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    LES ÉPESSES (85) - RELATION DU TEMPS RECUEILLIE PAR L'ABBÉ FAUCHERON, CURÉ DE BEAUFOU...





    En passant au bourg des Épesses, la bande (une colonne de 3000 Mayençais, commandée par le général Gratien, moine apostat), la bande rassembla, sous prétexte de les empêcher de fuir, tout ce qu'elle rencontra de vieillards, de femmes et d'enfants.

    Bientôt, se jouant indignement de ces malheureuses personnes, ces scélérats leur firent endurer toutes les avanies, toutes les turpitudes. Ils les firent mettre à genoux pour se moquer de leurs prières ; ils voulurent les obliger à marcher sur la croix, à jurer contre le bon Dieu. Enfin, ils allumèrent tous les fours de l'endroit, et, quand ils les eurent chauffés à blanc, ils jetèrent d'abord les vieillards, puis après les enfants, sous les yeux de leurs mères se tordant de douleur et de désespoir. Ces malheureuses avaient les mains attachées derrière le dos, et on les forçait, à coups de crosse, de voir les tortures de leurs vieux pères, de leurs enfants, d'entendre leurs cris déchirant, sans pouvoir les secourir ni les délivrer de ces horribles tourments.

    Quand il n'y eut plus d'enfants à jeter au feu, ces démons féroces, ayant pris goût à ces monstruosités, chauffèrent de nouveau ces brasiers remplis de chair humaine carbonisée, et, au milieu des sarcasmes et des ricanements dignes de pareils monstres, y jetèrent lentement, une à une, pour prolonger plus longtemps le supplice et leur plaisir, toutes ces infortunées.

    Un témoin à rapporté que l'une d'elles ayant pu sortir des flammes avant d'être complètement brûlée, un officier, lui enfonçant une fourche dans le ventre, la rejeta dans le brasier. Dans le seul bourg des Épesses, on compta, brûlés de cette façon, 52 femmes, 16 vieillards, 36 enfants.





    Les Conférences
    1908 - Huitième année - Tome I
    Paris - Maison de la Bonne Presse
    5, rue Bayard, 5

     

    On fera la corrélation avec cet article. 

     

    RL et la Maraîchine Normande

    Novembre 2013

     

     

    Les fours des Epesses....

     


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    Un hommage à nos anciens...

     

     

     

    C'est en comité restreint que nous avons fait une petite promenade vendéenne aujourd'hui. Nous n'allons pas revenir sur le compte-rendu que Nicolas a publié sur le blog des Brigands du Bocage.

     

    Une petite vidéo, afin de montrer aux historiens « parisiens » que l'on ne voit jamais sur le terrain, ce qu'est  un authentique chemin creux, où se sont déroulés des batailles.

     

     

     

     

    Dépôt d'une gerbe sur la tombe de Pierre Chabeauty ( 1774 – 1857), adjudant-major de l'infanterie vendéenne, dans le cimetière de Nueil. Magnifique gerbe offerte par l'association des Brigands du Bocage.

     

     

    Un hommage à nos anciens....

     

     

    Un hommage à nos anciens....

     

    Après la visite de la butte de Château-Gaillard à Mauléon (Châtillon-sur-Sèvre) et avant la visite du musée du BRHAM, nous avons rappelé quelques faits, et notamment la présence d'un charnier qui pourrait contenir les corps de 500 personnes sous la rue de « La Fontaine Noire », suite aux batailles du début octobre 1793.

     

     

    Un hommage à nos anciens....

     

     

    Nous citons Françoise de Chabot (Un canton du Bocage Vendéen..., p.124 et 125), d'après Deniau (Tome IV, p.167, op.cit.). Mêmes sources pour Louis Fruchard (Les Quatre Guerres à Châtillon-sur-Sèvre..., p. 156 et 157).

     

    «  Au carrefour des Quatre Routes, près de l'Hospice, quelques soldats entrent dans une maison, trouvent une jeune femme et son petit enfant, tuent l'un et l'autre, prennent une broche, enfilent le pauvre petit corps, coupent la tête de la mère, traînent son corps mutilé près de la cheminée et lui mettent entre les mains l'horrible brochette.

