•                     

                                    

    Avant les Colonnes Infernales, le massacre systématique 

    de l'Armée Catholique et Royale outre-Loire. 

                                                                                

     

     « Nous ne laisserons aucun corps hétérogène dans la République. » 

                                                                       

    Garnier de Saintes 

     

     

     


    L'extermination des "coquins"....     Monsieur Philippe de Villiers a très bien cerné l'âme vendéenne d'aujourd'hui, voici ce qu'il dit à propos du génocide :

    « Quand j'étais enfant, mes copains d'école baissaient la tête, la Vendée, c'était la Lozère plus la mer, mais je dirais pire que la Lozère, c'était un territoire puni, interdit ; parce qu'il y avait la ''faute'' de la Vendée : ''l'oeil était dans la tombe et regardait Caïn''.

    J'ai très rapidement compris que le mot Vendée était un gros mot : culs-terreux, ventres à choux, ruraux profonds... parce qu'il fallait cacher le génocide, ne plus parler de cette plaie ouverte.... »

     

    L'extermination de l'armée vendéenne préfigure ce qui allait suivre  : les Colonnes Infernales.

    Entre 80 000 et 100 000 vendéens traversent la Loire en octobre 1793, environ 4000 rentreront au pays. Si ce n'est pas un massacre, quel mot employer dans ce cas de figure ?

    Voici deux lettres des Représentants du Peuple d'Angers, après l'échec des vendéens devant la ville, où transpirent la haine, la rage, l'enthousiasme et la joie de massacrer l'ennemi. Nous retrouverons le même état d'esprit chez le général de brigade Westermann dans ses mémoires sur la campagne de la Vendée...

     

    «  Angers, le 16 Frimaire, 

     

    Bourbotte, Francastel, Esnue la Vallée et Prieur de la Marne représentants du Peuple près l'armée de l'Ouest, annoncent au Comité de Salut Public que la cavalerie s'est mise à la poursuite des ennemis sur la route de Baugé ; qu'elle a inquiété, harcelé et exterminé les traîneurs. 

     

    Une canonade se fait entendre dans ce moment ; je parois qu'elle est aux prises. Les renseignements qui me sont parvenus par les éclaireurs leurs ont appris que les brigands sont à Baugé ; et qu'il est à croire que les ennemis n'ayant laissé qu'un poste tandis que leur corps d'armée se portera sur Saumur. Ils ont pris les dispositions en conséquence. L'armée marche sur deux colonnes, l'une par Baugé route de la Flèche, et l'autre sur Saumur. Et si ce plan de campagne est bien exécuté ; ils espèrent y trouver les moyens d'exterminer les Brigands. Parmi ceux qui ont été saisis hier les armes à la main s'est trouvée Me Labesse de Sivrac- Mr Malcourbe - Mr Jourdeuil, un prêtre déguisé en meunier et un grand nombre d'autres coquins dont la guillotine et la fusillade ont déjà fait et feront justice au peuple. » 

     

    Les armées réunies à la nouvelle de l'attaque d'Angers avoient fait une marche de 18 lieues jour et nuit sans se reposer, quoique la plus grande part fussent sans souliers, ils invitent le Comité à en envoyer le plus grand nombre possible. 

    Le général Rossignol reçoit à l'instant la nouvelle que la cavalerie est aux prises avec les brigands et leur en a tué 1200 à 1500 hommes. 

       

    « Angers, le 21 Frimaire an 2 de la République 

    Francastel Représentant du Peuple près l'Armée de l'Ouest, 

    A ses collègues, Membres du Comité de Salut Public. 

     

    Hier, les brigands ont quitté la Flèche que nous avons occupé ce matin, ils se portent sur le Mans. 

    L'intérieur de la Vendée est toujours infesté de rassemblements dans les environs de Beaupréau et Chemillé ; des forces tirées de Chollet, Bressuire et Monglône ont mission de les dissiper ; ils auroient déjà réussi, sans les difficultés qu'offre le genre de guerre auquel sont exercés les habitants de l'infâme Vendée. 

