ballée), département de la Mayenne, fils de Jean Cosson et de Marie Leprecq son épouse.

      Après m'être assuré du décès des quatre gendarmes le brigadier idem sus-nommés, je me suis transporté au bourg de Seiches ou je trouvé le corps du ci-après nommé qui a été tué par les soldats de la dite colonne mobille en croyant que c'était un chouan qui s'évadait devant-eux. Ce citoyen était garçon domestique chez le citoyen Villeneuve*, demeurant à Couet en cette commune, il se nommait Bernet......, natif de la commune de …........., âgé d'environ.........., fils de …..... Bernet et de......... son épouse.

      De tout quoi, j'ai rédigé le présent acte les dits mois et an que dessus. »

                                                                                           signé Duchesne.

     

      * Anne-Françoise de Villeneuve de Coué, née le 11 septembre 1741 à Seiches-sur-le-Loir est fusillée le 1er février 1794 au champ des Martyrs à Avrillé.

     

      Voici une autre version des faits et quelques anecdotes concernant Jean Châtelain dit la général Tranquille :

     

      « Le 21 juillet 1799, 80 chouans sont signalés au port de Maison Neuve : un endroit, où la veille, une patrouille de cinq gendarmes n'avait rien suspecté. Sans rencontrer de résistance, les rebelles avancent jusqu'au bourg et abattent l'arbre de la Liberté. A Suette, ils renversent la ''barrière'' puis s'introduisent dans le poste des gendarmes, s'emparent de quatre chevaux avec leurs harnais et d'une vingtaine d'armes. Des maisons sont visitées pour y prendre de la nourriture. Pendant une heure environ les ''brigands'' commettent leurs méfaits avant de se rendre dans le bourg de Corzé, qu'ils désarment, et de traverser le Loir à la métairie de la Ténébrière en utilisant la charroyère. Le lendemain de cette chaude journée, l'assemblée de canton parvient à se réunir en vue de commenter l'événement et d'envisager les mesures à prendre. Mais le président Olivier maîtrise mal les débats et rien n'en ressort. Dix jours après, le 14 thermidor an VII (1er août 1799), 50 à 60 nouveaux francs-tireurs envahissent Suette, s'emparent de deux chevaux chez Antoine Renou, meunier, et de harnais chez Michel-Henry Peltier et Harmange, maître de poste aux chevaux. Parmi ces chouans se trouvait probablement Jean Châtelain dont on a retenu le souvenir de ses incursions à Suette sous forme d'histoire comme celle dite du général Tranquille. »

     

      « Le 13 octobre 1799, un chouan très connu, Tranquille (le général Tranquille de son nom Jean Châtelain) est attablé dans une auberge à Suette, entouré de ses camarades quand « … entrent les gendarmes, après avoir attaché leurs chevaux près du sien (il s'appelait ''cocotte''). Discrètement, le chouan fait signe à ses compagnons de couper les sangles des chevaux des gendarmes. Puis, l'air tranquille, lui-même monte à cheval et crie à la maréchaussée : ''Vous cherchez Tranquille ? Le voilà !'' Les gendarmes bondissent sur leurs montures et, dit l'histoire, Tranquille partit le cœur joyeux de voir tant de gros talons de bottes en l'air ! » Louis Maucourt, Seiches-sur-le-Loir. p.260.   »

     

      Et..... le 6 novembre 1799, la malle porte est encore attaquée par les brigands entre Suette et le Bourg-Neuf.......

     

    Sources: Archives Départementales de Maine-et-Loire, tous droits réservés. Les Affiches d'Angers – thermidor an  7, vue n°11- Registre des décès de l'an 7 de la commune de Seiches-sur-le-Loir, vues n° 127,128 – Carte générale tirée de Histoire des Guerres de la Vendée de Monsieur l'Abbé Deniau – Siraudeau éditeur, édition 1878 - Et fouett'cocher ! La poste aux chevaux de Suette près Seiches-sur-le-Loir de Jacques Béguin, groupe de recherche historique de ''l'Université angevine du temps libre'', Cheminements 2006. Voir article du général Tranquille de la Maraîchine Normande. - Photos de l'auteur.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins secrets 

     

     

    Le relais de poste du Plat d'Etain au Bourgneuf commune de la Chapelle Saint Laud, Maine et Loire : 

    Attaque de dilligence par "Tranquille"....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Route royale sens  Angers- le Mans- Paris, vue du relais de poste du Bourgneuf :

    Attaque de dilligence par "Tranquille"....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le relais de poste de Suette à Seiches sur le Loir- cadran solaire daté de 1779 :

     

    Attaque de dilligence par "Tranquille"....

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tombe de Jean Châtelain à Echemiré :

    Attaque de dilligence par "Tranquille"....


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