    Un peu plus loin, un pauvre veillard, Cotillon, accablé par la paralysie, n'a pu se traîner hors de sa maison ; les Bleus arrivent, mettent le feu à sa paillasse et se font un horrible plaisir de le faire brûler à petit feu. Non contents de satisfaire leur cruauté sur lui, ils forcent la femme, les enfants, les voisins du supplicié à assister à son agonie et à entendre les cris épouvantables que la souffrance lui arrache ; puis, quand tout est fini et que le malheureux est consummé, les monstres tournent leur rage contre les assistants et les massacrent impitoyablement à leur tour ; un enfant de neuf ans échappe seul, c'est lui qui raconte le fait. »

     

     

    Nous nous sommes rendus au carrefour en question qui se trouve en haut de la rue de « La Fontaine Noire » pour évoquer ces glorieux faits des soldats d'une prétendue liberté dont on cherchera en vain la teneur exacte...

     

    Nous terminons avec un grand merci à monsieur Le Moing, passionné de Chouannerie et de Vendée qui n'a pas hésité à faire 250 kms depuis son Morbihan pour venir rejoindre notre petite troupe.

     

    RL

    Novembre 2013

     

     

    Un hommage à nos anciens....

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    Neuvy et Bouin...

     

     

     

    A Samuel Roy,  

     

     

    C'est par un après-midi d'automne bien gris et bien frais que nous avons été faire quelques photos à Neuvy-Bouin.

     

    Ces deux villages ne sont pas situés sur le théâtre des Guerres de Vendée mais ont dû subir les dégâts de la période révolutionnaire après que les deux communes aient fusionné en 1791. La population, plutôt neutre d'opinion, est terrorisée par les combats entre blancs et bleus qui ont lieu plus au Nord et qui attirent les convois républicains sur leur territoire. Certains habitants fuient leurs maisons et se réfugient sous des huttes de genêts. Sévit alors, la famine, le froid, la maladie. Une veuve réfugiée ainsi à Champdeniers, verra ses six enfants mourir les uns après les autres.

     

    Le curé de Neuvy, René Gée, prêta serment à la constitution civile du clergé puis se rétracta. Emprisonné au donjon de Niort, il mourra le 13 novembre 1793 (1). Deux autres habitants de Neuvy périront également à Niort : Jacques Gonnord, le 23 novembre 1793 (2) et Jean Gonnord, 31 ans, le 17 mars 1794 (3).

     

    Quant au curé de Bouin, Nicolas Fradin, il fit de même que son collègue de Neuvy mais mourut avant l'avènement du régime de la Terreur. Jacques Chevalier, greffier de la municipalité, comparut le 4 décembre 1793 devant le tribunal criminel des Deux-Sèvres. Accusé d'avoir fourni des vivres aux insurgés du Bocage, et d'avoir colporté des proclamations des royalistes, il fut exempté de guillotine et déporté. Le maire, lui-même fut accusé d'avoir tenu des propos inciviques. Il se défendit en affirmant son républicanisme avec vigueur. Ces deux personnages eurent énormément de chance !

     

    Aujourd'hui, à Neuvy, l'église achevée en 1901 remplace l'église primitive. Le presbytère ayant été détruit par la soldatesque républicarde, on se doute que l'église a dû faire les frais de quelque folie tricolore.

     

         Les vendéens passeront à Neuvy-Bouin en octobre 1798, abattront l'arbre de la liberté et s'en iront mettre une râclée au président du district de Secondigny...

     

     

     

    RL

    Novembre 2013

     

     

     

     

    L'église actuelle et sa place, qui comme on le voit sur le cadastre de 1838, correspondait à l'ancien cimetière.

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     

    A Bouin, qui n'est qu'un petit groupe de maisons, on cherchera en vain toute trace d'église...

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     

    Celle-ci fut démolie en 1811, sur ordre de la municipalité par deux maçons de Fenioux, Baschard et Pradeau qui construisirent une maison sur son emplacement.

     

    Son emplacement probable sur le cadastre de 1838 (disparue en 1811, l'église n'apparait évidemment pas).

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     Ce même emplacement aujourd'hui.

     

    Neuvy et Bouin....

     

    Une curiosité près du village du « Petit-Bouin » : certainement l'une des plus anciennes croix jamais posées en Gâtine.

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     

    Neuvy et Bouin....

     

     

     

    Notes :

     

    (1)  « La justice révolutionnaire à Niort », Antonin Proust,1879, p.91.

    (2) Ibid, p. 91.

    (3) Ibid, p.96.

