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    Une prison à Nantes en 1793…

     

     

       Ce récit tiré du tome II de « Histoire de  la Vendée  militaire" de Jacques Crétineau-Joly est le rapport que fait le chirurgien Thomas en allant constater la grossesse de plusieurs femmes vendéennes dans le véritable « camp de concentration » de « L’entrepôt des cafés » à Nantes.

     

     

    « Je trouvai en entrant dans cette affreuse boucherie, une grande quantité de cadavres épars çà et là ; je vis des enfants palpitant ou noyés dans des baquets, plein d’excréments humains. Mon âme était brisée. Je traverse des salles immenses ; mon aspect fait frémir les femmes ; elles ne voyaient d’autres hommes que leurs bourreaux ; je les rassure en leur parlant le langage de l’humanité. Je constate la grossesse de trente d’elles ; plusieurs étaient grosses de sept à huit mois. Quelques jours après, je revins voir ces femmes que leur état rendaient sacrées… Ces malheureuses femmes avaient été précipitées dans les flots ! (1) Plus j’avance sur ce théâtre de sang, plus la scène devient affreuse : huit cents  femmes et autant d’enfants avaient  été déposés dans les maisons de l’Eperonnière et de la Marillère ; cependant il n’y avait dans ces prisons, ni lit, ni paille, ni baquets. Le médecin Rollin et moi, nous avons vu périr cinq enfants en quatre minutes : ces malheureux ne recevaient pas d’aliments. Nous nous informons des femmes du voisinage si elles sont dans l’impossibilité de secourir ces créatures infortunées ; elles nous répondent : « comment voulez-vous que nous fassions ? Grand-Maison fait incarcérer tous ceux qui portent des aliments à ces femmes et à ces enfants »..

     

     

    RL

    Septembre 2011

     

    Notes :

     

    (1) Les noyades de Nantes dirigées par Carrier. On connaît l’implication de Michel Moreau-Grandmaison ( 1755- 1794) dans ces noyades « industrielles »

     

     Une prison à Nantes en 1793....

     Un exemple du fameux "mariage républicain", délire d'horreur et d'humiliation pour ceux qui vont mourir.


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    Chassais-l’Eglise

     

     

       Chassais l’Eglise fut une paroisse dès 1090 sous le nom de Chaciacum, puis Chacaium en 1266. Plus tard, on la trouve sous le nom de Parvo Cassayo (Petit Chassais) ou Chaycais. Devenue commune  en 1790, elle sera rattachée provisoirement à la commune de Sigournais le 25 septembre 1799. C’est le  21 août 1827 qu’elle sera définitivement  réunie à Sigournais.

     

    Sur le territoire de cette ancienne paroisse, se trouve le célèbre « Prieuré de Chassay-Grammont », étape inévitable dans la découverte de l’ordre grandmontain.

     

    Une bien curieuse lettre datée du 10 janvier 1764 se trouve aux archives départementales de Vendée (1J1920). Un certain De Bourgine, chanoine syndic, demande à Blanpain, fermier du prieuré de Chassais, des copies d’actes passés par les curés successifs afin de prouver qu’ils portent bien le titre de curé et non de « vicaire perpétuel ». On sait que Angélique-Thérèse Maillat, veuve Blanpain se portera acquéreur de deux métairies de la cure en 1791. Mise en vente le  IV floréal an VI ( 23 avril 1797),  la cure sera vendue comme bien national à Daniel Lacombe de Fontenay le 28 mars 1798. En 1857, c’est Eugène Blanpain qui rachètera les ruines de l’église et le cimetière.

      

     

    Le curé Jean-joseph Pichard qui exerçait le saint ministère pendant la révolution fut d’abord nommé vicaire de Sainte-Cécile en 1779, puis curé de Chassais. Ayant refusé le serment constitutionnel, il se retira à Poitiers, sa ville natale. Incarcéré en 1793, il fut conduit à Rochefort dans les premiers mois de 1794 pour être déporté vers la Guyane. Enfermé sur le tristement célèbre navire « les Deux Associés », il y décéda dans la nuit du 26 au 27 avril 1794, à l’âge de 39 ans. Il fut enterré sur l’île Madame, comme bien d’autres de ses collègues. (Revue du Bas-Poitou, 1901)

     

    Aujourd’hui l’église à totalement disparu et une maison particulière occupe son emplacement.

     

    RL

    Septembre 2011

      

     Chassais-l'Eglise....

      

    Les pierres de ce qui ont pu être l'ancienne église. Au premier plan, le tout premier cimetière, minuscule. Un autre cimetière occupera le côté sud de l'église, aujourd'hui devenu un jardin.

      

      

     Chassais-l'Eglise....

      

    Ancien lavoir de Chassais avec sa vieille pompe...

     

    Chassais-l'Eglise....

     

    Emplacement de l'église sur le cadastre de 1824 (l'église en ruine est figurée par un bâtiment colorisé en jaune) ...

     

    Chassais-l'Eglise....

     

    ... Et sur la vue aérienne de Géoportail, marqué d'une croix rouge.

     

    Chassais-l'Eglise....

     


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  • Pour Dona....


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  • Merci à mes « commentateurs »…

     

    Sans doute avez-vous lu en page 5 de ce blog, le pourquoi de ce dernier. J’ai œuvré pendant plusieurs années pour l’histoire des Guerres de Vendée. Je suis aujourd’hui en retrait de toute association, refusant de m’impliquer pour des girouettes et du « bling-bling ». Je pense que l’on défend mieux la mémoire des Vendéens en fréquentant leurs chemins que dans des causeries de salons, le verre de champagne dans une main et l’autre main occupée à redresser un nœud  papillon rebelle…

     

    Ce blog, à l’origine purement personnel est sans aucune prétention, mais tant mieux s’il vous a plu. Je ne sais pas si la question des « rubriques », soulignée par Dona se pose réellement, étant donné le peu d’articles que j’y dépose et la faible fréquentation dont ils font l’objet. Pour répondre à JB, je dirai que les hommes politiques en général, n’aiment guère le passé et que respecter les morts est souvent à cent lieues de leurs préoccupations. Ce que je dis est dur mais se vérifie tellement souvent hélas ! Dans le cas de Sapinaud, nous ne savons pas grand chose, ni même si quelque chose marquait de manière significative sa sépulture. De toute manière, toutes ces histoires ont tellement été occultées, interdites, censurées qu’il n’est guère plus que dans certains villages du Maine-et-Loire que quelques histoires se racontent encore de génération en génération, et quelle importance aujourd’hui, puisque le génocide ne sera jamais reconnu ? Comment pourrait-il en être autrement puisque le reconnaître serait détruire le fondement même du système politique actuel et son drapeau ?

     

    Je vous demande la plus grande indulgence sur la mise en page des articles qui sont souvent des « copier-coller », remis au goût du jour et simplifiés d’anciens articles que j’ai publié, il y a quelques années. D’aucuns se passionnent pour la généalogie d’un personnage ou sa vie personnelle. Cela m’inspire peu en général, du moins beaucoup moins que les lieux et décors où les choses se sont passées. Ainsi, j’aimerai cent fois plus fouiner dans un minuscule village ou une ancienne paroisse dont personne ne parle ou que des historiens citent tout en étant incapables de la situer sur une carte, que dans une grande cité dont l’histoire est connue.

     

    Grand merci en tout cas pour votre passage et mille amitiés,

    RL


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