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    1793-2020 : La violence de l’Etat est légitime et légale...

     

      

    1793-2020, la violence de l'Etat....Un haut fonctionnaire de la république vient de déclarer, alors que des policiers frappent violemment un manifestant à terre et qu’un livreur décède, suite à un écrasement du larynx, après son interpellation, que : « les policiers ne sont pas violents », et que : « La violence de l’État, c’est une violence qui est légitime, c’est à dire qu’elle est très encadrée. C’est ce qu’on appelle la violence légale. »

    Je ne sais pas ce qu’en pensent les gilets jaunes tabassés et éborgnés… de la légalité.

    Dois-je rappeler à ce Monsieur que les Colonnes Infernales étaient, elles aussi, très encadrées par une volonté légale et légitime de l’État* d’en finir définitivement avec les Vendéens par le meurtre.

     

    * le fameux décret du 20 avril 1793 et les lois d’août, septembre et octobre 1793 ne sont toujours pas abolis à ce jour, et comme ces textes n’ont pas été prescrits… les propos de ce fonctionnaire deviennent alors d’une inquiétante acuité.

     

    Il ne faut jamais perdre de vue, que pour se débarrasser de ses éléments indésirables, de ses adversaires, des contre-révolutionnaires, des catholiques, etc, la république a toujours pris des mesures légales afin de légitimer sa violence et son totalitarisme. C’est en cela que les héritiers actuels de ce régime politique sont des gens dangereux, qui n’hésiteront pas un seul instant à faire tirer dans la foule à balles réelles, même sur des anciens combattants : 1934 en est un superbe exemple...

    Les violences exercées par la république contre ses opposants, sous couvert de ses lois, n’ont jamais été légitimes ou légales, hier comme aujourd’hui. Le but de la violence légitime républicaine est de faire apparaître comme illégitime toute opposition à sa violence. Ceux qui sont dépositaires de cette violence légitime sont les corps constitués de l’État, en l’occurrence la police, la gendarmerie et l’armée. Ce qui vient de se passer à Paris est un exemple de l’utilisation de la violence légitime de manière illégitime.Nous ne sommes plus dans le cadre d’un maintient de l’ordre classique, mais dans une militarisation de l’espace public, ce qui explique la gravité des propos tenus.

    Les pires drames commencent par ce genre de discours incendiaires et irresponsables et finissent par des massacres. Une petite démonstration et un petit rappel pour illustrer où peuvent nous mener de telles déclarations, au sujet des violences légitimes et légales » :

     

    « Il n’existe évidemment pas de statistiques globales des exécutions révolutionnaires : à défaut des contemporains, les historiens chercheront à tenir cette macabre comptabilité. La plupart opinent pour 17 000 condamnations à mort sous la Terreur (après octobre 1793), et pour 35 000 victimes en tenant compte des décès en prison et des exécutions sommaires. Pas de condamnation à mort dans six départements, moins de dix dans trente et un, mais une belle frénésie de décapitations dans les régions où les antagonismes sont les plus vifs. Elles concernent pour 28 % des paysans, pour 31 % des artisans et des ouvriers, sans doute pour plus de 20 % des marchands et des spéculateurs, mais seulement pour 8 à 9 % des nobles, pour 6 à 7 % des membres du clergé. 

    Quelques-uns des tortionnaires paieront de leur vie leur zèle patriotique : Lebon, à son tour montera sur l’échafaud, Collot d’Herbois mourra déporté en Guyane. Eux aussi grossiront le rang des victimes de la Révolution. Mais Fréron finira sous-préfet de Bonaparte, et Barras châtelain millionnaire sous la Restauration… 

    D’ailleurs, toutes les exécutions de Paris ou des provinces ne sont que broutille et hors-d’oeuvre : le plat de résistance est en Vendée, et les baignades de Carrier, à Nantes, n’en constituent qu’une petite annexe urbaine. » 

     

    Génocide en Vendée. 

     

    « Il n’y a plus de Vendée ! Elles est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais de Savenay. J’ai écrasé les enfants sous les pieds de mes chevaux, massacré les femmes qui n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé… Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs points ils font des pyramides. » 

    Il semblerait que Westermann n’ai jamais dit cela, mais les faits sont réels.

    « Ainsi le général François Westermann rend compte de ses hauts faits, conformes d’ailleurs aux instructions de la Convention qui, par décret du 2 août 1793 a ordonné la destruction systématique et l’incendie de tout le pays, récoltes comprises, en même temps que la mise à mort des rebelles. 

