• 1791 : Châtillon et Saint-Aubin (1ère partie)....

     

    1791 : Châtillon-sur-Sèvre

    Saint-Aubin-de-Baubigné (1ère partie)…

     

    Les documents que nous publions ici ont déjà été en partie exploités par Louis Fruchard dans son ouvrage « Les Quatre Guerres à Châtillon-sur-Sèvre », Les Editions du Choletais, 1992. Cet article vous propose de plonger à la source, aux Archives Nationales avec la liasse F7 3690/1-1.

    RL

    Septembre 2017

     

     

    Département des Deux-Sèvres

    71 Pièces

    En marge : Ministère de l’intérieur

    Correspondance et pièces relatives aux attroupements et aux violences et excès commis dans divers lieux du département

     

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    Années 1791 et 1792

    Auteurs et instigateurs de cette insurrection.

    Une copie du présent arrêté sera envoyée au corps législatif et au Roy ; et qu’on préviendra le commandant des ci-devant provinces Poitou et Aunis du détachement. Signé Charteau Président, Piet, Barré, Coustis, Sauzeau, Dorfeuille ; Jard-Panvillier procureur-général-Sindic et Piet-Chambelle secrétaire générale.

    Pour copie conforme au registre

    Piet-Chambelle Se Gal

    1791 : Châtillon et Saint-Aubin (1ère partie)....

     

    Séance extraordinaire du 26 janvier 1791.

    Cette séance a été convoquée extraordinairement aux fins d’entendre M. Bujaut membre du directoire du district de Châtillon et député par le Directoire. Il a remis sur le bureau une lettre de ce district qui constate que quatre-vingts habitants de la paroisse Saint-Aubin ont été armés de bâtons, les menaces jusque dans le lieu de leur séance. Cette lettre finit par annoncer que ledit sieur Bujaut expliquera le surplus de cette émeute.

    Ce député aussitôt a dit : le vingt quatre janvier sur les quatre heures et demie du soir on entendit frapper à la porte du local du district, avec violence ; le procureur-sindic sortit pour ouvrir la porte et demanda à ces différentes personnes ce qu’elles vouloient. On dit qu’on vouloit présenter une requête. Un moment après dix hommes entrèrent et furent bientôt suivis de cinquante à soixante autres qui se dirent de la paroisse de Saint-Aubin et qui commencèrent à injurier le procureur-sindic et à le menacer. Le procureur-sindic s’esquiva par les soins du juge de paix de Châtillon. Les mutins tournèrent alors leur fureur contre le sieur Bujaut qui se trouvoit  en ce moment seul au directoire et lui dirent en l’injuriant à son tour, si tu ne payes pas notre curé f… gueux et si tu ôtes tout à notre seigneur, de quoi de nous fera-t-on travailler, et de quoi vivrons nous. Le sieur Bujaut chercha à appaiser ces mutins en leur assurant qu’on n’avoit pas vu leur curé ; mais ils continuèrent, dirent que leur curé ne prêteroit pas le serment et qu’ils n’auroient plus de prêtre pour les confesser. Alors la rumeur augmenta ; on parla de couper les administrateurs en deux et de leur arracher les tripes pour les enivronner autour de leurs bâtons, et l’on crioit : qu’on ne s’attende pas à vendre les biens des curés. Le sieur Bujaut fut saisi au collet par un homme qu’il reconoitroit s’il le voyoit ; mais il fut délivré par le juge de paix de Châtillon qui venoit d’être nommé le jour même.

    On le poursuivit ; il rencontra le sieur Perrinet maire et curé de la trinité, le curé de Saint-Pierre et le sieur Poupard administrateur du département, aux quels il dit : messieurs, arrêtez ces gens là. Toujours poursuivi, le sieur Bujaut se sauva enfin dans une auberge et en ferma la porte pour mettre sa vie en sureté. Les poursuivants restèrent à la porte un instant, et le juge de paix parvint enfin à les disperser. Le procureur de la commune de St Aubin ayant voulu pacifier ses concitoyens, il courut lui-même des risques imminents.

    Ce rapport fait, le sieur Bujaut a signé et s’est retiré. Signé Bujaut.

    Sur quoi délibérant, le directoire du département des Deux-Sèvres ferme dans ses principes et n’ayant rien de plus à cœur que de faire exécuter la loi par tous les moyens qui sont en son pouvoir,

    Considérant que par la lettre du district de Châtillon et par le rapport du sieur Bujaut, il est urgent d’arrêter ces premiers désordres et que d’ailleurs les troubles qui ont déjà eu lieu à Bressuire, exigent un prompt secours, a arrêté, oui le procureur-général-sindic, que le commandant du régiment de Royal-Lorraine sera requis d’envoyer un détachement de son corps composé de trente hommes, pour aller rétablir le calme dans le district de Châtillon.

    Que le dit commandant sera prié de faire partir ce détachement, (le) vingt-huit du présent, pour se rendre coucher à St Maixent, le vingt-neuf à Parthenay, le trente à Bressuire et le trente et un à Châtillon où il séjournera jusqu’à nouvel ordre.

    Qu’il lui sera fourni l’étape dans les différents lieux où il s’arrêtera.

    Que les brigades de maréchaussée et les gardes nationales voisines seront tenues de marcher et de se joindre aux troupes de ligne sur la réquisition du directoire du district de Châtillon.

    Que le procureur-sindic de ce district sera tenu de dénoncer, dans le plus court délai, les faits inscrits dans la lettre de ce district et dans le rapport du sieur Bujaut, pour le procès être fait aux auteurs des troubles, selon la rigueur des loix ; qu’à cet effet l’assemblée nationale sera suppliée de nommer le tribunal de Parthenay pour juger en dernier ressort les prévenus et informer contre tout…

    Fin du procès-verbal manquant.

    A suivre…

     

     

     


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