• Attaque d'un convoi républicain Nantes-Tiffauges....

     

    Attaque du convoi républicain Nantes-Tiffauges, 

    le 1er Germinal de l'an II (suite).

     

    Première partie ici.

     

     

    Le premier Germinal de l'an 2 (Vendredi 21 mars 1794), les haies du bocage entre Nantes et Tiffauges vont vomir la mort... Le vendéen est un excellent tireur, chaque coup est ajusté et porte. Les Bleus de Nantes ne parviendront pas à se débarrasser de cet ennemi invisible, sous une grêle de balles ils recevront la mort sans pouvoir la donner.

    Aux massacres des Colonnes Infernales répondent les massacres des embuscades, ce vendredi de Germinal, la garde nationale de Nantes aura à déplorer au moins trente trois morts recensés à ce jour.

    Ce convoi est composé de plusieurs voitures, les écrits de l'époque nous parlent de « deux convois, un de souliers et un de pain, destinés pour Tiffauges qui sont abandonnés au pouvoir de l'ennemi ». La route est longue entre Nantes et Tiffauges, une dizaine de lieues en plein bocage, ce qui représente à peu près une vingtaine d'heures de marche. Nous aurons donc des nouvelles de ce convoi par la colonne Bleue qui évacue Mortagne dans la nuit du 24 au 25 mars (Nuit du 3 au 4 Germinal).

    Attaque d'un convoi républicain Nantes-Tiffauges....

     

    ''L'ambiance'' générale du secteur de Mortagne est la suivante :

     

    « Pendant plusieurs semaines il a été impossible à la commune (Mortagne) et au commandant d'apprendre aucunes nouvelles des Colonnes Républicaines ni des garnisons de Montaigu et Tiffauges et ce qu'il y avoit de plus triste, c'est que tous les cavaliers que le commandant envoyoit en ordonnances ne revenaient jamais ; il y a toute apparence qu'ils étoient massacrés par les Brigands qui obstruoient tous les chemins au point que personne n'osoit voyager (Vue n°3/8 SHD B 5/8-96).

     

    Dans la journée du 3 Germinal, «La garnison ayant besoin de fourrage, détacha deux cents hommes environ pour protéger le convoi. De ce nombre étaient trente à quarante citoyens de Mortagne ; une armée de Brigands qui parut tout à coup, les cerna et les battit de manière qu'il n'en rentra que dix à douze dans la ville... »

    « Nous apprenons qu'à la même époque (début Germinal) deux convois de souliers et un convoi de pain destinés pour Tiffauges sont abandonnés au pouvoir de l'ennemi. » (vue n°7/10 SHD B 5/8-97).

    Attaque d'un convoi républicain Nantes-Tiffauges....

    Le convoi que nous cherchions est enfin identifié, mais le lieu de l'attaque reste inconnu…

     

    Il faudra attendre les années 1796 et 1797 pour voir apparaître les actes de décès des gardes nationaux de Nantes tués dans cette affaire.

    « D'après les rapports faits à l'état major, et le renseignement pris par le commandant de la garde nationale à Nantes, et le certificat de Louis Dufeu adjudant général, commandant provisoirement la dite garde nationale, annexé au tableau des citoyens qui sont morts en escortant un convoi pour Tiffauges, le premier Germinal de l'an second, déposé au bureau des actes civils de cette maison commune etc... »

    Voici les noms des gardes nationaux de Nantes tués dans cette embuscade :

     

    1°  Alexandre-François Chaillou, de Challans, imprimeur en Indienne, époux de Marie-Jeanne Chapillon, 30 ans.

    2°  Yves Ropert, de Josselin, chapelier, époux de Marie Mignen, 46 ans.

    3°  Jean-Jacques Landais, de Saint Nicolas de Nantes, imprimeur en indienne, époux de Donatienne Audrin, 38 ans.

    4°  Louis Coëslier, sabotier, de la Chevrolière, époux de Jeanne-Marie Allain, 34 ans.

     Louis-Marie-Alexandre Plissonneau, graveur sur bois, de Rouans en ce département, époux de Marie-Marguerite-Elisabeth Luneau, 40 ans.

    6°  Georges Poivey, menuisier, sergent, de Faucogney en Haute Saône, époux de Jeanne-Anne-Rose Rezeau, 28 ans.