     


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    La Traverserie...

     

     

     

    Il ne reste plus grand chose du château de la Traverserie, en Saint-Mars-la-Réorthe, non loin de la Croix-Bara qui hébergea des prêtres réfractaires, comme nous allons le voir.

     

    Dans ce château d'époque Renaissance, vivait au moment de la révolution, une dame du nom de Louise-Marie-Elisabeth de Moulins de Rochefort, baronne de Toucheprès. Elle recevra les émissaires de Mgr de Mercy et l'évêché de Luçon, en pleine tourmente anticléricale et se fera l'amie des prêtres réfractaires. Parmi eux, André Morennes, curé de Saint-Mars-la-Réorthe. Elle sera expulsée de son château et réfugiée à Montaigu. C'est à la Traverserie que le 19 juin 1791, l'abbé Morennes est expulsé de sa paroisse et le 29 juin suivant qu'il est arrêté à la Traverserie. Voyez notre article sur les vitraux de Saint-Mars-la-Réorthe :

     

    http://chemins-secrets.eklablog.com/les-vitraux-de-saint-mars-la-reorthe-a88778117

     

    André Morennes était né à Saint-Hermand (paroisse aujourd''hui réunie  à Sainte-Hermine) le 1er mars 1747.

     

     

    La Traverserie....

     

     

    Vicaire à Saint-Denis-la-Chevasse, puis à Soullans à partir du 22 janvier 1774 où il restera 8 ans, avant de rejoindre Saint-Mars. Comme nous l'avons vu, il est arrêté le 29 juin 1791, au milieu d'une foule de paroissiens, réunis à la Traverserie et emprisonné à Fontenay. Une amnistie ayant été proclamée le 15 septembre, il sera libéré le 15 novembre. Le 18 octobre 1793, il suivra madame de Toucheprès dans la triste virée de Galerne. Cette dernière disparaîtra probablement dans l'épouvantable boucherie de 15 000 personnes au Mans le 12 décembre 1793. Quant à l'abbé Morennes, nul ne sut ce qu'il devint...

     

     

    RL et La Maraichine Normande

    Novembre 2013

     

    Sources : Chassin, « La Préparation des Guerres de Vendée", 1892, tome 1er, p. 350 et sq, La Revue du Monde Catholique, 1898, tome 336, p. 75 (on y notera de très intéressantes notes biographiques sur l'abbé de Gruchy.), AD85.

     

     

    Signature de l'abbé Morennes :

     

     

    La Traverserie....

     

     

    La Traverserie....

     

     

    Le château de la Traverserie sera bien entendu incendié par la république. Ce qu'il en reste...

     

     

    La Traverserie....

     

    Sur le cadastre de 1839...

     

     

    La Traverserie....

     

     

    Sur une carte postale ancienne...

    La Traverserie....

     

     

     

     

    Et aujourd'hui...

     

     

    La Traverserie....

     

    La Traverserie....

     

     

     

    La Traverserie....

     


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    Châteaumur...

     

     

    Le village des Châtelliers-Châteaumur est composé de deux paroisses réunies par ordonnance royale du 22 juin 1825. Les deux églises ayant été incendiées par les soudards de la république en 1794, on ne conserva que celle de la paroisse des Châtelliers, juchée à 212 mètres d'altitude, surplombant la paroisse de Châteaumur et son vieux donjon.

     

    Le village des Châtelliers autour de l'église ne comportait alors que deux ou trois maisons.

     

     

    Châteaumur....

     

     

    A Châteaumur, quelques vues...

     

     

    Châteaumur....

     

    Châteaumur....

     

     

    Châteaumur....

     

     

    Châteaumur....

     

     

     

    Châteaumur....

     

     

     

    Châteaumur....

     

     

    Le donjon sur le cadastre de 1840.

     

    Châteaumur....

     

    En haut à droite, l'église des Châtelliers, surplombant la campagne.

     

    Châteaumur....

     

    C'est à Châteaumur, que Madame de Sapinaud s'était retirée, sur conseil de Charette, durant le triste printemps 1794. C'est là qu'elle reçut les confidences et les inquiétudes de Marigny, sachant que son sort était scellé... (1)

     

    RL

    Novembre 2013

     

     

     

     

     

    (1) Mémoires de Madame de Sapinaud, 1823, p. 93 et sq.

     

     

     

     

     


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