    Faut-il parler de génocide ? Le mot ne date que de 1944, et il a été forgé pour désigner le drame juif. Certains commentateurs, qui le trouvent trop porteur d’une « charge émotionnelle et symbolique », lui préférent, en la circonstance, le mot « massacre ». La nuance est subtile. Mais si l’on s’en tient à la à la proportion des victimes, par rapport au peuple concerné, les habitants des provinces de l’Ouest sous la Révolution ont payé de leur vie plus encore que les Israélites sous l’occupation hitlérienne. Dans les deux cas, on note une même volonté délibérée d’extermination. 

    Les Vendéens et les Chouans se sont soulevés d’abord pour refuser la conscription, mais aussi pour défense leur foi et leur roi. Ils ont pris les armes « au sens littéral, dans les magasins militaires ou dans les mains des républicains vaincus » (Michelet). Ils se battent au nom du Sacré-Coeur et pour  « le petit roi qui est au Temple », au sein d’une grande « Armée Catholique et Royale », qui a plus de fourches que de fusils, plus d’ambition que de moyens, et dont les chefs se jalousent, s’ignorent ou se chamaillent. 

    Guerre inexpiable, comme toutes les guerres civiles (Zemmour en rêve). Guerre singulière, où les rôles sont parfois intervertis, par exemple lorsque les Bleus sont commandés par le duc de Biron, et les Blancs par le garde-chasse Stofflet ou l’ex-faux-saunier Cottereau dit Jean Chouan. Guerre au couteau, sans merci de part et d’autre : les deux camps rivalisent en atrocités.

    Si, par accident, un chef royaliste fait preuve de clémence, il importe que ce geste ne soit pas rendu public (déjà la désinformation est à l’oeuvre): Bonchamp sauve la vie de cinq mille prisonniers républicains, et Merlin de Thionville, qui a été envoyé en Vendée, en informe le Comité de Salut Public. Mais il ajoute cette recommandation : « Il faut ensevelir dans l’oubli cette malheureuse action. » N’en parlez même pas à la Convention… les brigands n’ont pas le temps d’écrire ni de faire des journaux. Cela s’oubliera comme tant d’autres choses. »

      Entre les adversaires, la partie est inégale : si les paysans ont l’avantage du terrain, les armées de la République ont l’avantage de l’organisation et de l’armement ; l’avantage aussi sur le plan de la fureur dévastatrice. 

    Décret du 1er novembre 1793, sur rapport de Barère : « Toute ville, qui recevra dans son sein des brigands ou qui ne les aura pas repoussés avec tous les moyens dont elle est capable, sera punie comme ville rebelle, et en conséquence elle sera rasée. » 

    Rapport de l’adjudant général Rouyer : « Nous fusillons tout ce qui tombe sous notre main, prisonniers, blessés, malades aux hôpitaux. » 

    Consignes du général Turreau, qui commande les « colonnes infernales » :

    « Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main seront passés au fil de la baïonnette. On agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas épargnées.Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes. Je le répète, je regarde comme indispensable de brûler villes, villages et métairies » : avec leurs habitants s’il se peut. 

     

    Et cela s’est fait en toute légitimité et légalité, le tout conforté par des lois et décrets. 

     

    Continuons :

     

    « Rapport du commandant de la deuxième colonne au même général Turreau : « Je continue de brûler et de tuer tous ceux qui ont porté les armes contre nous. Cela va bien, nous en tuons plus de cent par jour, enfin tous ceux que nous croyons nos ennemis. »  

    Lettre du représentant Francastel au Comité de Salut Public : « Le fer et la flamme n’ont pas encore été assez employés dans ce maudit pays. » 

    Lettre du commandant Pérignaud à Turreau : « Pères, mères, enfants, tout a été détruit. » etc, etc… 

    C’est par avance la technique d’Oradour, multipliée à plaisir. Au Mans, en décembre 1793, on fusille par feux de peloton, on écrase les enfants, on viole les femmes. Dans un délire de sadisme, on introduit dans le corps des victimes des cartouches auxquelles on met le feu. On embroche avec des fourches des femmes encore vivantes. 

    A Nantes, où ont été entassés les prisonniers faits à Savenay, le Conventionnel Jean-Baptiste Carrier commence par fusiller par groupes de cent ou deux cents. Cette méthode lui semble trop peu expéditive, et l’entassement des cadavres propage les épidémies. Pourquoi ne pas charger la Loire du soin de débarrasser la République de ceux qui refusent ses bienfaits ? Il fait couler dans le fleuve une gabarre sur laquelle quatre vingt dix prêtres ont été entassés. Ce n’est qu’un premier essai. La technique des noyades est mise au point ; chaque nuit dans les prisons on prélève cent ou deux cents détenus, on les jette dans les bateaux à fond de cale, et, sabords et ponts dûment cloués, on fait couler bas les embarcations. Carrier appelle ces baignades des « déportations verticales », etc. Après ces exploits, la Loire est promue au rang de « baignoire nationale », charrie des corps dont se repaissent les poissons et les corbeaux : le chargé de mission de la Convention peut se targuer d’avoir noyé quatre ou cinq mille hommes, femmes et enfants. Mais il se vante et il en rajoute : en six noyades, des calculs plus modérés portent sur 1800 victimes, dont peut-être 800 pour la baignade la plus réussie. 

     

    A Angers, le maire ne veut pas être en reste : « On a en trois jours, écrit-il, fusillé environ 800 brigands au Pont-de-Cé et jeté leurs cadavres dans la Loire. » 

     

    C’est l’ultime épisode d’une « Solution finale » dont s’affirment satisfaits les représentants Hentz et Francastel. Ils écrivent dès le 21 avril 1794 : « Vous pouvez être assurés que la Vendée est un désert et qu’elle ne contient pas 12000 personnes vivantes. » etc.… 

    L’estimation du total des victimes varie du simple au sextuple : au plus bas 100 000, au plus haut 600 000. Les 117 000 disparus que retient Reynald Secher ne concerne que les départements de la Vendée Militaire. Le nombre le plus élevé est celui de Pierre Chaunu, qui s’exprime en maître démographe, celui aussi dont fait état Alexandre Sanguinetti dans son histoire du soldat. Il s’entend pour les bleus et les blancs confondus, pour les tués à l’arme blanche, au fusil de chasse, au fusil modèle 1777, pour les victimes de la maladie, de la disette sur une terre brûlée, des exécutions sommaires, pour les blessés qui succombent dans l’impossibilité où l’on est de les soigner : les guerres civiles sont inexorables. 

    On retiendra ici un nombre médian, de l’ordre de 400 000. Il concerne à la fois les insurgés morts au combat, en Bretagne et en Vendée, les morts du camp républicain, et ceux des autres provinces de l’Ouest – de la Normandie à la Gironde. 

    Ce tragique décompte doit être encore complété par les victimes de multiples luttes fratricides, notamment dans le Lyonnais, en Provence ou en Corse ; par les victimes des Terreurs blanches : celle de 1795 au temps des Compagnons de Jéhu, celle de 1815 au temps des « Verdets », lors de l’assassinat du maréchal Brune à Avignon, du général Ramel à Toulouse. Tous ces règlements de comptes entre Français portent le bilan global des guerres civiles aux alentours des 600 000 tués. 

    Refaisons l’addition des pertes dues à la Révolution et à l’Empire : 400 000 morts pour les guerres jusqu’en 1800 ; un million pour les guerres napoléoniennes ; 600 000 pour les guerres intestines ; et l’échafaud pour mémoire. Voilà nos deux millions de morts. » 

     

    J’invite donc les héritiers des tortionnaires de 93 et 94 à plus de précautions oratoires au sujet de la légitimité de leurs violences, de la légitimité de leurs lois et de leur propre légitimité.

    Car il n’y a jamais de violences que l’on puisse qualifier de légitimes.   

        

    Sources : 

     

    . René Sédillot – Le coût de la Révolution Française -Vérités et légendes de chez Perrin – année 1987. 

    . Colonnes Infernales – Vendée Novopress – Info. 

                                                    

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets. 


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    Le Vendéen résiste à toute forme d’oppression 

    1793-1940 

       

     

     

    1793-1940 - Luc Robet....Le Vendéen est réputé pour avoir résisté en 1793 à la tyrannie républicaine dans les Armées Catholiques et Royales, puis certaines familles, fidèles à la tradition royale, se retrouvèrent dans l’armée de l’Ombre en 1940. Ces royalistes furent les premiers Résistants, ceux qui dirent NON à l’oppression Nazie.

    En 1793, la famille Paquereau, dont je suis l’un des descendants, occupait depuis 1627 la métairie de Bournigal en la paroisse de Gorges, dans le Comté Nantais.

    Mon ancêtre, Jean Paquereau, métayer et marguillier de la paroisse, veuf  de Marie Blouin, avait épousé en secondes noces, le 23 janvier 1739 à Gétigné, Jeanne Luneau, décédée le 7 octobre 1793 à Bournigal.

    De ce deuxième mariage naquirent neuf enfants et parmi ceux-ci, trois enfants au destin particulier :

     

    1°- Joseph Paquereau, né le 17 avril 1745 à Gorges et décédé pendant les troubles civils du pays à deux dates différentes soit : le 4 janvier 1794 ou le 8 février 1794 au moment des Colonnes Infernales. Nous ne savons rien de la date exacte et des circonstances de son décès : seulement à Bournigal. Un acte du 3ème jour complémentaire de l’an 5 nous informe qu’il est mort de sa mort naturelle, de maladie dans son lit le 8 février 1794 ??? Que Jeanne Luneau, sa mère, veuve de Jean Paquereau est décédée aussi de mort naturelle, de maladie dans son lit, à Bournigal, le 7 octobre 1793 ? et que le frère de Joseph :

    2° - Etienne Paquereau, né le 17 avril 1748 à Gorges ; métayer à la Brosse commune de St Crespin-sur-Moine est lui aussi décédé huit jours plus tard, de mort naturelle dans son lit, de maladie, à Bournigal, le 16 février 1794 ? Il avait épousé en 1786 Marie-Magdeleine Guérin* de Vallet. Que faisait-il à Bournigal avec son frère, alors qu’il était métayer à la Brosse à Saint-Crespin ?

    Revenaient-ils tous les deux d’Outre-Loire, malades, blessés ?

    Dieu seul le sait !

    Si ces personnes sont décédées dans leurs lits à Bournigal, elles devaient voir les étoiles, sachant que la métairie a été incendiée en 1794 et reconstruite par Jean Paquereau fils en 1797, qui reconstruit également la maison de sa mère Julienne Babonneau, veuve de Joseph Paquereau, la même année (Voir état des maisons incendiées à Clisson pendant la guerre de la Vendée - Archives de Nantes. Série R. Affaires Militaires modernes Primes à la reconstruction - certifié véritable en mairie de Clisson, le 7 juillet 1812 – le maire Bourneuil - transmis au préfet le 26 décembre 1812).

    Mon ancêtre, le n°1 - Joseph Paquereau avait épousé à Gorges, le 5 septembre 1775, Julienne Babonneau, née le 16 janvier 1755 à Vallet, dont je suis l’un des descendants.

     

    * Famille en partie massacrée par la Colonne Cordelier à Mouzillon, (Les mêmes qu’aux Lucs-sur-Boulogne) dont « Jacques Paquereau parent de Marie Madeleine Guérin et époux de Marie Guérin est tué par les troupes républicaines dans un champ dépendant de la métairie de la Lozangère à Mouzillon et Marie Guérin, tuée dans un champ de cette même métairie ».

     

    Et le massacre de la métairie de Piltier à Vallet, où une belle sœur d’Etienne Paquereau est massacrée avec ses trois enfants le 8 mars 1794.

     

    Extrait du martyrologe : 

    « n° 138 - Renée Rolandeau, 44 ans, femme de Nicolas Guérin « fut tuée de plusieurs coups de feu dans une pièce d’ajoncs joignant une des pièces de Nicolas Guérin, le 18 ventôse an 2, lors du passage de l’armée républicaine. 

    n° 139 - René Guérin – Nicolas Guérin – Jean Guérin  « Nicolas Guérin, laboureur à bœufs à Piltier, déclare que trois garçons issus de son mariage avec Renée Rolandeau, sa première femme tuée pendant la guerre furent tués : 

    - René Guérin, l’aîné âgé de 10 ans fut tué d’un coup de feu à la tête. 

    - Nicolas Guérin, le cadet âgé de 7 ans fut aussi tué d’un coup de feu. 

    - Jean Guérin, âgé de 5 ans, le dernier, fut frappé à l’épaule et mourut de frayeur à côté de ses frères et de sa mère, dans une pièce d’ajoncs proche d’une des pièces du déclarant, lors du passage de l’armée républicaine le 18 ventôse an 2 (8 mars 1794) et inhumés au cimetière de Vallet. » 

     

    Maintenant nous arrivons à la famille Robet qui comptera un royaliste de

    l’Action Française, Résistant dès 1940, dont voici une brève généalogie.

     

    Marie Paquereau, née le 18 février 1751 à Gorges, épouse le 14 février 1766, également à Gorges, Mathurin Robet, propriétaire laboureur à la Dourie. De cette union est né, entre autres enfants :

    . Antoine Robet, né le 8 avril 1769 à Gorges, qui épouse à Clisson, le 7 Messidor de l’an 5, Marie Gautret, née le 15 janvier 1764 à Clisson. Maire de Clisson le 25 mars 1817, Antoine Robet est un royaliste, il sera chassé de la mairie le 18 décembre 1830, révoqué par le Préfet sur ordre de Louis-Philippe. Il est dit dans l’historique des maires de Clisson : « Révoqué après la Révolution de 1830 en raison de son attachement à la Monarchie précédente. »

     

    Vous me suivez ?

     

    Antoine Robet est l’ancêtre direct de Luc Robet, le résistant de 1940.

     

    « Luc Robet est né le 17 décembre 1913 à Lisbonne d’un père, sous-lieutenant d’infanterie tué à la tête de sa section en septembre 1914 et d’une mère d’origine bretonne et britannique, Luc Robet était un officier résistant royaliste Français qui s’est particulièrement distingué au sein des réseaux Hector, Alliance et au sein de l’Organisation de Résistance de l’Armée pendant l’Occupation. 

    Arrêté puis torturé (17 interrogatoires), il sera déporté au camp de Neuengamme en 1944. Atteint physiquement, il est libéré un an plus tard. Lors de l’élection municipale de 1959, bien que n’y résidant pas, il est élu maire de la commune de Poullan-sur-Mer, service qu’il ne quittera plus jusqu’en 1977. Il meurt le 11 août 1992 à Poullan. 

    Son parcours, entièrement voué à son combat, illustre l’engagement de très nombreux royalistes et monarchistes dans la Résistance, tant intérieure que dans la France Libre. Ce phénomène a été souvent occulté par l’histoire officielle de cette période jusqu’au livre de François-Marin Fleutot en 2000. » 

     

      Luc Robet, capitaine, était officier de la Légion d’Honneur et Médaillé de la Résistance avec Rosette. 

    Surnom de Résistant : Fanch Kergoat -Fanch le Gavre. 

     

    « Il a été souvent écrit que Luc Robet vient des Camelots du Roi. C’est exact mais insuffisant pour expliquer son engagement. Il est d’abord issu d’une famille profondément catholique et royaliste, très marquée par le catholicisme social (Léon XIII, le marquis de la Tour du Pin). Son rejet de la République et sa passion pour la chouannerie le poussent à créer, alors qu’il est adolescent « les compagnons de Cadoudal », groupe dont plusieurs membres le suivront dans la Résistance. Il dira que l’histoire de ce chef Chouan lui a donné les bases de son organisation en réseau cloisonné. Très cultivé et passionné par la politique européenne, il lit en 1933 le livre prophétique de Ludwig Bauer : La guerre est pour demain. Il fait alors plusieurs conférences autour de Nantes pour alerter sur l’inéluctable conflit. A partir de cette période, une grande part de son énergie est consacrée à cette guerre, que selon lui, le régime républicain, ne sera pas en mesure d’éviter. 

    Entré très jeune dans le mouvement, les Camelots du Roi sont pour lui un cadre où peut s’exprimer son caractère fougueux, une école de formation y compris à l’affrontement physique, un réseau de contacts. En 1940, Luc Robet est chef-adjoint des Camelots de Bretagne. » 

     

    « Dès sa démobilisation en novembre 1940, il devient membre du réseau Hector du colonel Heurtaux. Il demande aux Camelots et Ligueurs de Bretagne de se joindre au mouvement résistant. Ceux-ci joueront un rôle déterminant dans les opérations de résistance et en particulier pour cacher des armes et des personnes recherchées. 

    Après Hector, on le retrouve au sein du réseau Eleuthère dans le cadre de Libération-Nord. Sa maîtrise de l’anglais facilite ses contacts avec les services secrets britanniques dont il est enregistré comme officier. 

    Puis il devient chef départemental du réseau ORA dans le Finistère. Adjoint de Guy Faucheux, chef régional de Turma-Vengeance en Bretagne, il est aussi membre du réseau Alliance. Un regroupement des réseaux non communistes s’opère alors localement. Il agit sous les noms de Fanch le Gavre et Fanch Kergoat pour les opérations qu’il mène. C’est au cours d’une de ses opérations qu’il est arrêté pour la seconde fois le 20 janvier 1944 à Rennes avec André de Freslon. Torturé à la prison Jacques Cartier, il est déporté le 29 mai 1944 de Compiègne au camp de Neuengamme sous le matricule 30383. Il y adopte le pseudonyme de Tristan. Plus tard, il sera déporté à Fallersleben-Laagberg. Secret sur cette période de dénuement total et de souffrance quotidienne, il dira cependant plus tard qu’il a fait en camp de concentration l’expérience mystique de la liberté intérieure. La volonté de ne pas céder face à l’ennemi, son désir de reprendre le combat et de retrouver sa famille l’aide à « grignoter » chaque jour. Il récite alors quotidiennement la prière de Madame Elisabeth, sœur du Roi Louis XVI : « Que m’arrivera t-il aujourd’hui, ô mon Dieu ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que vous n’ayez prévu, réglé et ordonné de toute éternité... »

    Libéré le 2 mai 1945 à Wöbbelin, il rentre à Douarnenez en juillet 1945 après un passage au célèbre hôtel Lutecia, centre d’accueil des déportés et à l’hôpital de la Salpêtrière où les médecins lui donnent peu de chances de survie. Revenu atteint physiquement, il garde cependant son énergie, sa foi et sa fidélité à l’Action Française. » 

     

    Extrait du décret en date du 13 mai 1946 publié au J.O du 7 juillet 1946. 

     

    « Promotion et nomination dans la Légion d’Honneur 

     

    Article 1er Sont promus ou nommés dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur : 

    AU GRADE DE CHEVALIER 

     

    ROBET Luc, Ignace, Pierre, Marie. Capitaine. 

     

    Doué d’une énergie sans limite et d’une foi totale dans la renaissance française, a été l’un des premiers artisans en Bretagne du mouvement HEURTEAUX dès la fin de l’année 1940. 

    Grâce à une volonté soutenue et à un mépris total du danger, a su grouper autour de lui, dans le Finistère sud, un nombre très important de résistants. 

    Organisant la recherche du renseignement concernant les forces allemandes, préparant le recrutement et l’encadrement des formations appelées à participer au soulèvement contre l’envahisseur, est resté au premier rang des organisateurs de la résistance en Bretagne. 

    Arrêté par la Gestapo le 19 janvier 1944 à Rennes, torturé au cours de 17 interrogatoires, a refusé de donner à l’ennemi le moindre renseignement, faisant preuve d’un courage et d’un cran admirable.  

    Par le Président du Gouvernement provisoire de la République, le Ministre des Armées signé E. Michelet – F. Gouin. » 

     

      Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Loire Atlantique, tous droits réservés – Registres paroissiaux et d’état civil des communes de Gorges et de Clisson. 

    . Archives familiales – (famille Paquereau.) 

    . Luc Robet – Wikipédia. 

    . Photo : http://memoiredeguerre.free.fr/biogr/robet-luc.htm

     

     

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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  • Emission de RCF Vendée du 25/02/2020....

     


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    Une certaine lucidité sur les colonnes infernales…

     

    C’est le moins que l’on puisse dire de la lettre qu’envoie la Société Populaire de Tours le 25 août 1794 au Comité de Sûreté Générale (1). Bien que ce ne soient pas les seuls révolutionnaires à avoir compris la contre-productivité du plan de Turreau, cette missive mérite d’être lue pour la clairvoyance de ses propos.

    RL

    Février 2020

     

    Tours - une certaine lucidité sur les colonnes infernales....

    « Tours le 8 fructidor l’an 2e de la République Françoise, une & indivisible.

    Au comité de sûreté général

    Citoyens représentants

    Ils sont bien coupables ceux la qui vous disent que depuis long-tems la vendée est finie. Nous vous invitons au nom de la République de porter votre attention sur cette guerre de crime.

    Lorsque les Brigands furent défaits, après le passage de la Loire, le général Toureau prit le commandement de l’armée de l’ouest, forte alors de quatre vingt mille hommes d’infanterie et dix mille hommes de cavalerie, les Brigands étoient en petit nombre alors et avec plus de campagne concerté et toute l’armée agissant de consert, on pouvoit finir la vendée en peu de tems ; mais au lieu de détruire ainsi les Brigands par des mesures sages et combinées, on a mis tout a feu et a sang indistinctement, sans aucun égard pour les communes patriotes, ce qui a beaucoup augmenté les Brigands, par un grand nombre de citoyens qui ne voyoient que la mort de tous côté.

    Les généraux abandonnés à eux-mêmes agissent à leur fantaisie, et si quelquefois ils attaquent les Brigands ils le font isolément, sans ensemble et sans ordre et comme une partie de chasse ; ne prénant aucune précaution, n’établissant jamais de seconde ligne et souvent point de voiture pour ramasser les blessés. Les convois toujours escortés par de foible détachement qui étoient souvent égorgé, et par se moyen on alimentoit les Brigands de munitions dont-il manqueroient depuis long-tems sans cette perfidie.

    A ne compter que les ordonnances employés imprudemment et pour le plaisir des généraux, il a périt plus d’hommes et de chevaux qu’il n’en couté pour conquérir la Belgique.

    Fait-on le récit de quelques combats à la Convention d’un nombre de huit cent à mille Brigands qui ont mordu la poussière, cela se réduit souvent a quelques vieillards, femmes et enfans qui n’ont pu se sauver, et qui ont été égorgés.

    La suite de ses prétenduës victoires est le pillage, non seulement toléré par les généraux mais dont plusieurs d’entre eux donne l’exemple, et se malheur n’a pas peu contribué a prolongé cette guerre : ensuitte vient tout ses espèces de crimes qui répugnent à la nature et a l’humanité, suitte de l’immoralité des généraux ; il n’est point d’armée dans la République où il y ait plus d’état major oisif et somptueux et plus de soldats dans l’inaction.

    Il n’y a point d’armée où il y ait plus de dépense et plus de dilapidations, aussi le peuple dans cette contrée manque de toutes les premières choses nécessaires à la vie.

    Demandéz aux représentant du peuple Hentz pourquoi en s’en revenant de la vendée, il déclara contre révolutionnaire quiconque diroit que la vendée n’étoit pas finie et de quel manière il s’est conduit avec les patriotes par tout ou il a passé, jamais les tyrans n’ont plus fait que lui.

    Entendez vous les masses des Républicains sacrifiés dans la vendée par l’ignorance, l’ivrognerie la trahison et l’immoralité en tout genre des généraux ; c’est a vous représentant a frapper les coupables, et de mettre a la tête de cette armée des généraux dont l’expérience et la valeur nous assurent la fin de cette malheureuse guerre, qui n’a été si long-tems prolongée que pour servir la faction que vous venez d’abattre.

    Quelques persécutions que nous ayons éprouvées pour vous avoir dit la vérité avant ce jour, nous continuerons jusqu’à la mort, et trop heureux si nous contribuons par notre fermeté à consolider l’honneur de la République. »

    Tours - une certaine lucidité sur les colonnes infernales....

     

    Note :

     

    (1)  SHD B 5/10-35, v. 356 à 358/1061, BA compris.

     

    Tours - une certaine lucidité sur les colonnes infernales....

     


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    Avril 1802, attaque de la diligence à Chantonnay ? 

     

      

    Chantonnay - projet d'attaque de diligence....En Ventôse de l’an 10, les gendarmes sont sur la brèche et les Vendéens sont particulièrement surveillés, à l’instar du citoyen Bréchellier-Bréchellière de Chavagnes-les-Redoux.

    Ce Vendéen est dénoncé comme ayant l’intention d’attaquer la diligence venant de Nantes, lors de son passage à Chantonnay. Il en parle au Citoyen Dubé de Monsireigne qui, par manque de discrétion, se fait repérer.

    Bréchellière est doté d’une force corporelle hors du commun et inspire la terreur dans tout le pays, c’est un véritable fléau d’après le Préfet Merlet.

    Nous ne saurons pas les mesures prises à l’encontre de Bréchellière et ce qu’il est devenu par la suite, car il manque un feuillet au courrier du Préfet :

    l’Arrêté. A-t-il été déporté dans les Colonies ?

     

     

    « A Fontenay, le 19 Gal an 10. » (9 avril 1802). 

    Le Préfet du Département de la Vendée.  

    Cabinet du Préfet.  

     

    « Vu le tableau à lui venir le 14 ventôse dernier, (5 mars 1802) par le commandant de la gendarmerie, de tous les gens sans aveu, sans état, qui par leur mauvaise conduite donnent des inquiétudes aux habitants des communes, et sont particulièrement surveillés, sur lequel tableau est notté n°4 le nommé Bréchellier de la commune de Chavaigne, 3e arrondissement, comme un homme qui ne travaille point, sans moyen d’existence, prévenus de plusieurs vols, d’être le fléau et la terreur du pays et d’avoir surtout proposé en dernier lieu à un autre mauvais sujet comme lui d’attaquer la diligence de Nantes à son passage à Chantonnay.