    7°  Jean Martin, charpentier de moulin, natif de Gorges en ce département, époux de Marie-Magdeleine Jagueneau, 43 ans.

    8°  Clair Gilet, graveur en bois, sous-lieutenant, de Sainte-Croix de Nantes, époux de Marguerite Renaud, 30 ans     .

    9°  Louis-Joseph Pévost, manœuvre, de Saint-Hilaire de Soissons (Aisne), époux de Marie-Anne Martineau, 36 ans.

    10° Pierre-Modeste Gillet, marchand-mercier, de Notre Dame de Versailles (Seine et Oise) époux de Geneviève Henault, 48 ans.

    11° Simon Delvaux, vannier, de Saint-Nicolas de Nantes, 42 ans.

    12° Pierre Renaud, maçon, de l'Ebergement (Vendée), époux de Anne-Marguerite-Félicité Mériais, 28 ans.

    13° René Cuinier, râpeur de tabac, de Saint Similien de Nantes, époux de Marie Léauté, 44 ans.

    14° Charles-Jean-Baptiste Poulin, portefaix, du Déluge (Oise) époux de Marie Ravâche, 39 ans.

    15° Jean-Louis Degage, orfèvre, sergent, époux de Julienne Chauveau, 44 ans.

    16° Jean Châlon, tisserand, de Saint-Rémy-la-Varenne (Maine et Loire), époux de Marie Tournerie, 41 ans.

    17° René Allaire, serger, de Saint-Mars-du-Désert (Loire Inférieure), époux de Perrine Houssais, 56 ans.

    18° François Blandin, jardinier, de Saint Similien de Nantes, époux de Catherine Veillet, 50 ans.

    19° Louis Ade, serger, de Saint Michel de Guérande, époux de Louise Delahaye, 45 ans.

    20° Claude Petit, charpentier de maison, sous-lieutenant, époux de Jacquettte Clermont, de Saint Similien de nantes, 43 ans.

    21° Pierre Bauthamy, jardinier, époux de Françoise Brechet, d'Avessac (Loire Inférieure), 28 ans.

    22° Jean Morillon, serger, de Cugand, (Vendée), époux de Marie Soulas, 33 ans.

    23° Julien Miché, manœuvre, de Granchamps (loire Inférieure) époux de Anne Tempier, 32 ans.

    24° André Prioux, perrayeur, de Vertou, époux de Louise Jolivet, 36 ans.

    25° Louis-Etienne Lechat, maçon, de la Chaussaire (Maine et Loire), époux de Jeanne Gicquel, 44 ans.

    26° Alexis Martin, cordonnier, d'Ancenis, époux de Jeanne-Sophie Meunier, 35 ans.

    27° Pierre Leguen, serger, de Saint Molf (Loire Inférieure), époux de Magdeleine Chauvin,34 ans.

    28° Jean-François Gourdon, imprimeur en indienne, caporal, de Saint Jacques de Pirmil, époux de Marie-Françoise Lécuyer, 31 ans.

    29° René Rocheteau, maçon, de Saligné (Vendée) époux de Louise Hubert, 30 ans.

    30° Jean Enus, peintre, d'Orvault (Loire Inférieure), époux de Catherine Launay, 45 ans.

    31° François Pailluseau, journalier, de Saint-Herblain, veuf de

    Marguerite Corgniet, 34 ans.

    32° Thomas Brelet, coutelier, de Saint Jacques de Pirmil, époux de Marie Claire Petiteau.

    33° Pierre Liverny, cordonnier, 27 ans.

     

     

    Sources: Archives Militaires de la guerre de Vendée conservées au service historique de la défense à Vincennes – correspondances armée de l'Ouest, référencées dans le texte (vue n°7/10 SHD B 5/8-97). - (Vue n°3/8 SHD B 5/8-96).

    Archives de la ville de Nantes – décès an 4 (1796) et an 5, (1797). Section Ponts et outre Loire, cote 1E117, section Egalité et la Fosse, cote 1E118. section Fraternité et Agriculteurs, cote 1E139. section Fraternité et Agriculteurs cote 1E111. section Concorde et Erdre, cote 1E112 et 1E140. Gravure: L'Embuscade de Everiste Carpentier. Photo de l'auteur.

     

     

    Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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