    Je ne cesse de recommander aux chefs qui commandent dans ce pays, de mettre tout en usage pour détruire jusqu'aux derniers vestiges ce noyau de révolte, et d'employer le fer et le feu. 

    Les succès du général Haxo du côté de Noirmoutier tiennent en respect l'insolent Charette. Je vous envoye des exemplaires du récit imprimé de cette dernière action ; il a été distribué à nos armées réunies pour électriser leur courage. Je compte fermement qu'avant peu vous apprendrez l'entière destruction de l'Armée Catholique et Royalle. La résistance vigoureuse d'Angers n'y aura pas peu contribué.

     

    Salut et Fraternité. 

    Signé Francastel » 

     

    L'extermination des "coquins"....

     

    Voila pour ce magistrat républicain, bien au chaud à Angers. Maintenant passons à celui qui galope derrière l'Armée Catholique et Royale : Le général Westermann.

    Westermann prend la direction de Baugé le 17 Frimaire au matin et est au contact des Vendéens entre Baugé et la Flèche.... Je cite :

     

    « Je coupe l'ennemi par la droite et le charge sur son derrière ; je le poursuit avec vigueur et en fait un carnage effroyable jusqu'au pont de la Flèche. »

    (vue n°24/41, page 25) 

     

     

    Le 20 Frimaire :

     

    « Nous trouvâmes dans la ville (la Flèche) quelques cents brigands qui furent tués et massacrés, la route était semée de cadavres jusqu'à Fouletourte.... La même nuit, je fis égorger plus de six cents brigands qui avaient couché dans les villages et fermes dispersées.... 

     

     

    Le 21 Frimaire ; le Mans...

     

      « Route de Laval où à chaque pas des centaines et des milliers de brigands trouvèrent la mort (Vue 31,page 32). Ils se dispersèrent dans les bois abandonnant leurs armes, les citoyens des environs les traquèrent et les ramenèrent par douzaines, tous furent taillés en pièces... »

       

    Le 24 Frimaire... 

     

    « C'est sur des monceaux de cadavres que le 24 au soir, je suis arrivé à Laval.  …/… Chaque ferme, chaque maison devinrent le tombeau d'un grand nombre de brigands.  » (Vue n°31/41, pages 32) 

     

     

    Le 28 Frimaire, vers Ancenis... au village des Touches... 

     

    «  J'entre ventre à terre dans ce village, tout ce qui se présente est renversé par ma cavalerie. Je place des postes aux deux extrémités du village, le reste de ma cavalerie mit pied à terre, et réveilla les brigands endormis à coups de sabres. Le massacre fut énorme et dura quatre heures. » 

     

     

    Comme je vois que vous aimez, une petite dernière pour la route...

     

      

    Le 29 Frimaire, du côté de Blain... 

     

    «  Toute la journée, les habitants des campagnes, avec les propres fusils des brigands, les traquèrent dans les bois et les emmenèrent par pelotons, tous furent mis à l'instant à mort. » (vue 36/41-page 37) 

     

    Que voulez-vous de plus comme preuves, un dessin peut-être ? 

     

    Sources :   

    - Philippe de Villiers : le Puy du Fou, un rêve d'enfance-vidéo. 

    - Archives Nationales – tous droits réservés – D III 348-15-Angers 16.21 frimaire an 2 (6-11 décembre 1793) – Série D Missions des Représentants du Peuple, Comité et assemblées révolutionnaires. AD85, Num 280/71 - Campagne de la Vendée du général de brigade Westermann-''Le boucher de la Vendée'' 

    - Photos de l'auteur. 