      Vu la lettre à lui écrite le 15 du même mois de Ventôse dernier par le maire de la commune de Chavaignes dans laquelle il signale le nommé Pierre Bréchelliere, âgé d’environ 34 ans, comme un homme qui est parvenu par sa force corporelle et par son audace, à inspirer la terreur à tous ses voisins qu’il ne cesse de piller et vexer : annonçant en outre que cet individu a toujours été désigné comme le chef des mauvais sujets et voleurs du canton ; qu’il inspire une telle crainte dans le pays que personne n’a voulu à ce jour se porter son dénonciateur ; qu’il ne cesse de fréquenter les cabarets et mauvais lieux, quoi qu’il ait d’autre moyen d’existence que le produit de ses rapines. 

    Que déjà il avait procédé contre lui à une instruction criminelle il y a plusieurs années ; mais qu’elle est demeurée sans effet par le résultat de l’amnistie accordée aux insurgés de l’Ouest, ce qui a fait suspendre les informations. 

    Que depuis deux mois ayant été trouver le nommé Dubé, métayer de la commune de Montsireigne il lui dit : « Je ne croyais pas que tu fusses assez imbécille de suer sang et eau pour gagner ta vie, tiens, si tu veux me suivre je garantis que ta fortune sera faite dans une nuit » : celui-ci ayant demandé l’explication de cette promesse, il s’agissait d’arrêter la diligence ; laquelle proposition a été dénoncée au dit maire de Chavaignes. 

    Vu la lettre du Ministre de la Guerre en date du 13 nivôse dernier, qui prescrit aux Préfets de la part du Gouvernement, d’éloigner de l’intérieur les gens sans aveu et les individus justement suspects de les faire conduire à un des dépôts établi pour le recrutement des troupes dans les Colonies. 

    Considérant qu’il est de notoriété publique que le nommé Pierre Bréchellière de la commune de Chavaignes, est sans moyen d’existence, qu’il est la terreur et le fléau du canton par ses rapines et ses courses nocturnes, qu’il manifeste les intentions les plus coupables en cherchant des complices qui puissent l’aider à arrêter les voitures publiques sur les routes ; 

     

    Arrête 1° le nommé Pierre Brechellière de la commune de Chavaignes….. » 

     

    Manque la suite.

     

    Un dernier courrier, le 23 Germinal de l’an 10 (13 avril 1802).

     

    «  N°701 - Cabinet du Préfet  

    A Fontenay, le 23 germinal de l’an 10  

    Le Préfet du Département de la Vendée.  

     

    A l’officier Commandant le dépôt établi à Rochefort.  

    Au capitaine Commandant la gendarmerie.  

    Au Commissaire des Gueres.  

     

      J’ai l’honneur de vous adresser cy-joint la copie de l’arrêté que j’ai pris le 19 de ce mois, contre le nommé Bréchellière : 

    Je vous invite à l’exécuter dans la partie qui vous concerne et à vouloir bien m’accuser réception de la présente. 

    J’ai l’honneur de vous saluer.  

    N – Il faudra affranchir le paquet adressé à l’officier commandant le dépôt. » 

     

    Il doit s’agir de Pierre Bréchellière, né le 2 janvier 1770 à Chavagnes-les-Redoux, fils de Pierre Bréchellière, tisserand et de Françoise Breton-Berthon.

    Il avait épousé le 7 février 1792 à St Gemmes-des-Bruyères, Marguerite Hériaud.

    Quant à « l’autre mauvais sujet » : il doit s’agir de Louis Dubé, métayer à la Potulière à Monsireigne, marié à Mouilleron, le 30 décembre 1798, à Renée Hériau-Eriau.

     

    Sources : 

     

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés –  Correspondances actives du Préfet, 463 lettres – Préfet de la Vendée Merlet  clas 2 Num/ 110/18 – vues n° 376, 377 et 385/583. 

    . Archives Départementales de la Vendée, tous droits réservés – Registres d’état civil de Chavagnes-les-Redoux - vue n°78/161 BMS 1770. Registres d’état civil de Mouilleron, année 1798. 

    . Photo : Attaque de diligence d’Eugène Leliepvre. 

                                            

     

    X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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