• 1 commentaire
  • La sépulture du général Sapinaud de la Verrie 

     

      

     

        S’il est bien des mystères sur la Vendée, ce sont les sépultures de certains généraux vendéens. D’Elbée, dont le corps est quelque part dans les anciennes douves du château de Noirmoutier, Stofflet dont on a retrouvé le crâne, sa tête et l’un de ses bras ayant été mutilés après sa mort et dont le corps fut abandonné quelque part dans un cimetière désaffecté d’Angers. Lescure, dont je reste persuadé que c’est bien son squelette qui fut exhumé dans l’église Saint-Léonard de Fougères en mars 1963 lors de travaux. Pour Sapinaud de la Verrie, tout le monde connaît les grandes lignes de sa vie et de sa mort tragique. Mort qui n’eu pas lieu, comme on le croit souvent,  à l’emplacement de la croix posée par le Souvenir Vendéen près du pont Charron. Officiellement, ce serait au niveau de « la Prée du Gué » que Sapinaud aurait été tué. Au vu de détails de l’affaire, et les républicains ne s’embarrassant sûrement pas à monter directement vers Chantonnay en passant par le village de la Charpe où ils auraient été repérés de suite, ils passent donc par le pont Charrault tout simplement (la thèse du passage par le gué de la Solissonnière ne tient pas, car on sait que la garde vendéenne du pont, ouvrit le feu.).

     

        M. de Sapinaud, fut tué quelque part le long de l’actuelle route   départementale 31 qui avait sensiblement le même tracé en 1793, non pas au village du Gué, mais un peu en avant, au niveau des Gabardières. Des squelettes furent d’ailleurs découverts par ici en 1910.

     

         Auguste Billaud nous raconte que Sapinaud fut enterré dans le cimetière qui jouxtait l’église de Chantonnay. Impossible… Le cimetière de Chantonnay avait déjà été transféré dès 1610 à l’emplacement de l’actuelle place Carnot. Soit il est aujourd’hui sous la place, soit il fut transféré dans le cimetière actuel dans un ossuaire après la transformation de ce cimetière en place.

     

          Plus probable encore, ses restes se sont fondus avec la Terre…

     RL

                                  Juillet 2011

    La sépulture du général Sapinaud de la Verrie....

    La place Carnot, emplacement de l'ancien cimetière où reposait Louis-Célestin de Sapinaud... Après échanges d'informations avec le site "Brigands du Bocage", il s'avère que des ossements humains furent découverts sous cette place lors de travaux pour le service d'eau.

    La sépulture du général Sapinaud de la Verrie....

     


    4 commentaires
  •  

     Chavagnes-les-Redoux

     

     

     

    Les paroisses de Chavagnes-en-Pareds et des Redoux fusionnèrent en 1673 suite à la visite pastorale de Mgr Nicolas Colbert, frère du ministre de Louis XIV et évêque de Luçon (ce qui me semble erroné, celui-ci ayant été nommé à l’évêché d’Auxerre en 1672…)

     

    L’église de Chavagnes que l’on voit ici, est datée du XIII° siècle même si les premières mentions d’un lieu de culte remontent néanmoins à 1096. Considérée comme ruinée en 1601 après les Guerres de religion, elle fut restaurée en 1636.

     

    L’église des Redoux eut moins de chance : Pillée et détruite en 1562 par les huguenots, il ne resta rien de ses murs ni de son presbytère. Les vestiges d’un château et d’un prieuré ont également disparu. A noter que la métairie des Redoux appartenait à l’abbaye de Trizay en Puymaufrais que nous connaissons bien…

     

                                                                                            RL

    Juillet 2011

     

     

    Principales sources exploitées : Annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée, Léon Audé, 1856.

      

    Chavagnes-les-Redoux....

      

    Le parking actuel, n'est autre que l'ancien cimetière.

      

    Chavagnes-les-Redoux....

      

    Et Pénélope repart mener d'autres enquêtes...

      

    Chavagnes-les-Redoux....

      

    Quelque part aux Redoux...

      

     

      

    Chavagnes-les-Redoux....

      

      

    Chavagnes-les-Redoux....

      

     

       Nous donnons ci-dessous quelques sources qui nous parlent de l'ancienne église des Redoux, aujourd'hui totalement disparue.

     

     RL

    Septembre 2014

     

     

     

    LES REDOUX

     

     On varie sur l'orthographe de ce mot : souvent on trouve Redours, quelquefois Redoulx ; la véritable est Redoux.

     Nous n'hésitons point à y voir un mot purement romain Redux (signifiant "qui est de retour, revenu, ramené.", qui, prononcé à la manière latine, donne Redoux.