                                               

     

     X. Paquereau pour Chemins Secrets 


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  •                     

                                    

    Un arrêté bien républicain… 

                                                                                    

     

     

    Francastel et les têtes coupées....Le psychopathe Marie-Pierre-Adrien Francastel, Représentant du Peuple en Mission à Angers avec son regard de fou s'écriait :

    « La guerre ne sera complètement terminée que quand il n'y aura plus un habitant dans la Vendée. » 

     

    Le 6 décembre 1793, ce dément, après le siège d'Angers, pris avec ses amis Conventionnels un arrêté sorti de l'Enfer. En effet, l'attaque infructueuse d'Angers avait coûté à l'Armée Vendéenne plusieurs centaines de morts abandonnés sur le champ de bataille. Ils devaient servir de trophées aux républicains ; et en conséquence les Conventionnels présents prirent un arrêté ainsi conçu :

     

    «  Toutes les têtes de Brigands, tués pendant le combat des deux jours seront coupées et disséquées dans les salles de la maison commune pour être exposées ensuite au bout des piques.  » 

     

    Cet arrêté barbare, qui souleva l'enthousiasme de tous les patriotes, ne fut heureusement qu'en partie exécuté : plus humains que les Proconsuls, les médecins chargés de disséquer firent traîner l'opération en longueur, de telle sorte qu'on dut se contenter d'exposer quelques têtes parées à point.

      Les autres furent enfouies dans les fossés des murs d'enceinte. » (1)

     

     

    Sources :   

    Archives Départementales de la Vendée tous droits réservés – La Vendée Historique, histoire, littérature, page 221 – vue n°223 Gallica. 

    Gravure : Forum de Marie-Antoinette.

     

    (1)  Il me semble avoir lu quelque part que le médecin chargé de l’opération avait demandé au bout de quelques jours, ce qu’il devait faire de toutes ces têtes qui « sentaient très mauvais ». NDLR. 

     

                                               

     

     Xavier Paquereau pour Chemins Secrets 


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  • Communiqué de la Durbelière....

     


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  •                     

                     René Papin, capitaine de dragons, de la Séguinière,  

                                  blessé à Châtillon en octobre 1793. 

                   

                                     

        

    René Papin...René Papin est né le 28 novembre 1775 à St Melaine de Cholet. Il est le fils de René Papin et de Jeanne Chouteau. Il épouse le 23 mai 1804 à la Séguinière Jeanne-Louise Allard, née le 25 septembre 1775 à Moulinard, (moulin sur la Moine), paroisse de la Séguinière ; fille d'Etienne Allard et de Marguerite Manceau. A cette époque il exerce la profession de laboureur-voiturier. De cette union sont issus :

     

    1° René-André Papin, né le 22 juin 1806 à Moulinard, la Séguinière.

    2° Jeanne-Marie Papin, née le 7 juin 1810 à Moulinard, la Séguinière.

    3° Louis Papin, né le 6 février 1812 à Moulinard , la Séguinière.

    4° Marie Papin, née le 25 février 1816, la Séguinière (le bourg).

    5° Eugène Papin, né le 30 décembre 1817, la Séguinière (le bourg).

    René Papin est décédé le 8 janvier 1847 à la Séguinière.

    Jeanne-Louise Allard est décédée le 13 août 1845 à la Séguinière.

     

    Le 8 avril 1824 il dépose une demande de pension en ces termes :

     

    « René Papin, voiturier, demeurant à la Séguinière,

     

    A son Excellence le Ministre de la Guerre,

     

    Monseigneur,

     

    J'ai l'honneur de vous exposer que dès le commencement de la guerre de la Vendée, j'ai pris les armes pour le rétablissement du trône, le 23 juin 1794, j'ai été fait lieutenant de cavalerie. J'ai combattu dans toutes les occasions avec un dévouement absolu pour la cause royale.

    Au mois d'octobre 1793, j'ai été blessé d'un coup de feu qui m'a traversé la cuisse gauche et blessé, en outre, à la cuisse droite. Cette blessure me fait beaucoup souffrir et m'empêche de vaquer à mes affaires pour gagner ma vie.

    J'ai cinq enfants dont quatre en bas âge, je suis dans l'indigence, et personne n'a plus besoin de secours que moi dans cette fâcheuse situation. J'ose m'adresser à votre excellence et vous prier de proposer à sa Majesté de m'accorder une pension.

    Je joins à la présente un certificat constatant mes services, mon brevet de capitaine, et un acte de notoriété du Juge de Paix probatif de ma blessure, un certificat d'officiers de santé sur l'état de cette blessure, un certificat d'indigence et mon acte de naissance.

    Je suis avec respect Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur.  

    signé René Papin. »

     

    Certificat des officiers :

     

    «  Armée Vendéenne d'Anjou,

    Nous soussignés anciens officiers Vendéens, certifions que le Sieur René Papin demeurant à Cholet a fait toutes les guerres de la Vendée, depuis 1793 ; Que le général Stofflet, par brevet daté du 23 juin 1794, le nomma sous-lieutenant de cavalerie ; grade dans lequel il a servi jusqu'à la campagne de 1815 ; que le général d'Autichamp l'a nommé capitaine de cavalerie ; et qu'il s'est toujours bien comporté.

     

    En foi de quoi nous lui avons délivré le présent pour lui servir et valoir.

     

    A Montfaucon le 14 mai 1816.

    signé  : Amédée de Béjarry, ancien officier de l'Armée Vendéenne.

    Lhuillier, chevalier de St Louis cdt de la division de Beaupréau.

    Le comdt de la division de Montfaucon Mis de la Bretesche.

    Legeay, ancien colonel cdt de la division de Montfaucon.

    Coulon, chevalier de St Louis. »

     

    René Papin...

    Certificat du chirurgien :

     

    « Nous Claude Guérin chirurgien et Denis Hilaire Hocbocq médecin de l'hospice de Cholet.

    Certifions que le nommé René Papin, voiturier, domicilié à la Séguinière canton de Cholet a été blessé par une balle à la partie moyenne externe et antérieure de la cuisse gauche, qui sortie à deux doigts d'intervalle à la pârtie moyenne interne a frappé la cuisse droite à sa partie aussi moyenne antérieure et interne.

    Blessure dans lesquelles le susdit assure ressentir souvent de la douleur. »

    A Cholet, 26 mars 1824.

    signé Hocbocq et Guérin.

     

     

    Sources:  

    1-Archives Départementales de Maine-et-Loire tous droits réservés - Dossiers Vendéens – Papin René n°4 - 1M9/280. 

    2-Registres état civil de la commune de Cholet et la Séguinière. 

    3-Photo: de l'auteur. 

                                                     

     

     X.Paquereau pour Chemins Secrets 


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  •  

    Les abominations de Saint-Laurent-sur-Sèvre…

     

     

    Ce qui suit est raconté par Madame de Sapinaud dans son second manuscrit pour la date du 28 mars 1794, probablement au moment de la jonction des colonnes de Grignon et de Crouzat. Liste d’horreurs non-exhaustive mais suffisamment marquante.

    RL

    Mai 2018

     

     

    « Ils entrèrent donc à Saint-Laurent tout à leur aise et, sans difficultés, ils tuèrent, massacrèrent, brûlèrent, violèrent. Il n’y a point de crimes qu’ils ne commirent ce jour-là. Ils achevèrent les pauvres blessés. Comme ils étaient dans un haut, ils en jetèrent beaucoup par les fenêtres, des jeunes sœurs de l’hôpital qu’on trouva mortes sans aucune blessure, toutes nues comme la main. Chez ces pauvres demoiselles Vexiau, ils les avaient massacrées, et leurs deux servantes. Ils avaient guéié (cardé) leur corps comme on guéie (carde) du lin (1). Des lambeaux de chair étaient tout autour de la chambre, le long des murs. La pauvre Mme de Marmande était dans la rue (entre le lit et le mur) : elle avait un coup de pistolet dans la tête. La Baudry, ils l’avaient faite brûler dans son lit, dans une petite chambre auprès d’un jardin où j’avais été pendant quelques jours. Il y avait deux pauvres filles qui avaient des maux aux jambes et une bonne femme de tante qui les gouvernait : ils les avaient coupées par morceaux. Les ruisseaux de sang couraient dans la chambre. On n’a jamais pu effacer les marques de sang empreintes sur les carreaux. Ils furent à la Barbinière, ils y tuèrent huit personnes dans la première cour. Ils firent cette journée-là un vacarme terrible dans toute cette paroisse. »

     

    Note :

     

    (1)  Opérations de cardage qui se font avec le genre d’outil ci-dessous qui est une sorte de peigne de fer.

    Les abominations de Saint-Laurent-sur-Sèvre....


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