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    L’ex-Chevalier Voyneau et le curé Barbedette sont 

    considérés comme de dangereux et très mauvais sujets… 

     

      

    Voyneau et Barbedette, mauvais sujets....Le 2 Pluviôse de l’an XI (22 janvier 1803), le citoyen Merlet, Préfet de la Vendée, nous donne son avis sur l’ex-Chevalier Voyneau-Voineau et le curé Barbedette du Grand-Luc* (billet de la Maraîchine Normande). 

     

    N° 650 - Le 2 Pluviôse an XI.

     

      « Citoyen Grand Juge et Ministre,  

     

    Par votre lettre du 25 frimaire dernier, vous me chargez de prendre des renseignements sur la conduite de l’ex chevalier Voineau (1) et sur le prêtre Barbedette, qui vous ont été dénoncés comme très dangereux pour le pays qu’ils habitent. 

    J’ai fait prendre à leur égard par le sous-préfet de Montaigu et par la gendarmerie, toutes les informations les plus étendues : mais il n’est rien résulté de très positif de leurs recherches ; les réponses que j’ai reçues, sont vagues et ne caractérisent aucun fait nouveau de leur part : seulement il paraît qu’ils ont donné des inquiétudes aux bons citoyens à l’occasion de la levée des conscrits et comme dans le canton qu’ils habitent, il y a eu quelqu’opposition momentanée à l’exécution de la loi sur la conscription, opposition, au surplus qui n’existe plus : on l’a attribuée aux mauvaises dispositions et à l’influence des deux individus dénommés. 

      Quoique je n’ai pas acquis de renseignement suffisant pour motiver peut-être dans cette circonstance, des mesures de répression, je dois remonter à des époques antérieures et vous faire connaître les deux hommes. 

    Voyneau a eu un commandement parmi les insurgés lors de la reprise d’armes dans ce pays : quoiqu’avec peu de talent, il s’était fait une réputation, qui l’avait rendu redoutable aux patriotes de la contrée : à la dernière pacification, il choisit la ville de Nantes pour sa retraite, et il agit prudemment, car il s’était fait un grand nombre d’ennemis personnels dans le pays. 

    Il y a environ deux ans plusieurs de ses parents me demandèrent sa rentrée sur sa propriété : je leur manifestai que je ne le verrais revenir qu’avec une extrême répugnance et que je ferai surveiller ses actions, ses démarches avec tant de précaution et de rigueur, qu’il ne pourrait se promette aucun agrément dans son ancienne habitation : l’année dernière ont fit une seconde démarche auprès de moi, je persistai dans ma première réponse et lui fit dire par son frère de reste à Nantes, tant pour son repos, que pour celui de ses voisins. J’ignore s’il a paru secrètement dans le pays, mais je suis assuré qu’il n’y aura pas séjourné longtemps, parce que j’en eûsse été certainement averti, au surplus il n’a aucune influence dan son canton, qui puisse compromettre la tranquilité publique, tout au plus serait-il le sujet de quelque querelle particulière avec des ennemis personnels qu’il avait vexé pendant la guerre civile. » 

     

    (1) « de Voineau – chef de Division – Colonel – Armées Royales - 4ème Corps de la Vendée 1815 – Armée du Bas-Poitou en 1799 – Emigré rentré et compris dans le travail d’organisation de l’Armée de 1814. (vue n°492/634 SHD XV 16-40-25.6.1814). Peut-être s’agit-il de René Voyneau, Chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au Royal Infanterie.  

     

    « Il n’en est pas ainsi du prêtre Barbedette, c’est un mauvais sujet que j’ai toujours redouté et sur lequel j’ai eu constamment les yeux fixés : dès le commencement des troubles civils, il a joué un grand rôle – abusant de l’influence de son ministère ; il a porté toute sa paroisse à la révolte et l’a dirigée, pendant toute la guerre : on lui reproche d’avoir fait verser beaucoup de sang par sa prédication fanatique et incendiaire. 

    NDLA : A ce propos je vous renvoie aux massacres des Lucs-sur-Boulogne afin de bien préciser qui sont les assassins, les fanatiques et les incendiaires.

     

    Il est rentré à la pacification dans un village de la commune qui forme la limite des deux départements de la Loire-Inférieure et de la Vendée et il a conservé un tel crédit sur l’esprit des habitants du canton que ni le préfet de la Loire-Inférieure ni moi, n’avons jugé prudent de le faire arrêter, nous bornant à le faire surveiller en attendant que la paix fût parfaitement consolidée et qu’on pût le faire enlever sans secousse ni rumeur dans le pays : nous en avons plusieurs fois entretenu le Ministre de la Police. Barbedette est d’autant plus dangereux que c’est un homme très fin, qui ne se compromet jamais évidemment, qui mesure toutes ses démarches depuis sa rentrée et qu’il affiche d’ailleurs une sévérité de mœurs qui le fait regarder par les habitants de la campagne comme un saint : lorsqu’à mes yeux ce n’est qu’un adroit scélérat. 

    Le grand Vicaire chargé de l’organisation du clergé et moi ne l’avons point compris dans le projet des nominations parce que nous avons jugé qu’il était de la plus grande importance de l’éloigner du pays, mais le travail n’étant pas encore accepté par le gouvernement, nous l’avons toléré jusqu’à l’époque de l’organisation. 

      La levée de la conscription dans l’arrondissement de Montaigu étant une opération extrêmement délicate, j’ai pensé qu’il serait imprudent de tenter l’enlèvement de ce prêtre avant qu’elle fut finie ; mais les conscrits sont désignés, ils partiront sous 10 jours, j’espère qu’avant deux mois le clergé sera organisé dans mon département, c’est toujours à cette époque que j’ai fixé celle de me débarrasser de Barbedette et certainement pour y parvenir, je réclamerai le secours de votre autorité. 

      Le département étant parfaitement tranquile, soumis aux lois du Gouvernement comme pas un de la République : je ne vois pas qu’il soit urgent de précipiter la mesure, que j’ai toujours en intention de vous proposer ; je crois au contraire plus convenable d’attendre la circonstance qui fera considérer son déplacement comme naturel et légal. 

    Néanmoins Citoyen Grand Juge et Ministre, si vous pensez différemment, si vous avez des motifs plus déterminants, donnez moi des ordres et ils seront exécutés sur le champ.  

    S et Resp. » 

     

     

    Sources : 

     

    .Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues 322,323,324/583.- lettre n°650 du 2 Pluviôse an XI – 22 janvier 1803). 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Pensions et gratifications attribuées aux anciens combattants des Armées Royales de l’Ouest – Tableaux par Corps des Armées Royales – 4ème corps de l’Armée Royale de l’Ouest. - vue 492/634 – de Voineau – Chef de Division – Colonel. 

    . Photo : La Maraîchine Normande.                              

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent…

     

     

    Vouloir circonscrire les événements liés aux Guerres de Vendée à un territoire bien précis, avec des frontières très nettes est une gageure que je ne relèverai pas. Le territoire compris entre Parthenay et Saint-Maixent passe pour avoir été largement acquis aux idées révolutionnaires. Loin s’en faut pourtant, si l’on se fie à ce qui va suivre. J’avais déjà un peu étudié le secteur de la Chapelle-Bâton, pourtant non loin des portes de Niort, avec cet article. Aujourd’hui c’est tout autre chose sur lequel je vous laisse juge.

    Lettres des administrateurs du district de Saint-Maixent au Comité de Salut Public du 30 octobre 1794 (1) :

     

     « Le 9 brumaire l’an 3ème de la république française une et indivisible

    Les administrateurs du district de Maixent.

    Au Comité de Salut Public

    Citoyens législateurs

    Nous vous adressons copie d’une pétition présentée a cette administration par divers membres des autorités constituées et autres patriotes prononcés des communes du nord de notre district qui sont en proie depuis sy longtems ; a la terreur la mieux fondée, au pillage le plus destructeur, aux assassinats les plus atroces. Ces malheureuses victimes de  leurs vertus civiques sont actuellement réfugiés dans nos murs. Ils n’osent en sortir. Il sont informés quon les guette sur toutes les routtes et quon a juré de les exterminer sans miséricorde jusqu’au dernier ; ils n’ignorent pas que nous avons plusieurs fois informé les représentants du peuple près l’armée de l’ouest, le Comité de Salut Public et la Convention elle-même de la désolante position dans laquelle il se trouvent mais le sentiment du mal être qui les tourmente à la vuë de leurs femmes, de leurs enfants, du fruit de leur travaux, en proie à la rapacité, à la rage et à la scélératesse des bandits les excursera sans doute aux yeux de nous sensibles législateurs d’un répétition qui en toute autre circonstance témoignerait pour être une défiance blamable :

    Quant à nous citoyens législateurs nécessairement moins affectés que les victimes immédiates de tant de forfaits dans la crainte d’abuser de vos momens, nous ne répétons pas ce que nous vous avons dit dans nos précédentes adresses ; mais au nom de la patrie et de l’humanité ne perdez pas de vuë que sans les secours les plus prompts et des mesures plus efficaces, les horreurs qui ont presque anéanti le département de la Vendée vont être transportées dans celuy des deux Sèvres. »

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

      

    « Aux administrateurs

    Du district de Maixent

    Citoyens

        Tous les jours de nouveaux malheurs viennent nous affliger, nos maux vonten croissant et nous croirions manquer à la chose publique si nous ne nous en trassions le tableau fidele et si nous ne vous faisions part des moyens que la connoissance des lieux nous fait régarder comme indispensable et très pressants. Jusqu’au sept germinal dernier (27 mars 1794) plusieurs communes audela du Thoué étoient habitables et habitées Cette journée fut célèbrée par le massacre de vingt deux habitans de Seconfigny et de plusieurs gardes nationnalles de l’Absye qui étoient venus à leur secours. Azay, Allone, le Tallud, ne tarderont pas à éprouver le même traitement, Pamplie, le Beugnon, etc. eurent le même sort. La tranquilir disparut des campagnes circonvoisines. De Partenay, les municipalittés forcées de quitter leurs postes il ne resta presque plus de moyens de faire exécuter les réquisitions de tout genre dans le district de Partenay, aux carnages qui à désollé ce malheureux paÿs ajouttés les pilliages, les vols de touttes espèces et particulièrement de chevaux on n’en sauroit désigner le nombre. La mal parut fixé pandant quelques temps sur les communes qui ne cessoient de réclamer des secours. L’impunité d’une part, et nous ne scavons quoi. De l’autre à *** les assassins et les voleurs qui infestoient ces paÿs environ le mois de messidor *** commencèrent àse porter sur Pamplie, la Boissière, Pardoux, Soutier et ont vit voller des chevaux aux portes de partenay, La Payratte, la Fairière, en un mot la rive droitte du Thoué derrière Partenay ne fut à l’abri des incursions. Personne ne si oposoit, personne ne pouvoirt ou ne vouloit s’y opposer. Excités par cette insouciance ou un criminel déguisement des choses, les brigands en moindre nombre ont fait impunément ce qu’ils n’avoient osé toute l’année dernière, dans leurs plus grandes forces. Ils ont entamés ce district. De là  première incursion quie leur pelotons y ont faittes, ils ont emmnés cinq chevaux de la commune de Verruyes, pillé des maisons, maltraittés les habitants et particulièrement les maires des la Chapelle Baston, Augé et leurs collègues n’eurent guère un meilleur sort. Leurs maisons furent investies et a peine échapèrent ils à la mort et au massacre auquel on les avoit dévoués avec assurance. A cette nouvelel, citoyens administrateurs vous vous conser*** avec le commandant de cette place, des détachements furent envoyés à Verruyes et le calme réparut pandant le peu de tems que nos frères d’armes y séjournèrent : leur départ préparar une *** nouvelle pour les habitans de cette commune irittés en quelque sorte par les moyens qu’on avoit employés momentanément pour arrester les progrès du mal, les brigands retournèrent avec une nouvelle fureur. Leurs premiers coups furent dirigés sur le vicaire. Son chapeau percé de deux balles fut heureusement la suitte marquée de tois coups de fusil qu’on avoit tirés sur luy à peu de distance de sa maison (2) ; le denger qu’il venoit de courir les avertissements des menaces qu’on luy faisoit à luy et à ses collègues les déterminèrent avec (à se ?) retirer pour quelque jours dans cette commune, précautions inutilles, les scélérats embusqués dès le matin dans un petit bois sur la commune de Saint Georges les y attendoient et y assassinèrent sur les trois heures du soir un assesseur et le greffier du juge de paix de la (rature et note en marge) du canton qui de rendoient au chef lieu du district. Un officier municipal qui faisoit routte avec ses infortunés échapa à la mort et nut (sic) que son habis percé d’une balle malgré la fusillade qu’il essuya. On le poursuivit néant moins plus d’un quart de lieue. La Rage des assassins ne fut point assouvie par l’effusion du sang de ces malheureuses victimes. La nuit suivante ils se portèrent au bourg de Verruye : la maison commune fut enfoncée, le greffe de la municipalité réduit en cendre et plusieurs maisons forcées ; quelques jours après, la nuit du cinq au six brumaire, trompés dans leur attantes ils ne purent égorger des officiers municipaux et autres braves citoyens chez qui ils se portèrent et qui heureusement avoient quitté leurs demeures. Toutte la furie s’exerça sur les meubles et effets qui se rencontrèrent dans leurs maisons sans doutte ils devoient s’y attendre car on les en avoit menacés de longtemps par des écrits anonimes dont on n’a par aucun moyen reconnoitroit (reconnu) les auteurs. Voilà citoyens administrateurs la situation vray des communes ci-dessus désignées et la nottre des menaces, la terreur et le sang qui ruissellent de touttes par autour de nous fixe notre esprit et nos regards. Nous espérons par votre intervention au près du gouvernement et des autorités constituées de tout genre voie Bïen tôt la fin de tans de maux. La tranquilité généralle, l’intérêt *** de la chose publique vous sollicites, vous pressent, avec nous ; si les brigans ne sont point interrompüs dans leur marche rapide ils vont bientôt se faire une retraite assurée dans les bois de la Melleray qui par leur vaste étendue en rendroient la destruction bien difficile, peut être même devroit on craindre la formation d’un noyau de révoltés qui par son éloignement des camps et la force qu’il pouroit prendre intercepteroit la communication de cette ville avec Partenay, comme on à déjà intercepté la communication respectives d’un grand nombre de communes. L’évacutation généralle de nos campagnes dviendroit à lors indispensablement nécéssaire et laisseroit à la merci de cette horde de cellerats une étendue de terrin si non plus grande que celle qu’ils occupoient d’abord, du moins nouvelles et dans la quelle le gouvernement se trouveroit obligé d’éxércer la juste sévérité républiquaine ; nous en voullons vous indiquer par nous-mêmes aucun rémède a tant de maux cepandan nous craindrions de paroitre blamables  à vos yeux si nous ne vous disions d’après la connoissance que nous avons des lieux et des événements qu’il seroit très avantageux de placer en différentes communes par example à Baulieu, Saint Lin et Saint Georges, Verruye, Augé, St Pardoux et plusieurs autres communes circonvoisines un  nombre d’environs six cents hommes qui dispercés sur les différents points indiqués en proportion de leur situation et de leurs dangers y seroient en àsséz grand nombre pour si faire respecter, rétablir la tranquilité et détruire entièrement les auteurs de maux qui nous affligént et qui nous font verser à chaque instant des larmes de sang sur la mort de nos concitoyens de nos frères. Vou trouverés surement dans votre sagesse citoyens administrateurs des moyens bien plus prompts et plus efficaces que ceux que nous pourrions vous indiquer, nous nous en raportons entièrement à l’usage que vous en ferez.

    A Maixent le huit brumaire an troisième de la république française une et indivisible. Signé Raubouam agent national, Brunet, et *** Pierre Martinault, Pacault, j Veillon maire, j Brangier maire, Allonneau bordier, et Bourdeaux officier municipal.

    Pour copie conforme

    JJ Mestadier »

     

    La forêt de la Meilleraye ici sur la carte de Cassini, rebaptisée de nos jours « Forêt de la Saisine » :

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

     

    Le 15 novembre 1794, nouvelle lettre des mêmes au Comité de Salut Public (3) :

     « 25 brumaire l’an 3e  de la république française une et indivisible

    Les administrateurs du district de Maixent aux législateurs composant le Comité de salut public de la Convention nationale

    Citoyens législateurs,

    Nous vous prions de vous faire remettre sous les yeux la lettre que nous vous écrivimes le deux de ce mois. Vous y verrez quelques détails sur les horreurs commmises dans le nord de notre district, par les pelotons de bandits composés en majeure partie par des jeunes gens de 18 a 25 ans réfractaires a la loi du 23 aoust, et réunis a quelques brigands échappés de la Vendée qui les menait de forfaits en forfaits.

    Nous vous annonçons aujourd’huy que les malheureuses communes seulement infestées jusqu’ici par ces scélérats sont aujourd’huy entièrement envahies par eux. Ils s’y promènent en plein jour aussi tranquillement que nous l’enceinte de nos murs. Tous les patriotes  prononcés, tous les membres des autorités constituées sont ou assassinés ou en fuite avec le déesespoir d’avoir été forcés d’abandonner leurs femmes, leurs enfans et leurs propriétées a la merci de ces monstres. De cette nouvelle conquête, les brigands font des incursions nocturnes dans les communes limitrophes et guettent leur proie tant de nuit que de jour, jusques aux portes de la nôtre, en un mot gagnent du terrin dans notre voisinage par les mêmes moyens qu’ils ont employé pour envahir celuy qu’ils occupent. Les patrouilles que le commandant de notre place fait faire de tems à autres ont été et seront toujours parfaitement inutiles ; les brigands avertis a propos se cachent dans des bois inaccessibles,  a l’aproche de ces patrouilles ; reparaissent le moment d’après qu’elles sont parties, et se montrent plus impitoyables. Nous ne voyons de remêdes contre ce fléau, journellement  destructeur et effrayant par ses conséquences possibles, que dans des dépôts d’infenteries stationnés sur les lieux et fortifiés par la réunion des patriotes du paÿs qui le demendent avec instance. Cent hommes de cavalerie stationnés dans nos murs avec 500 hommes d’infenterie mettrait le commandant de notre place en état de fournir aux différens dépôts nécessaires dans les campagnes ; et de les soutenir au besoin pour purger complettement le paÿs, si l’occasion s’en présentait et qu’on pût découvrir le repaire de ces tigres. Ces mesures en imposeraît nécessairement aux scélérats qui craindraits d’être surpris dans leurs expéditions ; relevrait le courage des patriotes qui se croient abandonnés par le gouvernement ; et oterait tout prétexte aux lâches habitans de rester dans une criminelle indifférence sur les sort de leurs voisins.

    Voilà citoyens, ce que nous venons d’exposer aux représentants du peuple près l’armée de l’ouest ; nous vous conjurons au nom de la patrie et de l’humanité de leurs fournir les moyens de nous secourir efficacement et de ne pas perdre de vuë nos malheures personnels et les dangers que court la république dans nos contrées de la part d’un atroupement méprisable dans son origine par son petit nombre mais qui se grossit d’une manière allarmante à la faveur de l’impunité.

    Salut et fraternité »

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

     

    Puis c’est au tour des municipaux de la Chapelle-Bâton :

     

    « Commune

    de la Chapelle Baton

     

    Aux citoyens administrateurs

    Du district de Maixent

     

    La commune de la Chapelle Baton ayant toujours été dans les bon principes de la révolution ; se voyant obligé par force d’abandonner leurs foyers a cause des brigands qui y manifeste leur rage, en se portant presque toutes les nuits chez les patriottes, les forçant de leur donner leur vie ou leur bourse. En même tems ils enlèvent tout ce qui se rencontre sous leurs mains, principallement chez les mêmbres des autorités constituées. La nuit du du vingt un au vongt deux de ce mois ils se sont portés pour la seconde fois dans notre malheureuse commune, ils y ont commis les ravages les plus affreux, notemment chez les citoyens Gaultier et Bourdin membres de la municipalité, ils ont vollé, pillé a leur gré tout ce qu’ils ont rencontré, ils se sont également porté chez le citoyen Bonnemain instituteur public qui heureusement s’est sauvé au travers des coups de fusils.

    Enfin citoyens administrateurs vous voyez notre malheureuse situation ; nous avons jusqu’à présent soutenu ; mais notre patience est épuisée, sans force et sans secours, nous sommes obligés d’évacuer la Chapelle Baton. Ce jourd’huy vingt quatre brumaire an 3ème de la république française une et indivisible.

    Signe en l’original. J. Bonnifait maire, P. Bourdin officier municipal, Bonnemain greffier.

    Pour copie conforme à l’original déposé au secrétariat du district de Maixent. »

    Troubles en Gâtine et en pays de Saint-Maixent....

     

    Mais qui étaient donc ces « Brigands » qui sillonnaient la région ? Royalistes, authentiques bandits, jeunes fuyant la réquisition ou simples paysans lassés des rodomontades de la petite bourgeoisie révolutionnaire locale. Bien des pages restent ici à écrire sur ce secteur. Ce sera je l’espère pour bientôt.

    Sur le personnage de J.J. Mestadier, ancien évêque de l'éphémère évêché des Deux-Sèvres qui signe sur toutes ces correspondances, lire l'article de Nadine ici.

    RL

    Février 2020

     

    Notes :

    (1)  SHD B 5/10-77, v. 811 et 813 à 817/1061, BA compris.

    (2)  Au moment de la révolution le curé se nommait Pouel. Le vicaire s’appelait Gorin et le dernier acte signé de lui est du 17 août 1791. Il semble être arrivé à Verruye début juin 1788 en remplacement de M. Pacault.

    (3)  SHD B 5/10-81, v. 867 à 870/1061, BA compris.

     

     


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    Pont-Paillat, édition 2020…

     

     

    Pour la cinquième année consécutive, les Amis du Pont-Paillat se sont retrouvés… au Pont-Paillat, lieu qui a donné le nom du groupe. Comme à l’habitude, ce fut un plaisir de patauger dans la boue de ce lieu marqué par les deux combats de juillet et octobre 1793. Outre les habitués formant le noyau dur de nos sorties, nous avions quelques nouvelles têtes, notamment un lieutemant-colonel et un banquier...

    Le point de rendez-vous du matin, à la croix de Bel Air. Jacques Chauvet guette les arrivants avec notre drapeau :

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    Arrivés, à la hauteur de la Chagnelais, là où le vieillard Souchelot fut brûlé vif dans sa maison, un camion arrive et son conducteur nous interpelle. Il connaît notre groupe et sait parfaitement ce que l’on fait. Il nous annonce qu’il appartient à la descendance de Pierre Souchelot !

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    Le chemin descend vers le Pont-Paillat :

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    Enfin le pont :

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    La traditionnelle photo de groupe (photo : Guy Jacob) :

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    Il était à présent l’heure du pique-nique au mémorial du Bois des Chèvres.

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    A l’issue du déjeuner, ce fut l’occasion de distribuer une quinzaine d’exemplaires de mon second roman, visiblement très demandé.

    Pont-Paillat, édition 2020....

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    Photo : Guy Jacob.

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    Notre troisième étape nous menait à Mauléon, sur la butte de Château-Gaillard, là où Westermann perdit devant les Vendéens, 6 700 des 7 000 hommes qu’il avait en poste ici. Ceux-ci culbutèrent dans le ravin avec chevaux, canons et caissons, dans une effroyable chute vers la rivière de l’Ouin.

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    Quittant Mauléon, nous n’avions que peu de distance à faire pour nous rendre au cimetière de la Petite-Boissière. Il s’agissait de rendre hommage au prêtre réfractaire du lieu : l’abbé Michel Chaillou, né en 1753 et mort dans sa paroisse en 1828. De nombreuses anecdotes se rattachent à ce brave curé qui manqua plusieurs fois de tomber aux mains des Bleus et qui est aussi à l’origine de l’histoire des « Pivardias » qui donnèrent le gentilé des habitants du village.

    Pont-Paillat, édition 2020....

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    C’était la fin de notre journée et l’absence de notre amie Jacqueline nous ayant privé du traditionnel café, je proposai aux derniers participants de se retrouver à la maison. Au cours de notre sortie, plusieurs projets de restauration et d’entretien de tombes, ainsi que de poses de plaques ont été évoquées. Vous verrez bientôt je l’espère, la pose de la seconde plaque des Amis du Pont-Paillat sur la tombe d’un célèbre prêtre du Bocage cher aux membres de la Petite-Eglise.

    En attendant, nous allons plancher sur notre prochaine sortie de printemps qui sera dévoilée dans les prochains jours.

    Merci à tous !

    RL

    Février 2020

     

     


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    Une folle, une aventurière ou une royaliste ? 

     

     

     

    Le Perrier - Une aventurière dans le Marais....Certainement une aventurière et une royaliste, utilisée comme leurre par les émigrés ?

    En 1802, une femme inconnue hante le marais Vendéen, pour le Préfet Merlet de Vendée, il s’agit d’une folle.

    La correspondance de Jean-François Merlet, avec le Ministre de la Police Générale ne laisse filtrer aucun nom. Cette femme est arrêtée, interrogée puis le silence se fait sur cette affaire, alors que l’on désirerait ardemment connaître son identité…

    Si Merlet a fait silence, c’est qu’en réalité il s’agit d’une véritable histoire d’amour, d’aventures rocambolesques, où des maraîchins se sont fait mystifier.  Je  vous laisse découvrir, par vous-même, les aventures de la « princesse de Condé » dans l’annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée - Le marais de Saint-Jean-de-Monts : ses brigands, les avatars d’une princesse royale dans ces parages – 1796-1802, par M. Georges Loquet - référencé dans les sources : (pages 69 à 98).

    « On l’avait vue à Vieillevigne chez M. de Juigné, et chez Madame de Laroche à Commequiers, se pavaner devant les paysans ébahis de son titre de princesse, que ses hôtes s’empressaient de confirmer ou tout au moins de ne pas désavouer... » 

    « En avril 1802, une femme de qualité est arrêtée par un gendarme déguisé en paysan dans la commune de Grand’ Landes, qui l’a conduite le 12 avril à Fontenay, devant son capitaine Prier. »

    «  Interrogée, elle déclare se nommer : Jeanne-Baptiste-Ursule-Rosalie-Victor-Louis-Anne-Marie et Marie Antoinette de Condé, de Bourbon, âgée de 30 ans* environ, ex-princesse Victor. » (*née en 1770)

    Après plusieurs déclarations mensongères, elle déclare se nommer :   « Antoinette** Cornuailles, âgée de 30 ans environ, fille de feu François Cornuailles, aubergiste au bourg d’Auvernay-le-Petit (Le Petit Auverné) près de Châteaubriant et de Perrine Binot, sans domicile fixe… »

     

    La princesse de Condé, redevenue fille d’auberge opérait du côté du Perrier, de Soullans et de Saint-Hilaire-de-Riez…

    **Je n’ai retrouvé qu’une Etiennette Cornuailles née au Petit-Auverné le  22 mai 1770 – vue n° 4/8 ; année 1770.

     

    « On y apprend que la fameuse aventurière vagabondait en effet, depuis plus de quatre ans dans l’arrondissement des Sables d’Olonne et qu’elle vécu d’abord très intimement, avec le bandit Laidain***, qu’elle revit souvent dans la suite…

    Elle fut jugée le 3 août 1802. 

    Malgré le réquisitoire très sévère du Commissaire du Gouvernement Sourouillé-Cailletière, qui demandait trois années d’emprisonnement – Antoinette Cornuailles fut condamnée le 2 septembre par des juges indulgents – qui n’apportèrent pas à cette aventure plus d’importance qu’elle n’en comportait ; les principaux coupables étant en liberté, - à trois mois de prison seulement et à tous les frais. »   

     

    ***  Quant à Jean Laidin, garçon de 28 ans, fils de Jacques Laidin, laboureur au Perrier, et de Renée Caillon, fileuse, il a été purement et simplement assassiné le 20 germinal an X (10 avril 1802), au Perrier, à 4 heures du matin, par un gendarme de la brigade de Challans.

     

    Voici ce que nous en dit Merlet le 25 Germinal de l’an 10 (15 avril 1802)

     

    « N°436 – Cabinet du Préfet 

    A Fontenay,25 germinal an 10 

    Le Préfet du Département de la Vendée 

    au Ministre de la Police Générale. 

     

    C.M, 

     

    Depuis longtemps il existait dans l’arrondissement des Sables une aventurière, connue sous le nom de la Comtesse ou la princesse de Condé, qui y excitait beaucoup de désordres et y abusait de la crédulité des gens de la campagne. 

    Pendant l’insurrection elle parcourait les villages, y entretenait la révolte et répandait partout les bruits les plus mensongers : depuis la pacification elle n’a cessé de continuer les mêmes manœuvres, elle avait même acquis un certain crédit sur l’esprit des habitants du marais de l’Ouest du Département, puisque partout elle était accueillie, nourrie avec soin et mise à l’abri des recherches les plus scrupuleuses : l’année dernière je la fit suivre pendant plus de deux mois par un gendarme à pied déguisé, très actif, qui la rencontra plusieurs fois, mais ne pût jamais s’assurer d’elle, parce qu’il aurait couru les plus grands risques, elle lui échappa ensuite. 

    Enfin elle vient d’être arrêtée par les soins et l’intelligence de ce même gendarme et elle est déposée dans la maison de justice de Fontenay. Elle a fait dans sa première déclaration, les contes les plus absurdes, les plus invraisemblables ce qui caractériseraient une aliénation d’esprit, si je ne m’étais assuré par moi même qu’elle n’est point folle - Le Commissaire du gouvernement près le tribunal criminel a dû adresser copie de ces interrogatoires au Ministre de la Justice : je me dispenserai de vous l’envoyer, tant les déclarations sont absurdes, ridicules et évidemment controuvées. 

    Je présume que cette femme avait suivi l’armée Vendéenne pour y piller, voler et s’y prostituer, qu’elle n’est pas née loin du pays et qu’on parviendra à découvrir son vrai nom, du moins c’est ce que m’a dit le Commissaire près le tribunal Criminel : elle sera probablement renvoyée devant le jury d’accusation des Sables, attendu qu’elle a commis beaucoup de vols et d’escroqueries dans cette arrondissement.  

    Cette malheureuse ne pouvait être bien dangereuse par elle même depuis le retour de la tranquilité : son influence ne s’exerçait que sur des hommes ignorants et crédules ; les prêtres du pays l’avaient même signalée comme une aventurière et une impudique, de sorte qu’on n’a rencontré aucun autre obstacle que sa défiance  et ses connaissances des localités, pour s’assurer d’elle. 

      Comme il y a un an, j’avais eu l’honneur de vous entretenir de cette femme, je vous annonce aujourd’hui son arrestation, je présume qu’il y aura contre elle des charges suffisantes pour la faire condamner par le tribunal à la réclusion ; mais au cas qu’il n’y en eue pas de suffisantes aux yeux du jury, je veillerai à ce qu’elle ne soit pas rejettée dans la société, où elle serait toujours très dangereuse, sous le rapport de l’escroquerie et des mauvaises mœurs. 

    X -  Elle est enceinte, ce qui retardera peut-être son jugement quand il sera rendu, je vous en donnerai avis. 

    J’ai donné au gendarme qui l’a fait arrêter, la somme de 50 francs à titre de récompense due à ses recherches et à son zèle.  

     

    S et Res. » 

     

    Extrait du courrier synthèse n°452 du Préfet de Vendée du 6 Floréal an 10 (26 avril 1802), au Ministre de la Police Générale.

     

    « La Gendarmerie a arrêté dans cet arrondissement la fameuse aventurière, connue sous le nom de la comtesse ou la princesse de Condé ; ainsi que j’ai eu l’honneur de vous en instruire particulièrement le 25 du mois dernier : déjà elle a subi plusieurs interrogatoires. » 

     

    Des courriers sont également échangés entre le préfet et le capitaine commandant la gendarmerie du département de la Vendée au sujet de l’assassinat de Jean Laidin. Le Préfet demande la mutation du gendarme dans une autre brigade.

     

    « N° 466- Cabinet du Préfet 

    A Fontenay-le-Peuple, le 23 Floréal l’an 10 (13 mai 1802) de la République Française, une et indivisible. - Liberté Egalité -  

    Le Préfet du Département de la Vendée au Capitaine, commandant la gendarmerie du département de la Vendée.  

     

    Je vous fait passer cy-joint, Citoyen Capitaine, copie de la lettre que m’a écrite le Ministre de la Police Générale, au sujet de la mort du nommé Laidin tué par un gendarme de l’arrondissement des Sables . Vous y verrez qu’il me demande des renseignements sur cette affaire. 

    Je vous invite en conséquence à m’instruire du résultat des poursuites qui ont été dirigées contre le gendarme, afin que je lui en rende compte.  

      J’ai l’honneur de vous saluer. » 

     

    Le Perrier - Une aventurière dans le Marais....

     

    Le 8 Prairial an 10.

     

    « N° 483 - Cabinet du Préfet 

     A Fontenay-le-Peuple, le 8 Prairial l’an 10 (28 ami1802). 

    Le Préfet de la Vendée au Ministre de la Police Générale.

     

     C.M, 

       

    Par la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire les 16 du mois dernier, vous me demandez des renseignements exacts sur la conduite d’un gendarme de la brigade de Challan qui a tué d’un coup de fusil le nommé Laidin qui se dérobait à sa poursuite. 

    J’ai écrit à ce sujet au capitaine de la Gendarmerie pour savoir de lui l’issue de la procédure que je savais avoir été dirigée contre le gendarme ; il vient de me répondre qu’il avait été acquitté, d’après la déclaration du jury, qu’il n’y avait pas lieu à accusation : j’ai aussi eu occasion de voir à ce sujet le substitut, magistrat de sûreté de l’arrondissement des Sables, qui m’a instruit que le jury s’était déterminé par la mauvaise réputation de Laidin, qui avait figuré il y a quelques années dans les désordres civils. 

    Quoique, C.M, l’individu tué ait eu une mauvaise réputation, néanmoins je dois vous dire qu’il n’en a pas moins été assassiné, qu’il n’était prévenu d’aucun délit postérieur à l’amnistie et que la gendarmerie n’avait ordre de s’assurer de sa personne, que parce qu’il avait refusé de comparaître devant le Directeur du jury comme témoin, il est également constant qu’il a été tué en s’enfuyant sans armes ce qui n’était pas le cas d’une légitime défense de la part du gendarme. 