     C'était évidemment une habitation ou peut-être un village jeté sur la voie romaine que nous avons reconnue de Saint-Pierre-du-Chemin à Sigournay, allant, suivant nous, de Poitiers à Nantes.

     Les Redoux formaient une paroisse. L'église, comme toutes celles de la contrée, fut pillée et détruite dans les guerres de religion (1562), mais pour ne plus se relever (Thibaudeau, t.III, p. 519). Le presbytère eut le même sort. La paroisse, qui était très-petite, cessa d'être distincte et fut annexée à celle de Chavagnes dans le milieu du XVIIe siècle. A l'organisation des communes, elle resta définitivement réunies à Chavagnes qui, par suite, changea son nom de Chavagnes-en-Pareds en celui de Chavagnes-les-Redoux.

     Indépendamment de la cure, il y avait encore un prieuré. La métairie des Redoux appartenait à l'abbaye de Trisay.

     Enfin ce village avait aussi son château, dont les derniers vestiges, indiqués encore par le cadastre, ont été enlevés il y a quelques années.

     

     

     Annuaire départemental de la Société d'Emulation de La Vendée

     1856 - troisième année

     

     

     

    "Le curé des Redoux, appelé à Luçon par l'évêque, s'excuse de ne pouvoir exercer, parce que, depuis deux ans, son église et sa cure sont ruinées. Il fait remarquer que sa paroisse se trouve située entre Pouzauges, Mouilleron, Chavagnes et Monsireigne, où les protestants et leurs ministres sont puissants. Il ajoute qu'ayant voulu relever son autel, il s'y sont opposés et menacent de le tuer. La situation est la même à Saint-Jacques de Pouzauges, à Tillay, au Tallud, à Sainte-Gemme-des-Bruyères et autres lieux voisins. L'église de Tillay est ruinée."

     

     Revue historique de l'Ouest

     12e année - 1ère livraison 1896

     

     

     

    "... De ces 20 églises deux ont changé de nom : Régné est devenue l'Eglise de Souvigné, La Brouse, celle de Sepvret ; une est descendue au rang d'annexe, Sainte-Eanne ; une enfin a disparu : Les Touches. Cette église était située en bas Poitou et comprenait les paroisses de Chavagnes, Les Redoux, Bazoges, Tillay, Monsireigne, Sainte-Gemme, Chassay et Saint-Martin l'Ars. Il existe aux archives de la mairie de Sainte-Hermine (Vendée) un Registre de l'Eglise Evangélique des Touches, tenu par les pasteurs du bas Poitou de 1775 à 1787. (1) Cette Eglise existait au XVIIe siècle. Elle eut pour pasteur, de 1678 à 1685, Louis Bernardeau qui émigra en Angleterre à la Révocation. ...

     

     Bulletin Historique et Littéraire

     Tome XXXVIII

     Troisième série - Huitième année

     1889

     

      


    3 commentaires
  • Accueil


    1 commentaire
  •  

     Montravers

     

     

     

    Il y aurait bien des choses à dire sur ce petit village jadis nommé « Mautravers ». L’histoire est passée ici de manière magistrale avec les Guerres de Vendée, mais aussi avec la seconde guerre mondiale.

     

    Tout d’abord l’histoire du  curé réfractaire Charles Violleau qui fut déporté en Espagne en octobre 1792 après avoir été arrêté à Pouzauges le 28 août (1). Pendant son absence, de nombreux prêtres des environs assurèrent le saint ministère en cachette, ainsi :

     

     

    -M. Dugué, futur curé de La Pommeraye sur Sèvre.

    -M. Séguin, vicaire de La Tourlandry, caché à la Pommeraye-sur-Sèvre.

    -MM. Michaud et Popot, prêtres résidant à La Pommeraye-sur-Sèvre.

    -M. François, ancien carme du couvent de La Flocellière qui deviendra curé de St-Amand-sur-Sèvre.

    -M. Ogeron, curé de St-Pierre-du-Chemin, réfugié à la Petite-Branle de Saint-Mesmin.

     -M. Grolleau, curé de La Forêt-sur-Sèvre.

     

    M. Violleau était né à La Chapelle-Gaudin près d’Argenton-Château le 2 novembre 1743, il commencera à desservir la paroisse le 31 octobre 1771 mais ne commença à signer « Charles Violleau, curé de Montravers » qu’au mois de mai 1772. Charles Violleau était le frère de Christophe ou Christophle Violleau, desservant de la Chapelle-Gaudin qui fut massacré à la Rochelle le 21 mars 1794. Il est indiqué dans le registre que celui-ci est "décédé d'une émotion populaire"...

