• 1792, vue du Maine-et-Loire (6° partie)....

     

    1792, vue depuis le Maine-et-Loire (6° partie)…

     

     

    Archives Nationales F7 3682/1-11.

     

    1792, vue du Maine-et-Loire (6° partie)....

     

    « Messieurs

     

    Nous recevons une lettre de M° Boisard dattée de deux heures du matin. Les rassemblements continuent, les patriotes se réfugient des campagnes sous la protection de nos détachemens, des émissaires parcourent les différentes paroisses pour ameuter les fanatisés, ils avoient amenés avec le maire de Chatillon, il leur a échappé dans leur retraite de devant Bressuire qu’ils ont attaqué à deux reprises ; mais toujours sans succès. Trois gendarmes et deux gardes nationaux ont été tués à cette attaque ; les insurgens se sont retirés en fuyant ; mais il est à craindre qu’ils ne se rassemblent. Leur nombre s’élève à six mille, peut-être cette pélotte grossira t elle, enfin nous ferons notre devoir : nous avançons encore un détachement de trente hommes sur Chatillon. M° Boisard pourra alors détacher de son corps sur Maulévrier et les Echaubrognes, où l’on voit de la fermentation, et craint du mouvement. Nous croyons vous avoir dit que les chefs sont, un sieur Delouche ancien maire de Bressuire et Baudry. Le premier est un homme de tête, le second à la réputation d’un extravagant. M° Boisard restera à Chatillon pour y attendre les forces qui s’avancent de Niort et de Partenay. A l’instant arrivent MM Combaut et Guillon qui nous annoncent l’arrivée de vos commissaires et d’un secours du onzième régiment que nous recevons avec reconnoissance.

       Les administrateurs du district de Cholet, signés G. Maugars Tetreau l’ainé

          23 août 7 heures du matin

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général

          Les administrateurs du dept de Maine et Loire »

     

    ***

     

     

         Début du courrier manquant et c’est bien dommage...

     

    1792, vue du Maine-et-Loire (6° partie)....

     

    « ... Et de subordination il ne leur arriveroit pas de mal, les opérations seroient promptes au lieu de lentes, elles ont toutes la bravoure nécessaire pour vaincre mais non la patience. Je suis en état de garantir les frontières de notre département de cette contagion, je menace du fer et du feu toutes les paroisses qui voudront se révolter.

    J’ay l’honneur d’être &

    Signé Boisard

    Dans un combat qui s’est établi entre une portion de mon détachement et des révoltés retranchés dans une métairie il en est résulté que le feu a consumé deux monceaux de paille et une partie de la métairie.

    Pour copie

    Barbot

    Secrétaire général »

     

    ***

     

    La phrase mise en gras dans la dernière lettre peut surprendre mais elle nous prouve à quel point la révolution ne supporte pas que l’on puisse se révolter contre les révolutionnaires (délicieusement paradoxal de mettre en contradiction les inventeurs de la déclaration des droits de l’homme contre eux-mêmes). En août 1792, nous ne sommes pas encore officiellement sous le régime de la Terreur même si le Roy vient d’être déchu. Les premiers fomenteurs de la révolution ont été, comme on le sait, la bourgeoisie des villes, empreinte de franc-maçonnerie (d’où le mot « frère » qui revient dans la plupart des correspondances et les signatures ornées de trois points), c’était la mode du temps et la secte cherchait à s’imposer sans imaginer qu’elle-même verrait bon nombre de ses membres tomber sous la guillotine quelques mois plus tard. Cette bourgeoisie citadine méprise totalement le petit peuple et n’a qu’un but en tête, remplacer et s’accaparer les prérogatives de la noblesse. Il n’est donc pas question de se révolter contre les « révoltés » de Paris et des grandes villes.

    Il a été décidé par idéologie de combattre le catholicisme ; comment des pèquenauds crottés osent-ils se rebeller contre ces décisions (et à fortiori, comment oseront-ils refuser d’aller se battre aux frontières un peu plus tard pour les « bobos » de Paris et les fonctionnaires…) ? C’est un scandale et ce camouflet est insupportable. Il est donc déjà question, bien avant les ordres génocidaires de 1793, de pallier par tous les moyens à une « révolte contre-révolutionnaire » selon le terme consacré. Comme il n’est pas imaginable de discuter quoique ce soit des lois parisiennes, il n’y a qu’une solution pour s’imposer : la violence extrême et le brûlement général.

    Doit-on en conclure que les idées génocidaires ont commencé dès la chute de la monarchie ?

     

    RL

    Décembre 2017

     

     

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