    J’ai manifesté au capitaine de la Gendarmerie de la Vendée, le désir de voir le gendarme homicide passer dans une autre brigade et même dans un autre département : en effet un pareil acte ne peut qu’aigrir les esprits des anciens insurgés et même exposer la brigade de Challan à des vengeances de la part de parents et amis de Laidin ; enfin il est temps que la loi reprenne tout son empire, qu’elle seule fasse justice et que l’arbitraire cesse ; voilà depuis la pacification, plusieurs évènements de cette nature, je désire vivement que celui-cy soit le dernier. » 

     

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues 42,43 et 59/583.- 25 germinal an 10 -15 avril 1802. et 6 floréal an 10 – 26 avril 1802. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues 77, 98, 99/583.- Affaire Laidin. - 23 Floréal an 10. 

    . Archives Départementales de la Vendée – Notice descriptive 6BIBPC 16/27- Annuaire de la société d’Emulation de la Vendée – Bulletin périodique 1910 La Roche-sur-Yon Raoul Ivonnet -Imprimeur -éditeur 15 rue Lafayette. 

    .http://recherche-archives.vendee.fr/ark:/22574/vta1ed4876df012c672

    . Acte de décès de Jean Laidin le 20 germinal an X au Perrier (10 avril 1802)- registres d’état civil du Perrier – ADNMD AN X – vue n°29 AD2E172/3. 

    . Archives départementale de la Loire Atlantique – registres paroissiaux de la commune du Petit-Auverné. Baptême 1770 – Etiennette Cornuailles. 

    . Photo : de l’auteur. 

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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  •                 

    Leur déchéance sera telle, qu’ils adoreront des arbres...

     

     

    Corpe - L'arbre de la liberté....Le 3 Frimaire de l’an 10 (mardi 24 novembre 1801), dans la commune de Corpe, près de Luçon, en Vendée ; un réactionnaire, ou bien un citoyen, frappé par un éclair de lucidité dans sa dipsomanie (in vino veritas), s’en prend à l’arbre sacré et le Préfet n’est pas content.

    Gros soulagement du Préfet Jean-François-Honoré Merlet, dans son deuxième courrier : il s’agit d’un agriculteur violent, complètement bombardé, qui s’en est pris à l’arbre… Ouf !  « Mon copain le chêne... »

    Parent avec Caffin et Grignon, généraux des Colonnes Infernales, Merlet n’est pas un révolutionnaire sanguinaire, mais un fin diplomate, partisan d’une monarchie constitutionnelle, il mettra son intelligence au service de son département et ramènera, pendant l’Empire, un calme relatif entre les partis.

     

    N°312 – Cabinet du Préfet  - Premier courrier.

     

    « A Fontenay, ce 9 Frimaire de l’an 10. 

    Le Préfet du Département de la Vendée - 

    Au Citoyen Linard, adjoint de la commune de Corpe. 

     

    J’ai bien reçu, Citoyen, la dénonciation du délit commis contre l’arbre de la Liberté de votre commune que vous m’avez adressé le 3 de ce mois ; mais vous ne m’en avez point nommé l’auteur, quoiqu’il vous soit connu : une acte de cette nature étant très condamnable et devant être puni de quatre années de détention aux termes de la loi du 24 nivôse an 6 ; je vous invite à me désigner le coupable, et à m’instruire des motifs qui ont pu porter à ce délit. 

    Quelle est sa moralité, quelle a été sa conduite pendant la révolution, a-t-il pris part à l’insurrection de la Vendée, était-il ivre quand il a abattu l’arbre de la Liberté, était-il seul, avait-il des instruments qui annonceraient un dessein prémédité, l’a t-il fait de jour, ou de nuit ? 

    Enfin je vous demande les détails les plus circonstanciés et je les attends pour prendre ma détermination. 

    Je vous salue sincèrement. » 

     

     

    N°320 – Cabinet du Préfet -  Deuxième courrier.

     

    « A Fontenay, ce 17 Frimaire de l’an 10.   

    Le Préfet du Département de la Vendée - 

    Au Ministre de la Police Générale 

     

    C.M, 

     

    « J’ai l’honneur de vous instruire que je fus informé le 3 de ce mois par le maire de la commune de Corpe, près Luçon que l’arbre de la liberté venait d’être coupé.

    D’après les renseignements que j’ai pris sur ce fait, j’ai su que l’individu auteur de ce délit était un cultivateur du lieu connu pour être très violent, sans que jamais cependant il ait pris part à l’insurrection de la Vendée et ait donné sujet d’inquiétude aux patriotes : le maire en me donnant de nouveaux détails, présume qu’il était ivre. 

    Quoique ce fait isolé et n’est le résultat d’aucun complot dans la commune de Corpe qui a toujours été paisible et s’est constamment bien conduite pendant les troubles civils ; je viens par un arrêté de ce jour de renvoyer le dénoncé par devant le magistrat de sureté de cet arrondissement, pour qu’il aie à le traduire devant les tribunaux. 

    J’aurai soin de vous informer des poursuites qui auront été faites et de leur résultat.  

    Salut et respect. »

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 399 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/17 – vues 386/511.- 3 Frimaire de l’an 10  - 24 novembre 1801. 

    .Gravure : Jean-François-Honoré Merlet – préfet de Vendée. De Wikipédia.

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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