     

    Son acte de naissance :

     

    Montravers....

     

    Il officiait évidemment dans l’ancienne église près de l’antique château médiéval tout près d’un cimetière aujourd’hui disparu. La nouvelle église sera construite en 1876 sur le chemin de la Pommeraie-sur-Sèvre. Notre bon curé Violleau s’en reviendra de son exil le 7 août 1802, soit 10 ans après…. Caché entre 1804 et 1806 pour cause de refus de Concordat, il sera arrêté et conduit à Poitiers, puis reprendra possession de ses ouailles. Curieusement, sa tombe n’est qu’à quelques mètres de celle de l’abbé Gabilly qui avait écrit son histoire. Dans les inscriptions effacées de la pierre, on peut deviner « Hic jacet Carolus Violleau, rector hujus parochiae sex et quinquaginta annos. Obiit die vigesima nona jumii anni millesimi octingentesimi vigesimi noni ». « Ici repose Charles Violleau, curé de cette paroisse pendant cinquante six ans. Il mourut le vingt neuf juin 1829 ».

     

    Le capitaine de paroisse au moment des événements  était François Coudrin à partir de 1794. Il recevra en 1817 un brevet et un fusil d’honneur. Toujours est-il que c’est ce jeune homme de 21 ans, originaire de la « Tallerie » de Montravers devient capitaine à partir de 1794. François Coudrin exerce le métier de charron et à déjà fait la campagne de 1793 comme simple soldat. Dans son nouveau grade de capitaine, il sera en activité sans discontinuer jusqu’en 1796. Il reprendra les armes en 1799 et sera encore à son poste en 1815. Il sera blessé d’un coup de sabre au poignet gauche à Luçon en 1793, probablement lors de la troisième affaire du 14 août. Tout le monde connaît le véritable désastre de cette dernière bataille dans la plaine, plus de cinq mille morts chez les Vendéens. L’histoire de François Coudrin se poursuit encore puisqu’il devint maire de Montravers de 1816 à 1825. Beau parcours pour un simple charron, cultivateur à son temps et qui serait resté dans l’anonymat le plus complet sans les événements de 1793. C’est en cette qualité de maire qu’il contresignera les demandes de pension des anciens combattants de Montravers.  Il décèdera en 1838.

     

    La colonne infernale de Grignon fut particulièrement active à Montravers ainsi que nous allons le voir :

     

    Quatre pièces de bâtiment à la cure, toutes les maisons et servitudes des trois métairies entourant le château furent incendiées. Ce qui signifie sans aucun doute le château et l’ église eux-mêmes… Il faut savoir qu’à cette époque le vrai bourg de Montravers se trouve ici. Le cimetière est à l’arrière du château dans ce qui est un champ et les restes d’un élevage moderne de nos jours. Le château de la Tallerie aujourd’hui totalement disparu sera incendié, ainsi qu’une aile du château du Vieux-Deffends (à ne pas confondre avec le Deffends du XIX° siècle). La ferme de la Bertinière fut incendiée et les bestiaux brûlés vifs dans les étables. Le château de la Fillolière fut incendié également mais cette fois-ci, par erreur il semblerait…. En effet, une ferme se situant près du château porte le nom de « La Dorbelière » et les républicains auraient confondu avec « La Durbelière », lieu de résidence de Henri de la Rochejaquelein. En ce qui concerne la Tallerie, c’est là aussi une erreur qui fit incendier le vieux château de la Tallerie qui, tenez-vous bien appartenait à un républicain ! Les bleus avaient reçu ordre de brûler la « Grand’maison » ou vivait la famille Coudrin dont l’un des membres était le capitaine de paroisse…

     

    Un maudit hasard voudra qu’en 1944, les nazis massacreront une famille justement à la Tallerie…. Il en va ainsi de notre belle humanité. Rien n’est pire que de suivre une idéologie….

     

     

    RL

    Juillet 2011

     

     

     

    Notes :

     

    (1) L’abbé Jules  Gabilly dans son ouvrage « Montravers Histoire d’une paroisse du Bas-Poitou », 1910, nous dit qu’il aurait embarqué aux Sables d’Olonne le 23 octobre 1792. En fait une consultation aux archives départementales de Vendée (L 203) nous apprend que c’est le 3 octobre qu’il fut embarqué. 

      

     Accueil

    Tombe du curé Violleau...

      

    Accueil

      

    Et non loin, la tombe du curé Gabilly, historien de Montravers...

     

    Extrait du registre paroissial où le curé Violleau signale son retour après 10 ans d'exil.

     

     

    Montravers....

     

      

     

     


    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique